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Marc
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Passion
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Stricher Joseph
La Passion selon Saint Marc
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Méditation pas à pas du beau récit de Marc 14, 1 — 15, 47...
 

Nous ne ferons pas ici de commentaire historique. Il s'agit juste d'une méditation pas à pas du beau récit de Marc 14, 1 à 15, 47.

Le complot contre Jésus. Repas à Béthanie.
Les protagonistes de la passion préparent la fête de Pâque de manière différente et contradictoire. Alors que les responsables du Temple sont plus soucieux d’immoler Jésus que d’immoler l’agneau pascal, une femme dépense une importante somme d’argent pour parfumer Jésus et anticiper les rites de funérailles.

La trahison de Judas et les préparatifs de la fête.
En opposition à l’attitude de la femme de Béthanie, Judas accepte de l’argent pour livrer Jésus. Jésus demande à ses disciples de préparer une salle. Celle-ci pourtant est déjà prête. Quelle Pâque Jésus veut-il célébrer ? Quel sens veut-il donner à la fête ?

Le dernier repas du Seigneur.
Pendant le repas, Jésus annonce qu’il sera livré. Son corps et son sang remplaceront désormais l’agneau pascal. La fête de Pâque prend un sens nouveau. L’Alliance entre Dieu et les hommes est renouvelée. Elle s’étend à la multitude. Le repas se termine par un chant d’action de grâce. En se rendant à Gethsémani, Jésus est plus lucide que ses disciples. Il leur donne le sens de sa mort, mais ils ne peuvent pas comprendre ses paroles pour le moment.

L’agonie à Gethsémani.
Jésus s’éloigne d’abord de ses disciples, puis de Pierre, Jacques et Jean afin de prier. L’évangéliste nous livre le secret de sa prière. Jésus est bien seul. Il n’arrive pas à entraîner ses disciples dans sa prière.

L’arrestation de Jésus.
Le groupe de disciples qui entourait Jésus depuis le début de l’évangile se disloque. Judas trahit dans un baiser. Un disciple utilise maladroitement son épée. Un autre s’enfuit tout nu. Les paroles de l’Écriture, citées par Jésus à la Cène, s’accomplissent : " Je frapperai le berger et les brebis seront dispersées. "

Jésus devant Caïphe.
Lors du procès religieux, les faux témoignages se succèdent. Jésus porte un vrai témoignage sur lui-même. Il lève enfin le secret messianique. La noblesse de ses paroles et de son comportement tranche avec la conduite indigne de certains des juges et des gardes.

La trahison et le repentir de Pierre.
Contrastant avec l’attitude digne de Jésus, celle de Pierre est lamentable. Il nie l’évidence et appelle sur lui la malédiction. Au chant du coq, le souvenir des paroles de Jésus déclenche le processus de conversion.

Jésus devant Pilate.
Devant Pilate, l’agitation des chefs contraste avec le calme et le silence de Jésus.

Barrabas.
L’agitation gagne la foule qui hurle à la mort. Pilate commet un déni de justice.

Jésus est couronné d’épines.
Il y a une ironie tragique dans le récit. Les soldats croient se moquer de Jésus. Ils ne se rendent pas compte qu’ils disent vrai et agissent vrai. Jésus est bel et bien le roi des Juifs et il mérite qu’on s’agenouille devant lui.

Le chemin de croix.
Le récit est rythmé par des indications horaires : neuf heures, midi, trois heures. La première période est celle du crucifiement puis des moqueries. Le récit n’accable pas les soldats. Ils font leur travail en réquisitionnant un passant. Celui-ci a des fils qui semblent connus par l’auteur ainsi que par les premiers lecteurs de l’évangile. L’inscription, bien involontairement, dit la vérité.

Sur le calvaire.
Les injures, les moqueries et les insultes s’adressent au sauveur qui est mis au défi de se sauver lui-même.

La mort de Jésus.
La deuxième période commence à midi. Alors que le soleil devrait briller sur la terre, celle-ci se drape de noir. La terre serait-elle plus clairvoyante que les humains, en se voilant la face devant le crime qui est en train d’être commis ? Jésus récite le début du psaume 22, psaume de détresse mais également psaume de confiance en Dieu. Les adversaires de Jésus ne semblent pas familiers avec les psaumes. Ils ne comprennent pas ou feignent de ne pas comprendre la prière de Jésus. La plus belle profession de foi de l’évangile sort de la bouche d’un païen. Avec Jésus, le mystère de Dieu se dévoile. Symboliquement, le rideau du Temple se déchire. Avec Jésus, un nouvel accès à Dieu est possible.

Jésus est mis au tombeau.
Tous les responsables du peuple juif n’étaient pas opposés à Jésus. L’un d’entre eux vient l’enterrer. Un groupe de femmes dont certaines sont nommément désignées, jouent le rôle de témoins. Témoins de sa mort, elles seront également témoins de sa résurrection.


© SBEV . Joseph STRICHER
Question : Le scandale de la croix
Lecture : Le reniement de Pierre
Lecture : Le tombeau vide

Pour lire, au long de l'année B, l'évangile selon St Marc, consulter le Cahier Evangile n° 133

 
Mc 14, 1-15, 47
1Dès le matin, les grands prêtres tinrent conseil avec les anciens, les scribes et le Sanhédrin tout entier. Ils lièrent Jésus, l'emmenèrent et le livrèrent à Pilate.
2Pilate l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui le dis. »
3Les grands prêtres portaient contre lui beaucoup d'accusations.
4Pilate l'interrogeait de nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu'ils portent contre toi. »
5Mais Jésus ne répondit plus rien, de sorte que Pilate était étonné.
6A chaque fête, il leur relâchait un prisonnier, celui qu'ils réclamaient.
7Or celui qu'on appelait Barabbas était en prison avec les émeutiers qui avaient commis un meurtre pendant l'émeute.
8La foule monta et se mit à demander ce qu'il leur accordait d'habitude.
9Pilate leur répondit : « Voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? »
10Car il voyait bien que les grands prêtres l'avaient livré par jalousie.
11Les grands prêtres excitèrent la foule pour qu'il leur relâche plutôt Barabbas.
12Prenant encore la parole, Pilate leur disait : « Que ferai-je donc de celui que vous appelez le roi des Juifs ? »
13De nouveau, ils crièrent : « Crucifie-le ! »
14Pilate leur disait : « Qu'a-t-il donc fait de mal ? » Ils crièrent de plus en plus fort : « Crucifie-le  ! »
15Pilate, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et il livra Jésus, après l'avoir fait flageller, pour qu'il soit crucifié.
16Les soldats le conduisirent à l'intérieur du palais, c'est-à-dire du prétoire. Ils appellent toute la cohorte.
17Ils le revêtent de pourpre et ils lui mettent sur la tête une couronne d'épines qu'ils ont tressée.
18Et ils se mirent à l'acclamer : « Salut, roi des Juifs  ! »
19Ils lui frappaient la tête avec un roseau, ils crachaient sur lui et, se mettant à genoux, ils se prosternaient devant lui.
20Après s'être moqués de lui, ils lui enlevèrent la pourpre et lui remirent ses vêtements. Puis ils le font sortir pour le crucifier.
21Ils réquisitionnent pour porter sa croix un passant, qui venait de la campagne, Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus.
22Et ils le mènent au lieu-dit Golgotha, ce qui signifie lieu du Crâne.
23Ils voulurent lui donner du vin mêlé de myrrhe, mais il n'en prit pas.
24Ils le crucifient, et ils partagent ses vêtements, en les tirant au sort pour savoir ce que chacun prendrait.
25Il était neuf heures quand ils le crucifièrent.
26L'inscription portant le motif de sa condamnation était ainsi libellée : « Le roi des Juifs ».
27Avec lui, ils crucifient deux bandits, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche. [
28...]
29Les passants l'insultaient hochant la tête et disant : « Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
30sauve-toi toi-même en descendant de la croix. »
31De même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux : « Il en a sauvé d'autres, il ne peut pas se sauver lui-même !
32Le Messie, le roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Ceux qui étaient crucifiés avec lui l'injuriaient.
33A midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu'à trois heures.
34Et à trois heures, Jésus cria d'une voix forte : «  Eloï, Eloï, lama sabaqthani ?  » ce qui signifie : «  Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné  ? »
35Certains de ceux qui étaient là disaient, en l'entendant : « Voilà qu'il appelle Elie  ! »
36Quelqu'un courut, emplit une éponge de vinaigre et, la fixant au bout d'un roseau, il lui présenta à boire en disant : « Attendez, voyons si Elie va venir le descendre de là. »
37Mais, poussant un grand cri, Jésus expira.
38Et le voile du sanctuaire se déchira en deux du haut en bas.
39Le centurion qui se tenait devant lui, voyant qu'il avait ainsi expiré, dit : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu. »
40Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, et parmi elles Marie de Magdala, Marie, la mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé,
41qui le suivaient et le servaient quand il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.
42Déjà le soir était venu, et comme c'était un jour de Préparation, c'est-à-dire une veille de sabbat,
43un membre éminent du conseil, Joseph d'Arimathée, arriva. Il attendait lui aussi le Règne de Dieu. Il eut le courage d'entrer chez Pilate pour demander le corps de Jésus.
44Pilate s'étonna qu'il soit déjà mort. Il fit venir le centurion et lui demanda s'il était mort depuis longtemps.
45Et, renseigné par le centurion, il permit à Joseph de prendre le cadavre.
46Après avoir acheté un linceul, Joseph descendit Jésus de la croix et l'enroula dans le linceul. Il le déposa dans une tombe qui était creusée dans le rocher et il roula une pierre à l'entrée du tombeau.
47Marie de Magdala et Marie, mère de José, regardaient où on l'avait déposé.
48Prenant la parole, Jésus leur dit : « Comme pour un hors-la-loi, vous êtes partis avec des épées et des bâtons pour vous saisir de moi !
49Chaque jour, j'étais parmi vous dans le temple à enseigner et vous ne m'avez pas arrêté. Mais c'est pour que les Ecritures soient accomplies. »
50Et tous l'abandonnèrent et prirent la fuite.
51Un jeune homme le suivait, n'ayant qu'un drap sur le corps. On l'arrête,
52mais lui, lâchant le drap, s'enfuit tout nu.
53Ils emmenèrent Jésus chez le Grand Prêtre. Ils s'assemblent tous, les grands prêtres, les anciens et les scribes.
54Pierre, de loin, l'avait suivi jusqu'à l'intérieur du palais du Grand Prêtre. Il était assis avec les serviteurs et se chauffait près du feu.
55Or les grands prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient contre Jésus un témoignage pour le faire condamner à mort et ils n'en trouvaient pas.
56Car beaucoup portaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne concordaient pas.
57Quelques-uns se levaient pour donner un faux témoignage contre lui en disant :
58« Nous l'avons entendu dire : "Moi, je détruirai ce sanctuaire fait de main d'homme et, en trois jours, j'en bâtirai un autre, qui ne sera pas fait de main d'homme." »
59Mais, même de cette façon, ils n'étaient pas d'accord dans leur témoignage.
60Le Grand Prêtre, se levant au milieu de l'assemblée, interrogea Jésus : « Tu ne réponds rien aux témoignages que ceux-ci portent contre toi ? »
61Mais lui gardait le silence ; il ne répondit rien. De nouveau le Grand Prêtre l'interrogeait ; il lui dit : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni  ? »
62Jésus dit : « Je le suis, et vous verrez le Fils de l'homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel. »
63Le Grand Prêtre déchira ses habits et dit : « Qu'avons-nous encore besoin de témoins !
64Vous avez entendu le blasphème. Qu'en pensez-vous ? » Et tous le condamnèrent comme méritant la mort.
65Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui couvrir le visage, à lui donner des coups et à lui dire : « Fais le prophète  ! » Et les serviteurs le reçurent avec des gifles.
66Tandis que Pierre était en bas, dans la cour, l'une des servantes du Grand Prêtre arrive.
67Voyant Pierre qui se chauffait, elle le regarde et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec le Nazaréen, avec Jésus ! »
68Mais il nia en disant : « Je ne sais pas et je ne comprends pas ce que tu veux dire. » Et il s'en alla dehors dans le vestibule.
69La servante le vit et se mit à redire à ceux qui étaient là : « Celui-là, il est des leurs ! »
70Mais de nouveau il niait. Peu après, ceux qui étaient là disaient une fois de plus à Pierre : « A coup sûr, tu es des leurs ! et puis, tu es galiléen. »
71Mais lui se mit à jurer avec des imprécations : « Je ne connais pas l'homme dont vous me parlez ! »
72Aussitôt, pour la deuxième fois, un coq chanta. Et Pierre se rappela la parole que Jésus lui avait dite : « Avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Il sortit précipitamment  ; il pleurait.
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org