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Marie Madeleine
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Collectif
Suppl. au n° 138. Figures de Marie-Madeleine
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Comment Marie de Magdala, témoin de la Résurrection, est-elle devenue Marie-Madeleine, pécheresse repentie et amante éplorée ? Parcours historique.
 

Marie de Magdala est mise en scène par les évangiles au pied de la croix et devant le tombeau vide. Par ailleurs, les textes rapportent deux scènes d'onction dont Jésus a bénéficié de la part d'une anonyme : l'une en Galilée, faite par une pécheresse chez un pharisien nommé Simon, l'autre à Béthanie chez un certain Simon le lépreux. Dans le quatrième évangile, cette seconde scène se déroule chez Lazare et c'est Marie, sœur de Marthe et de Lazare, qui effectue le geste. Faut-il distinguer ces trois femmes ?

L'influence de Grégoire le Grand sur la tradition occidentale est considérable : "Des trois femmes, celui-ci n'en fit qu'une", dit-on. Avec lui, l'Église latine opère un lien définitif entre la pécheresse repentie – elle-même confondue avec Marie de Béthanie – et la femme qui bénéficia de la première apparition pascale. Ce point d'exégèse pourrait passer pour négligeable si le dossier ici présenté ne montrait clairement les conséquences de cette lecture. Cela allait dans le même sens que la conviction d'un Ambroise, pour qui "la femme ayant trop peu de constance pour prêcher, c'est aux hommes que revient la fonction d'évangéliser". Et la tradition va présenter Marie-Madeleine, pécheresse pardonnée, comme le témoin par excellence de la miséricorde divine, le modèle mystique de la dépossession ; elle confesse à la fois ses péchés passés et la grâce de sa conversion.

Du coup, on a oublié longtemps les rares commentateurs qui soulignaient, encore durant le haut moyen âge, que Marie et les saintes femmes ont bénéficié en premier des apparitions du Ressuscité et furent donc "évangélisatrices", "apôtres des apôtres". De la sorte, on a estompé le rôle apostolique de Marie-Madeleine qui est devenue une figure mystique avant d'être une figure ecclésiale.


Auteurs : Jean-Baptiste Auberger, Joseph Beaude, Michel Berder, Gérard Billon, Régis Burnet, Isabelle Chareire, Jean-Louis Déclais, Jean-Noël Guinot, François Tricard


Suppl. au n° 138, " Figures de Marie-Madeleine", 148 pages, SBEV / Éd. du Cerf, 2006.


SOMMAIRE

p. 3 – Marie-Madeleine dans les Évangiles (M. Berder)
Comme le présent Supplément a pour but de traiter de la postérité de Marie-Madeleine, on prend ici en considération, à côté des récits évangéliques qui la nomment explicitement, ceux que la tradition théologique et spirituelle lui a attribués, à savoir les deux scènes d’onction. La qualité humaine et spirituelle des expériences qu’évoquent tous ces textes nous invitent à les relire en respectant leur diversité. > > > Extrait à lire

p. 04 - Les mentions explicites de Marie-Madeleine
p. 05 - Marie-Madeleine dans chaque évangile
p. 11 - Lecture des scènes d'onction


p. 15 – La tradition patristique (J.-N. Guinot)
Pluralité de personnages pour les Pères grecs, unicité pour les Pères latins : sur ce point au moins, l’écart entre Orient et Occident est manifeste. Sans doute s’est-il trouvé, dans le monde grec aussi, des exégètes pour considérer qu’une seule et même femme était l’auteur des différentes scènes d’onction, mais telle ne paraît pas avoir été l’opinion dominante, et surtout cette femme ne paraît jamais avoir été vraiment identifiée avec Marie-Madeleine. > > > Extrait à lire

p. 16 - Les scènes d'onction > > > Extrait à lire
p. 36 - Marie-Madeleine, témoin de la résurrection


p. 51 – Récits apocryphes et gnostiques (R. Burnet)
Personnage important de l’Évangile, il était naturel que Marie-Madeleine jouât un certain rôle dans les apocryphes, au même titre que les autres disciples. Pourtant, une vraie surprise attend le lecteur des textes apocryphes : Marie-Madeleine (que ce soit sous la figure de la pécheresse, de Marie de Béthanie ou bien de Marie de Magdala) occupe finalement une place assez réduite dans le monde apocryphe hors des textes produits par des Églises gnostiques. Elle ne fait que de rares apparitions qui la font bien peu sortir du rôle qu’elle joue dans les évangiles canoniques. En revanche, dans les textes issus des tendances gnostiques du christianisme, elle s’affirme comme une véritable " héroïne gnostique ".

p. 51 - Marie-Madeleine dans les récits apocryphes
p. 56 - Marie-Madeleine dans les évangiles gnostiques > > > Extrait à lire


p. 66 – Récits musulmans (J.-L. Déclais)
L’islam n’ignore pas la rencontre de Jésus avec Marie de Magdala après la Passion. Mais comme le Coran évacue la crucifixion du Christ, les narrateurs musulmans doivent retravailler les récits chrétiens sur sa résurrection…


p. 71 – La tradition occidentale au moyen âge (J.-B. Auberger)
Des trois Marie, mentionnée par les évangiles, Grégoire le Grand et, à sa suite, la tradition occidentale, n’en firent qu’une : Marie-Madeleine, en qui sont personnifiés plusieurs aspects de ce qu’est l’Église, c’est-à-dire de ce qu’est chaque baptisé.

p. 88 – Encadré : “De Vézelay à Saint-Maximin” > > > Extrait à lire


p. 91 – Madeleine aux XVIe et XVIIe siècles (J. Beaude)
Aux XVIe et XVIIe s., Madeleine est le modèle mystique par excellence du délaissement, de la dépossession, de l’anéantissement. Et cela, dès le moment de sa conversion. Beaucoup célèbrent ses larmes : à la Sainte-Baume, elle vient pleurer à la fois ses péchés passés et la grâce de sa conversion. Mais ce qui prime tout, affirme Bérulle, c’est cette grâce dont elle a été comblée. Madeleine est décrite, évoquée et priée comme la première et la principale des mystiques. > > > Extrait à lire


p. 102 – Marie-Madeleine dans la tradition dominicaine (F. Tricard)
Aux XIXe et XXe siècles, trois dominicains ont aimé Marie de Magdala et l’ont fait aimer : Henri-Dominique Lacordaire, Jean-Joseph Lataste, Raymond-Léopold Bruckberger.


p. 108 – Encadré : “Marie-Madeleine à la veilleuse” (J. Beaude)

p. 110 – Art, musique et littérature
Au tournant de l’an mil, Marie-Madeleine devint l’une des saintes les plus populaires de l’Occident. Après une période de relatif reflux, une seconde grande période magdaléenne s’amorce avec la Réforme : pour les protestants, la Madeleine symbolise la grâce de celle qui est choisie, quand, pour les catholiques qui défendent la confession, elle est un modèle de pénitence. Aux XVIIIe et XIXe s., on se plait à imaginer sa vie "d’avant" où rayonne sa beauté. La rencontre du Christ réoriente sa vie. Elle est "le péché devenu l’amour par la pénitence" selon la formule de Lacordaire.

p. 110 - Images de Marie-Madeleine (R. Burnet)
p. 121 - Marie-Madeleine en musique (M. Berder)
p. 127 - Marie-Madeleine en littérature (G. Billon)

p. 135 – Encadré : “Marie-Madeleine au cinéma” (G. Billon)


p. 137 – Théologies féministes - Subversive Marie-Madeleine (I. Chareire)
L’histoire de la réception de Marie-Madeleine est le fait d’une relecture masculine qui a retenu surtout la figure de la pécheresse repentie et a tendu à estomper son rôle apostolique : Marie-Madeleine y est une figure mystique avant d’être une figure ecclésiale. Il convient, au terme de ce Supplément, de présenter le regard porté par des femmes sur Marie-Madeleine et les aventures de sa postérité. > > > Extrait à lire


p. 14 – Éléments bibliographiques
p. 145 – Origine des éditions et des traductions
p. 146 – Index des citations

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org