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Huning Ralf
Exégèse et pastorale biblique
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"Il faut que l'accès à la Sainte Écriture soit largement ouvert aux chrétiens" (Dei Verbum 22)
 

Dans cet article, Ralf Huning, missionnaire qui a travaillé au Nicaragua et aux Pays-Bas avant de revenir en Allemagne du Nord, livre sa réflexion sur les liens, toujours débattus, entre l’exégèse " scientifique " enseignée dans les facultés et la " pastorale " de la lecture de la Bible, vécue souvent de façon très modeste dans les communautés ecclésiales. Le document de la Commission Biblique Pontificale paru en 1993, L’interprétation de la Bible dans l’Église, lui sert de guide… (1)


« Il faut que l'accès à la Sainte Écriture soit largement ouvert aux chrétiens » (Dei Verbum 22) déclare la Constitution dogmatique sur la Révélation divine. La Fédération Biblique Catholique considère que la réalisation de ce programme est sa tâche principale.

Cela est nécessaire parce que tous les membres de l'Eglise ont besoin de la médiation des Écritures pour entendre la Parole de Dieu. C'est dans ce sens que le document publié en 1993 par la Commission Biblique Pontificale L'interprétation de la Bible dans l'Église a fixé comme but à la pastorale biblique (appelée dans le document « apostolat biblique ») de : « Faire connaître la Bible comme Parole de Dieu et source de vie » (Interpré-tation..., IV, C, 3). À cause de cela, I'accès aux Saintes Écritures ne doit être refusé à aucun croyant, parce que l'Église se doit d'offrir la lecture de la Bible à tous ses membres. La Commission Biblique Pontificale a raison de déclarer que « tous les membres de l'Eglise ont un rôle dans l'interprétation des Écritures » (Interprétation..., III, B, 3). Mais en plus de la diffusion de la Bible, la pastorale biblique a également le devoir de signaler ce qui fait obstacle à la réception de la Bible par un membre de l'Église.

Pastorale biblique et sciences bibliques

Sur la base de cette double mission, il est possible d'envisager les relations entre la pastorale biblique et les sciences bibliques. La pastorale biblique devrait présenter à tous les membres de l'Église la nécessité des sciences bibliques et leur communiquer les résultats de la recherche. Mais elle devrait également contribuer à lutter contre un exclusivisme des sciences bibliques en montrant la pertinence d'une lecture de la Bible qui soit en lien avec la liturgie, la théologie et la vie concrète, et en répercutant les fruits de ces lectures en direction des sciences bibliques. Jusqu'à présent celles-ci n'ont pas assez pris en compte le fait qu'elles ont quelque chose à apporter à la pastorale biblique, mais qu'elles ont aussi quelque chose à en recevoir. Une science biblique qui se suffit à elle-même et qui n'a pas de liens vivants avec les autres lectures de la Bible en l'Église court le danger de ne fournir à l'Église qu'une science sans intérêt voire nuisible.

Trois pôles en tension

Pour l'Église catholique, la lecture croyante de la Bible se situe dans un champ de tensions entre trois pôles : le texte, les réalités de la vie et une foi transmise et mise en pratique par une communauté.

Ce champ de tensions a déjà joué lors de la composition des textes bibliques. Ceux-ci n'ont pas été rédigés de manière autonome mais pour insuffler de nouveaux comportements lors de conflits entre la foi et les réalités de la vie. Ils ont été écrits pour des personnes à qui des formulations et des pratiques croyantes, élaborées dans d'autres circonstances, n'apportaient plus une réponse satisfaisante pour guider leur vie. Finalement, la transmission des textes permet de penser que ceux-ci ont aidé des personnes à porter un nouveau regard sur les réalités de leur vie et à adapter leurs conceptions et leurs pratiques religieuses à ces nouvelles réalités de manière à retrouver un contact vital avec Dieu. De même, des modifications dans la foi et dans la réalité ont toujours amené de nouvelles relectures des textes rédigés dans d'autres circonstances. Après l'inscription au Canon des Écritures, ces relectures ont rejoint le trésor de la Tradition de l'Eglise où elles sont une référence particulièrement importante pour l'interprétation de la Bible dans l'Église.

L'herméneutique moderne a montré l'impossibilité d'une lecture objective et neutre des textes (Interpré-tation..., II, A, 2). Les lectures sont toujours influencées par l'environnement culturel de l'interprète et par sa conception du monde héritée de sa communauté. Aux trois éléments du champ de tension dans lequel s'accomplit l'interprétation de la Bible en tant qu'Écritures Saintes, correspondent également différentes approches du texte et de la réalité.

À l'élément « texte » correspond un mode de connaissance de type scientifique, approche dominante dans beaucoup de pays de l'hémisphère nord depuis la période des Lumières. La science y est devenue un style de vie. À l'élément « foi » correspond l'approche par la révélation divine, défendue par l'Église face aux objections des sciences sécularisées. À l'élément « réalités de la vie » correspond l'approche qui s'appuie sur l'expérience et la praxis. En langage biblique, il s'agit d'une connaissance sapientielle.

Dans les sociétés portant l'empreinte de la philosophie des Lumières, cette dernière approche est tombée en désuétude depuis longtemps et n'a été redécouverte que depuis quelques dizaines d'années. La situation est toute différente dans beaucoup de pays de l'hémisphère Sud. Pour des millions de personnes pauvres et peu instruites, seule l'approche sapientielle et existentielle leur offre un chemin d'accès à la réalité et à la Bible. Beaucoup de personnes qui, selon les critères d'une société marquée du sceau de la science peuvent à juste titre être considérées comme non cultivées, peuvent atteindre un haut degré de culture si l'on prend en compte leur démarche sapientielle.

Trois espaces herméneutiques

Aux trois éléments du champ de tensions dans lequel s'accomplit la lecture croyante de la Bible, correspondent trois espaces herméneutiques de llecture de la Bible dans l'Église catholique. Un espace herméneutique est un lieu institutionnel où opère un sujet concret en tant qu'agent de l'interprétation. Il fait partie de ce lieu et il se distingue d'autres sujets, parce que sa propre interprétation de la Bible appartient indubitablement à cet espace, et diffère donc des interprétations effectuées dans d'autres espaces herméneutiques. Notre interprétation de la Bible dépend donc de l'espace où nous nous trouvons. Dans l'Église catholique, il y a l'espace liturgico-institutionnel dans lequel la foi transmise par la tradition est la clé de l'interprétation. Il y a l'espace académique dans lequel l'interprétation se concentre sur le texte, son élaboration et sa structure. Et il y a l'espace communautaire, dans lequel les actuelles expériences de vie et de foi des interprètes sont les clés de compréhension des textes.

Dans chacun de ces trois espaces, personne ne peut être le sujet principal car il est impossible d'être expert de la même manière dans chacun de ces trois champs de connaissance. La lecture de la Bible en Église doit donc se faire dans un dialogue entre les différents membres de l'Église qui apportent chacun leur propre charisme au bénéfice de l'ensemble, en se gardant d'absolutiser leur propre approche. Un regard sur l'histoire de l'Église permet cependant de découvrir que le danger d'hégémonie d'un des espaces herméneutiques est permanent.

Pendant longtemps, l'Église catholique n'a soutenu que la lecture liturgico-institutionnelle. Cela s'explique en partie par la volonté de réagir contre l'absolutisation de la lecture individuelle de la Bible par les croyants, prônée par la Réforme. Faire reconnaître la nécessité et la justification de l'espace académique dans l'Église catholique fut un long processus, douloureux également pour ceux qui y ont participé. Mais, après sa pleine reconnaissance par la Constitution conciliaire Dei Verbum, la recherche biblique laissa apparaître à son tour des tendances à se poser comme un absolu. Quant à la signification de l'espace communautaire, elle ne fut pas encore clairement exposée dans Dei Verbum. Cependant, dans les dernières dizaines d'années, particulièrement dans les jeunes Églises de l'hémisphère Sud, le sens d'une approche sapientielle fut redécouvert. Mais pour ce qui concerne la reconnaissance de la signification et des limites de l'espace communautaire, le processus d'apprentissage n'est pas clos. Au sujet de l'estime pour la compétence interprétative des pauvres, le document publié en 1993 par la Commission Biblique Pontificale L'interprétation de la Bible dans l'Église est à marquer d'une pierre blanche. On y soutient qu’ « il y a lieu de se réjouir de voir la Bible prise en main par d'humbles gens, les pauvres, qui peuvent apporter à son interprétation et à son actualisation une lumière plus pénétrante, du point de vie spirituel et existentiel, que celle qui vient d'une science sûre d'elle-même (cf. Mt 11,25) » (Interprétation..., IV, C, 3). Plus particulièrement dans les sociétés où la science est devenue un mode de vie, cette phrase remet radicalement en cause la hiérarchie habituelle entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas.

D'autres efforts sont encore nécessaires en direction de sujets de l'espace liturgico-institutionnel et ceux de l'espace académique afin de mettre en valeur la nécessité de l'espace communautaire. Cela est d'autant plus indispensable que la maîtrise des chemins de connaissance dans l'espace liturgico-institutionnel et l'espace académique ne s'acquiert le plus souvent qu'au prix d'un éloignement de l'espace sapientiel. De mon point de vue, montrer l'importance de l'espace communautaire pour l'Église devrait être considéré par la pastorale biblique de l'Église catholique comme l'une de ses plus ardentes obligations. À l'avenir, la pastorale biblique devrait servir d'intermédiaire entre les trois espaces herméneutiques afin que l'interprétation de la Bible dans l'Église se situe toujours d'avantage dans une démarche de dialogue.

Je voudrais encore préciser ce qui vient d'être dit. Le caractère incontournable de l'espace liturgico-institutionnel dans l'Église catholique découle du principe qu'avec la Bible il est question d’ « Écritures Saintes ». Par elles, Dieu entre en communication avec les hommes (cf. DV 21). Cette Écriture Sainte est redevable à l'Église de son existence et elle est étroitement associée à elle. Dans l'espace liturgico-institutionnel, les sujets premiers de la lecture sont les annonciateurs officiels de la Parole, soutenus par la théologie savante. L'explication des Écritures se plie aux règles de la théologie systématique et de la liturgie. Dans cet espace, il est évident que la Parole de Dieu est pour les croyants quelque chose de préalable et d'incontournable. Elle ne peut émaner, comme d'une manière magique, de la lecture des textes. Dieu donne sa Parole par un libre don, grâce à la médiation du service de l'Église. La prise en compte de la transmission diachronique permet d'éviter d'identifier trop rapidement le sens subjectivement reconnu comme juste du texte biblique avec la Parole de Dieu. Cette tradition de lecture de la Bible en Église ne donne pas le sens de la Bible jusque dans ses moindres détails, mais elle fixe les bornes de l'interprétation.

La nécessité de l'espace académique a été définitivement reconnue dans Dei Verbum. Elle est fondée par l'affirmation que « Dieu, dans la Sainte Écriture, a parlé par des hommes à la manière des hommes » (DV 12). La Parole de Dieu ne peut pas simplement être extraite de textes humains, elle leur est indissociablement liée. L'unité de la Parole de Dieu et de la parole humaine peut être comparée à l'union hypostatique (DV 13). Puisque les humains ne peuvent pas composer des textes qui transcendent le contexte et le temps, les lecteurs actuels de la Bible ont besoin du service interprétatif de la science pour apprendre à lire les textes bibliques à partir de leur forme littéraire et de leur contexte historique et culturel. Les sujets premiers dans l'espace académique sont les savants qui interprètent suivant des règles méthodologiques et critiques.

La signification de l'espace communautaire découle de l'enseignement de l'Église sur le sensus fidelium (cf. Lumen Gentium 12) au sujet duquel une intense activité théologique a démarré après le Concile. Le jugement de l'Église ne repose pas seulement sur les affirmations du magistère ou des théologiens, mais également sur le sens de la foi chez les croyants (Interprétation..., III, B, 3). Dans beaucoup d'endroits, la lecture de la Bible devient un médium de premier plan pour permettre l'expression du sensus fidelium. Dans l'espace communautaire, les sujets de la lecture sont tous les croyants doit l'accès aux réalités attestées par les Saintes Écritures se réalise par l'intuition, l'expérience et les connaissances pratiques de la vie.

Aucun espace ne doit se poser comme absolu

Comme je l'ai évoqué plus haut à propos de l'histoire de l'Église, les sujets de chacun des trois espaces herméneutiques sont toujours en danger de s'isoler des autres espaces herméneutiques ou de poser le leur comme un absolu. Si la parole de Dieu se laissait clairement isoler de la parole humaine, alors on pourrait assigner à l'espace liturgico-institutionnel la connaissance et la proclamation de la parole de Dieu. À l'espace académique reviendrait la découverte du sens littéral du texte et à l'espace communautaire la charge d'une mise en application croyante. Mais puisque le divin et l'humain sont inséparablement liés, les trois espaces herméneutiques sont ordonnés les uns aux autres. Les connaissances de chaque espace n'acquièrent de l'importance pour toute l'Église que lorsqu'elles se font dans un dialogue avec les autres espaces herméneutiques. C'est ainsi que, dans l'espace liturgico-institutionnel, l'annonce officielle de la Parole de Dieu ne peut pas se placer en totale contradiction avec les idées issues de la recherche scientifique sur la Bible. De même, pour être comprise et accueillie, l'instruction chrétienne doit s'appuyer sur les expériences modernes des croyants, sans pour autant s'y identifier purement et simplement. Si l'espace académique s'isole, cela ne se fera qu'au prix de la perte de son influence. Dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le progrès de la théorie des sciences a permis aux chercheurs bibliques de comprendre plus clairement qu'accepter comme cadre de leurs travaux les conceptions de l'Église sur la Bible Parole de Dieu, ne nuisait pas au caractère scientifique de leurs travaux.

La science ne se pratique pas dans un espace neutre, mais elle est toujours guidée par des paradigmes et des centres d'intérêt. Les recherches scientifiques sont accueillies avec grand intérêt dans les autres champs herméneutiques quand elles intègrent dans leur questionnement les questions de foi de l'Église ou les actuels problèmes de vie de l'humanité. Reconnaître que les textes bibliques ne veulent pas seulement informer, mais avant tout produire un effet chez le lecteur conduit la recherche scientifique sur la Bible à la nécessité de ne jamais perdre du vue le lectorat. Sur ce sujet, la tradition ecclésiale, mais aussi l'expérience pratique de vie des « simples croyants », pourraient jeter quelques lumières sur les taches sombres de la recherche scientifique et éviter les conséquences négatives d'un savoir élaboré par les chercheurs (par exemple l'antijudaïsme, la justification du système patriarcal, le racisme ou l'oppression des pauvres). Dans le champ communautaire finalement, la prise en compte de la tradition de l'Église, permet d'éviter une récupération subjectiviste de la Bible. Elle protège de l'enfermement idéologique dans une petite communauté et oriente le regard sur l'ensemble de l'Église considérée comme communauté interprétative. Les découvertes scientifiques permettent une meilleure compréhension des textes. Elles aident le lecteur à poser un regard critique sur ses propres présupposés et à prendre au sérieux le texte dans son étrangeté.

Le jugement de l'Église mûrit à partir de la lecture de la Bible dans ces trois espaces. C'est un devoir du Magistère de publier ce jugement (cf. DV 12). Il sert alors de cadre pour d'autres lectures. Ce cadre pourtant n'est pas clos, il nécessite une constante relecture. Les formulations du Magistère servent à la compréhension de la Parole de Dieu, mais ne la remplacent pas. Comme la Commission Biblique Pontificale l'écrivait en 1983, elles aident le croyant à s'exprimer, mais pour la foi, elles n'ont pas la même importance que « la véritable langue de référence des auteurs sacrés » (Commission Biblique Pontificale, Bible et Christologie, 1983, 1.2.1.1.) Pour que mûrisse le jugement de l'Église, l'importance du travail préparatoire des sciences bibliques a été mise en valeur par Dei Verbum 12. Il ne manque plus qu'une déclaration complémentaire qui tienne compte de l'importance croissante accordée depuis le Concile à l'espace communautaire et qui déclarerait que tous les croyants ont à apporter leur contribution au jugement de l'Église. Même dans le document de la Commission Biblique Pontificale de 1993, cela ne fut pas encore assez explicite.

On considère très souvent qu'il appartient à la pastorale biblique d'offrir un service pastoral à l'espace communautaire. Il me semble que la pastorale biblique a également une mission à remplir dans les deux autres espaces herméneutiques de l'Église catholique. Associée à la théologie pratique, elle devrait répercuter dans les espaces liturgico-institutionnels et académiques les expériences de foi et de vie exprimées par les croyants grâce à la lecture de la Bible, afin qu'elles y soient prises en compte. Il convient cependant d'observer que les rapports entre les trois espaces herméneutiques sont inégaux. Face au puissant langage scientifique et à l'imposant trésor du Magistère de l'Eglise, un effort particulier doit être fait pour que tous les croyants, et parmi eux plus particulièrement les pauvres, puissent apporter dans la communauté interprétative qu'est l'Église les fruits d'une lecture de la Bible qui s'appuie sur l'expérience. À ce sujet, la Commission Biblique Pontificale déclare que les pauvres « peuvent apporter à son interprétation et à son actualisation une lumière plus pénétrante, du point de vue spirituel et existentiel, dont celle qui vient d'une science sûre d'elle-même » (Interprétation..., IV, C, 3). Cela mériterait de devenir un impératif éthique. La pastorale biblique devrait considérer qu'il est de son devoir de favoriser des contacts vivants entre la science et l'espace herméneutique communautaire. Elle devrait encourager la science biblique à utiliser son large spectre méthodologique pour repérer les frontières de la connaissance scientifique et pour expliciter l'importance de la lecture de la Bible dans l'espace communautaire constitué par toute l'Église.

Le rôle de méditation de la pastorale biblique

Pour me résumer, je voudrais insister sur le fait que la pastorale biblique ne doit pas être inféodée à un seul espace herméneutique, mais qu'elle doit entretenir des relations vivantes avec les trois espaces. Sa mission ne peut se réduire ni à la seule transmission catéchétique de l'enseignement de l'Église (absolutisation de l'espace liturgico-institutionnel) ni à la seule vulgarisation des découvertes scientifiques (absolutisation de l'espace académique) ni à la seule animation de lecture communautaire de la Bible et à la proclamation du sens qu'on donne actuellement au texte dans l'espace communautaire.

En assumant toutes ces tâches, la pastorale biblique peut remplir un important rôle de médiation entre les trois espaces. Elle peut ainsi aider l'Église à prendre au sérieux l'Écriture Sainte comme « Parole de Dieu en langage humain » et la guider vers une double fidélité : la fidélité à la Parole de Dieu (par sa transmission non frelatée) et la fidélité aux hommes (en tant que porteuse et réceptrice de la Parole de Dieu ; cf. Evangelii Nuntiandi 4).

Pour une pareille pastorale biblique, il est nécessaire d'avoir des collaboratrices et des collaborateurs aptes à communiquer avec les sujets premiers des trois espaces herméneutiques. Cela demande une formation de base pour entrer dans la démarche de connaissance qui caractérise chaque espace. Ces collaborateurs/trices doivent connaître l'enseignement de l'Église et doivent être aptes à comprendre l'argumentation théologique. Ils doivent également être à l'aise aussi bien avec le langage technique de la recherche biblique scientifique qu'avec le langage des simples gens. La pastorale biblique se présente ainsi comme une tâche exigeante, mais dont l'importance n'est pas moindres que celle des sciences bibliques.


© Ralf Huning, prêtre de la Société du Verbe Divin, SBEV, Bulletin Information Biblique n° 69 (décembre 2007), p, 1.

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(1) Le texte de cette contribution, traduit par Joseph Stricher, a été publié dans le Bulletin Dei Verbum n° 82/83 (2007), p. 8-11. Nous remercions le Bulletin de nous avoir permis cette reprise. Les sous-titres sont de la rédaction du BIB.

 

 
 
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