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Collectif
Suppl. au n° 146. La Bible lue au temps des Réformes (XVIe siècle)
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L'imprimerie joue un rôle indéniable dans l'intérêt que le XVIe siècle porte à la Bible, mais d'autres facteurs sont aussi en marche...
 

Depuis le grand schisme d’Occident au tournant des XIVe et XVe siècles, la conscience d’une réforme de l’Église s’était exacerbée, mais il faut attendre les humanistes pour que, dans les esprits, cette nécessité se double de celle d’un " retour à l’Écriture ".

Le rôle de l’imprimerie est indéniable : c’est en 1452 que Gutenberg fait paraître sa fameuse Bible latine (la Vulgate). Mais d’autres facteurs sont en marche ; la connaissance de l’hébreu et du grec se répand, les techniques de l’exégèse se renouvellent. Avec assiduité, les humanistes retournent aux sources de la culture occidentale en étudiant les textes fondateurs, tant “païens” que chrétiens. La nécessité de traduire la Bible dans les langues vernaculaires s’accentue… tout comme celle de réviser la Vulgate latine.

Luther n’est pas le premier à tenter de réformer l’Église, mais c’est la fin de non-recevoir que Rome oppose à sa critique des abus qui le pousse à formaliser son mot d’ordre : " L’Écriture seule " comme autorité. Calvin, de vingt-cinq ans son cadet, veut approcher le texte biblique dans ce qu’il a à nous dire. Mais les Réformes protestantes sont riches d’autres figures dont l’attitude à l’égard de la Bible est aussi exemplaire ; le Supplément qu’on va lire en présente quelques-unes.

Le cadre précis de la Réforme catholique sera donné par le Concile de Trente, réuni pour la première fois en 1545 — soit quelques mois avant la mort de Luther. Les textes conciliaires s’attachent notamment aux rapports entre l’Écriture et la Tradition et au rôle du Magistère dans leur interprétation.

Quelle est la part de continuité et de ruptures entre le Moyen ge et le XVIe siècle dans leur attitude à l’égard de la Bible ? La tension entre le texte qui ouvre ce Supplément et celui qui le conclue demande à ne pas être évacuée à la légère.


Auteurs : Rémi Gounelle et Annie Noblesse-Rocher
avec la collaboration de
Matthieu Arnold, Gilbert Dahan, Roger Greenacre, André Godin, François Laplanche, Pierre-Olivier Léchot, Jean-Pierre Massaut, Jonathan Nubel, Simone de Reyff et Adrian Schenker

Suppl. au n° 146, “La Bible lue au temps des Réformes (XVIe siècle)” 96 pages, SBEV / Éd. du Cerf, 2008.

SOMMAIRE

p. 3 – Du Moyen ge à la Renaissancee ( GilbertDahan)

p. 7 – L’apport de l’humanisme

L’étude approfondie des textes fondateurs du christianisme est l’une des caractéristiques majeures de l’humanisme : c’est dans la Bible avant tout que les théologiens doivent chercher la vérité sur Dieu et sur l’homme. Érasme, le " précepteur de l’Europe ", ne publiera pas moins de cinq éditions du texte grec du Nouveau Testament. Pagnini, lui, est un médiateur entre les savoirs juif et grec ; il numérote les versets de la Bible et met à disposition les instruments nécessaires pour apprendre les langues bibliques et interpréter les Écritures hébraïques et grecques. D’Espence choisit de rédiger en français ses premiers ouvrages théologiques, prolongeant l’impulsion d’un Lefèvre d’Étaples, artisan de la traduction et de la diffusion de l’Écriture en langue vulgaire. >>>Extrait à lire


p. 8 – L’idéal humaniste du retour aux sources (J.-Pierre Massaut)
p. 13 – Trois figures
– Érasme, exégète du Nouveau Testament (André Godin)
– Le dominicain Santi Pagnini (Adrian Schenker)
– Claude d’Espence (Simone de Reyff)

p. 27 – Encadré : Les paraphrases bibliques (Annie Noblesse-Rocher)
p. 28 – Encadré : Les bibles polyglottes de l’époque moderne (François Laplanche)
p. 32 – Encadré : Les bibles latines (Annie Noblesse-Rocher)

p. 33 – Les réformes protestantes

L’orientation évangélique de la Bible de Luther s’exprime par les options du traducteur et par le contenu des préfaces qui en guident la lecture. Chez le Réformateur, le " sola scriptura " est étroitement lié au " solus Christus ", au " sola fide " (par la foi seule) et au " sola gratia " (par la grâce seule). Calvin, lui, voue principalement son existence au commentaire et à l’explication de la Bible. À l’inverse de Luther, il ne cherche pas à découvrir le Christ dans le texte de l’Écriture. C’est en tant que dogmaticien, non comme exégète, qu’il accorde son travail de commentateur avec sa doctrine christocentrique.Il est des noms moins connus. À Strasbourg, face à la concurrence anabaptiste qui prône une exégèse spiritualiste et un rejet radical du sens littéral de l’exégèse savante, Bucer défend une exégèse littérale, fondée sur le texte hébreu et grec, sur les commentateurs juifs médiévaux et sur la rhétorique classique. Castellion propose pour sa part une traduction qui, sans les préjugés linguistiques, aurait pu être la grande Bible de la langue française. Quant à Cranmer, l’architecte de la liturgie anglicane, il introduit le principe de la " lectio continua " de la Bible dans l’office divin.

p. 33 – Luther et sa Bible (Mathieu Arnold) >>>Extrait à lire
p. 38 – Martin Bucer et les anabaptistes de Strasbourg (Annie Noblesse-Rocher)
p. 44 – Calvin face à la Bible (Pierre-O. Léchot) >>>Extrait à lire
p. 52 – Castellion et sa Bible en français courant (Guy Bedouelle)
p. 55 – Cranmer et la liturgie anglicane (Roger Greenacre) >>>Extrait à lire
p. 59 – Le " scriptura sola " (Mathieu Arnold)

p. 66 – Encadré : La Bible d’Olivétan (Pierre-O. Léchot)
p. 68 – Encadré : Les Psaumes chantés en français (Jonathan Nubel) >>>Extrait à lire

p. 71 – La réforme catholique

Le concile de Trente se penche sur les rapports de l’Écriture et de la Tradition. Face au " sola scriptura " des Réformateurs protestants, il précise le rôle du Magistère, chargé de l’interprétation authentique de l’Écriture et des traditions apostoliques ; c’est l’Église qui atteste la canonicité du corpus biblique et contrôle son interprétation. Le Concile déclare la Vulgate " authentique " et en fait établir une version corrigée, non pas d’après l’hébreu et le grec, mais d’après les meilleurs manuscrits latins.Les traductions sont contrôlées et certaines, mises à l’Index. En revanche, nombre de versions de textes paraphrasés de la Bible sont recommandées par les réformateurs catholiques. Au XVIe s., un laïc catholique écoute l’Écriture, en est imprégné, mais, à moins de connaître bien le latin, il la lit rarement dans le texte.

p. 71 – Le concile de Trente et la Bible (Guy Bedouelle) >>>Extrait à lire
p. 82 – L’accès à la Bible pour les catholiques du XVIe siècle (Guy Bedouelle)

p. 80 – Encadré : Écriture et Tradition de Trente à Vatican II (Guy Bedouelle)
p. 87 – Encadré : La Bible a-t-elle été mise à l’Index par l’Église catholique ? (Guy Bedouelle) >>>Extrait à lire
p. 88 – Encadré : La Bible du pape (Guy Bedouelle)

p. 89 – Le siècle de la Bible ( Guy Bedouelle)


p. 70 – Sélection bibliographique
p. 93 – Index des citations
p. 95 – Origine des éditions et des traductions
p. 96 – Les auteurs

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org