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Luc
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Passion
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Stricher Joseph
La Passion selon Saint Luc
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Une méditation pas à pas du beau récit de Luc 22,14 à 23,56
 

Nous ne ferons pas ici de commentaire historique. Il s'agit juste d'une méditation pas à pas du beau récit de Luc 22,14 à 23,56.

La dernière scène. Le rituel est celui du repas de la Pâque juive au cours de laquelle le maître de maison fait circuler plusieurs coupes. La prophétie de Jérémie s’accomplit : “ Voici venir des jours, déclare le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une Alliance nouvelle….Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur cœur. Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple…Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plis leurs péchés. ” (Jr 31,31…34)

Qui est le plus grand ? Dans son discours d’adieu Jésus donne des consignes pour la communauté chrétienne. Il souhaite que le pouvoir ne s’y exerce pas à la manière profane. Pas besoin de se donner des titres ronflants. Les rois païens qui se font appeler bienfaiteurs (évergètes) mais qui le sont si peu ne doivent pas servir de modèles aux disciples de Jésus. Il doivent imiter le Christ qui s’est fait le serviteur de tous. Lui qui est de dignité royale et qui dispose du Royaume se tient au milieu de ses siens comme celui qui sert.

Satan vous a réclamé. Dans l’évangile de Luc, la passion commence avec l’arrivée de Satan (Lc 22,3) Prenant possession de Judas, Satan ne reste pas inactif. Jésus sait la faiblesse de ses disciples, mais il leur dit des paroles d’encouragement. Il annonce le relèvement de Pierre avant d’annoncer sa chute. Les consignes qu’il donne à ses disciples diffèrent de celles qu’il leur donnait en Galilée. Plus question de les envoyer les mains nues « N’emportez pas de bourse, ni de sac... » Maintenant les temps sont durs, le chemin sera dangereux, il faudra se protéger. Mais deux épées, en fait de simples poignards défensifs, ne constituent pas des armes bien dangereuses.

Au mont des Oliviers. Jésus prie et fait prier conformément à ce qu’il a appris à ses disciples. Il reprend deux demandes du Notre Père. Au début et à la fin de l’épisode, il demande à ses disciples de prier afin qu’ils ne soient pas soumis à la tentation… Il dit au Père : Que ta volonté soit faite. Dieu accueille sa prière et lui envoie un ange pour le réconforter. Dieu avait fait de même pour le prophète Elie (1 R 19,4-8).

Arrestation. On ne sait quelle est la composition de la troupe qui vient arrêter Jésus. L’attention se fixe sur le meneur, l’un des Douze, et sur l’attitude de Jésus qui met en pratique ce qu’il a dit dans le discours des béatitudes : « Aimez vos ennemis ». Contrairement à Judas, il est un modèle pour les chrétiens.

Dans la cour du grand prêtre. C’est en présence de Jésus que Pierre le renie. Mais le regard du Seigneur et le souvenir de ses paroles déclenche la conversion de Pierre. Les gardes, qui frappent Jésus et se moquent de lui, n’affrontent pas le regard du Seigneur. Ils lui voilent le visage tout en lui demandant de jouer à l’extra lucide.

Devant le Grand Conseil. A l’annonciation, l’ange du Seigneur avait annoncé à Marie que Jésus était Fils de Dieu en tant que Roi-Messie mais aussi d’une manière tout à fait particulière, en tant que participant à la sainteté de Dieu. Il en va de même ici. La révélation se fait en deux temps. Jésus laisse tout d’abord entendre qu’il est beaucoup plus qu’un Roi-Messie temporel. A partir de la mystérieuse figure du Fils de l’homme venant dans les nuées du ciel du prophète Daniel, il laisse ensuite entendre qu’il est le Fils de Dieu. Il n’y a pas de procès à proprement parler : ni témoignages ni plaidoirie ni sentence.

Devant Pilate. Cette fois-ci il y a procès. L’accusation porte sur des motifs politiques. Pilate affirme une première fois l’innocence de Jésus.

Devant Hérode. Au lieu de traiter Jésus comme un de ses sujets et lui rendre justice, Hérode se comporte de manière indigne. Il rend involontairement hommage à Jésus en l’affublant d’un manteau royal.

Devant Pilate. Pilate affirme une deuxième fois l’innocence de Jésus, en accord avec Hérode. Il commet cependant une faute grave, lourde de conséquences, en proposant de faire flageller Jésus. Cela ne satisfait pas les chefs ni le peuple qui intervient ici pour la première fois. Une ironie tragique se dégage du texte : ceux qui avaient accusé Jésus de sédition réclament maintenant la grâce d’un séditieux et demandent la mort d’un innocent. Après avoir affirmé une troisième fois l’innocence de Jésus, Pilate finit pas céder. Pour Luc, les responsables principaux de la mort de Jésus sont les grands prêtres et les chefs du peuple. On remarque l’absence des pharisiens. Selon le témoignage de Luc, ils ne sont pas les ennemis mortels de Jésus.

Portement de croix. Portant la croix derrière Jésus, Simon de Cyrène devient le mogras, dèle du disciple. Le peuple, lui aussi suit Jésus, bien disposé à son égard. Pour preuve : l’attitude des femmes. En termes voilés, Jésus annonce la chute de Jérusalem.

Une mort exemplaire. Jusqu’au bout de sa vie, Jésus met en pratique ce qu’il a enseigné, l’amour des ennemis et le pardon des offenses.

Une mort royale. Les chefs, les soldats et un des malfaiteurs mettent Jésus au défi de se sauver lui-même. Jésus relève ce défi. Il est effectivement un Sauveur, mais il n’exerce pas ce pouvoir à son profit. Par décision souveraine, il introduit dans le Paradis un misérable qui met sa confiance en lui. Le salut n’est pas renvoyé à la fin des temps, quand le Messie viendra. Il est pour tout de suite. Pour aujourd’hui.

La mort du Fils. Les dernières paroles de Jésus en croix évoquent ses premières paroles dans le Temple de Jérusalem quand il avait 12 ans Jésus appelle Dieu son Père. Il lui remet sa vie.

Après la mort de Jésus. L’officier romain rend témoignage à Jésus : sa mort est une injustice. Le peuple commence à se convertir et reconnaît sa culpabilité. On apprend maintenant que les amis de Jésus ont assisté à la scène, mais de loin. Tous les membres du Grand Conseil ne sont pas hostiles à Jésus. Joseph d’Arimathie lui rend les derniers honneurs. Des femmes sont les témoins de l’ensevelissement de Jésus. Elles seront également les premiers témoins de sa résurrection.

© SBEV . Joseph STRICHER

voir aussi : Le scandale de la croix

 

Pour lire, au long de l'année liturgique C, l'évangile selon St Luc, consulter le Cahier Evangile n° 137

 
Lc 22,14 - 23,56
14et il leur dit : « Vous m'avez amené cet homme-ci comme détournant le peuple du droit chemin ; or, moi qui ai procédé devant vous à l'interrogatoire, je n'ai rien trouvé en cet homme qui mérite condamnation parmi les faits dont vous l'accusez ;
15Hérode non plus, puisqu'il nous l'a renvoyé. Ainsi il n'y a rien qui mérite la mort dans ce qu'il a fait.
16Je vais donc lui infliger un châtiment et le relâcher. » [
17]
18Ils s'écrièrent tous ensemble : « Supprime-le et relâche-nous Barabbas. »
19Ce dernier avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville et pour meurtre.
20De nouveau Pilate s'adressa à eux dans l'intention de relâcher Jésus.
21Mais eux vociféraient : « Crucifie, crucifie-le. »
22Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je vais donc lui infliger un châtiment et le relâcher. »
23Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu'il fût crucifié, et leurs clameurs allaient croissant.
24Alors Pilate décida que leur demande serait satisfaite.
25Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour émeute et meurtre, celui qu'ils demandaient ; quant à Jésus, il le livra à leur volonté.
26Comme ils l'emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène qui venait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus.
27Il était suivi d'une grande multitude du peuple, entre autres de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.
28Jésus se tourna vers elles et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants.
29Car voici venir des jours où l'on dira : "Heureuses les femmes stériles et celles qui n'ont pas enfanté ni allaité."
30Alors on se mettra à dire aux montagnes : "Tombez sur nous", et aux collines : "Cachez-nous."
31Car si l'on traite ainsi l'arbre vert, qu'en sera-t-il de l'arbre sec  ? »
32On en conduisait aussi d'autres, deux malfaiteurs, pour les exécuter avec lui.
33Arrivés au lieu dit « le Crâne », ils l'y crucifièrent ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, et l'autre à gauche.
34Jésus disait : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Et, pour partager ses vêtements, ils tirèrent au sort.
35Le peuple restait là à regarder ; les chefs, eux, ricanaient  ; ils disaient : « Il en a sauvé d'autres. Qu'il se sauve lui-même s'il est le Messie de Dieu, l'Elu  ! »
36Les soldats aussi se moquèrent de lui : s'approchant pour lui présenter du vinaigre, ils dirent :
37« Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. »
38Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « C'est le roi des Juifs. »
39L'un des malfaiteurs crucifiés l'insultait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous aussi ! »
40Mais l'autre le reprit en disant : « Tu n'as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine !
41Pour nous, c'est juste : nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais lui n'a rien fait de mal. »
42Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi. »
43Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. »
44C'était déjà presque midi et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu'à trois heures,
45le soleil ayant disparu. Alors le voile du sanctuaire se déchira par le milieu ;
46Jésus poussa un grand cri ; il dit : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » Et, sur ces mots, il expira.
47Voyant ce qui s'était passé, le centurion rendait gloire à Dieu en disant : « Sûrement, cet homme était juste. »
48Et tous les gens qui s'étaient rassemblés pour ce spectacle, à la vue de ce qui s'était passé, s'en retournaient en se frappant la poitrine.
49Tous ses familiers se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée et qui regardaient.
50Alors survint un homme du nom de Joseph, membre du conseil, homme bon et juste :
51il n'avait donné son accord ni à leur dessein, ni à leurs actes. Originaire d'Arimathée, ville juive, il attendait le Règne de Dieu.
52Cet homme alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.
53Il le descendit de la croix, l'enveloppa d'un linceul et le déposa dans une tombe taillée dans le roc où personne encore n'avait été mis.
54C'était un jour de Préparation et le sabbat approchait.
55Les femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée suivirent Joseph ; elles regardèrent le tombeau et comment son corps avait été placé.
56Puis elles s'en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Durant le sabbat, elles observèrent le repos selon le commandement
57Mais il nia : « Femme, dit-il, je ne le connais pas. »
58Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es des leurs. » Pierre répondit : « Je n'en suis pas. »
59Environ une heure plus tard, un autre insistait : « C'est sûr, disait-il, celui-là était avec lui ; et puis, il est Galiléen. »
60Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et aussitôt, comme il parlait encore, un coq chanta.
61Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole du Seigneur qui lui avait dit : « Avant que le coq chante aujourd'hui, tu m'auras renié trois fois. »
62Il sortit et pleura amèrement.
63Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le battaient.
64Ils lui avaient voilé le visage et lui demandaient : « Fais le prophète  ! Qui est-ce qui t'a frappé ? »
65Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres insultes.
66Lorsqu'il fit jour, le conseil des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, se réunit, et ils l'emmenèrent dans leur Sanhédrin
67et lui dirent : « Si tu es le Messie, dis-le-nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas  ;
68et si j'interroge, vous ne répondrez pas.
69Mais désormais le Fils de l'homme siégera à la droite du Dieu puissant. »
70Ils dirent tous : « Tu es donc le Fils de Dieu  ! » Il leur répondit : « Vous-mêmes, vous dites que je le suis. »
71Ils dirent alors : « Qu'avons-nous encore besoin de témoignage, puisque nous l'avons entendu nous-mêmes de sa bouche ? »
1Et ils se levèrent tous ensemble pour le conduire devant Pilate.
2Ils se mirent alors à l'accuser en ces termes : « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation : il empêche de payer le tribut à César et se dit Messie, roi. »
3Pilate l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : « C'est toi qui le dis. »
4Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve rien qui mérite condamnation en cet homme. »
5Mais ils insistaient en disant : « Il soulève le peuple en enseignant par toute la Judée à partir de la Galilée jusqu'ici. »
6A ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen
7et, apprenant qu'il relevait de l'autorité d'Hérode, il le renvoya à ce dernier qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
8A la vue de Jésus, Hérode se réjouit fort, car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu'il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque miracle.
9Il l'interrogeait avec force paroles, mais Jésus ne lui répondit rien.
10Les grands prêtres et les scribes étaient là qui l'accusaient avec violence.
11Hérode en compagnie de ses gardes le traita avec mépris et se moqua de lui ; il le revêtit d'un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate.
12Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent amis, eux qui auparavant étaient ennemis.
13Pilate alors convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple,
 
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