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Baptême de Jésus
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Stricher Joseph
Le baptême de Jésus selon saint Luc
Commentaire au fil du texte
 
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Lecture sainte de Luc 3,21-22
 

Regarder – méditer – prier : nous respectons les trois temps de la "lectio divina" ou lecture sainte afin que méditation et prière, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’appuient sur une écoute attentive du texte biblique.

Regarder

Un texte biblique n’est pas un monolithe tombé du ciel. Il fait partie d’un ensemble. Regardons l’environnement immédiat du baptême de Jésus dans l’Évangile de Luc. L’auteur vient de nous parler des activités de Jean Baptiste qui répond à tout le peuple en attente d’un Messie et lui annonce l’arrivée d’un plus puissant que lui. Juste avant le baptême, Luc raconte l’arrestation de Jean Baptiste. Il ne donne aucun détail sur le baptême de Jésus et ne mentionne pas le baptiseur. Singulière manière de faire qui écarte tout ce qui est anecdotique et qui bouscule la chronologie. Après le baptême, l’auteur déroule une généalogie qui part de Joseph, père putatif de Jésus, jusqu’à Adam en passant par David, roi d’Israël. Sur un rythme haletant, le mot fils revient tous les trois mots.

Observons maintenant le texte lui-même. Aucune mention du lieu, de la façon de procéder ou du baptiseur, comme nous venons de le signaler. Remarquons par contre la présence de tout le peuple. Jésus est un membre de ce peuple, baptisé comme lui, le dernier. Le baptême de Jésus conclut la démarche pénitentielle du peuple. Elle l’achève. Cela voudrait-il dire qu’une nouvelle période peut commencer dans l’histoire du peuple ? Le baptême de Jean n’aurait plus de raison d’être, tout le peuple étant baptisé ? La déclaration de Jean Baptiste (Lc 3,16) peut nous inciter à le penser. Une phrase de Jésus prononcée ultérieurement confirmera cette hypothèse : "Je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d’une femme, aucun n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui" (Lc 7,28). Dans l’optique de Luc, Jean est le dernier et le plus grand prophète d’une période qui s’achève, le temps de la promesse. Jésus inaugure les temps nouveaux où le Royaume de Dieu est présent.

Remarquons l’attitude de Jésus, si fréquemment mentionnée dans l’évangile de Luc : il prie. Au moment de son intense relation avec celui qu’il appelle son Père (rappelons-nous sa parole dans le Temple en 2,49), le ciel s’ouvre. Le récit présente cela comme une réalité objective, un événement visible. Visible également la descente de l’Esprit Saint sans que l’on puisse se représenter la scène. Mais nous comprenons que le peuple, et non seulement Jésus, voit et entend l’intervention divine sur Jésus en prière. Il voit que Jésus parle au Père mais n’entend pas ce qu’il dit. Il voit par contre qu’une communication est établie entre le Père et le Fils et il entend ce qu’il lui dit. L’Esprit Saint fait le lien entre le Père et le Fils.

Méditer

Cette deuxième étape de la "lecture sainte" est déjà commencée. La lecture attentive, respectueuse du texte, débouche normalement sur une prise de conscience de la foi de l’auteur et provoque la nôtre. Avec une grande économie de moyen, en écartant tout ce qui est superflu, Luc nous fait pénétrer au cœur même du mystère de la Sainte Trinité. Le Père, le Fils et l’Esprit sont en étroite communion. Ils se révèlent à nous. Intronisé par le Père, rempli de l’Esprit de Dieu, Jésus est désigné au peuple comme le roi des temps nouveaux venu inaugurer le Règne de Dieu sur terre. Ce que Jean Baptiste et les prophètes ont annoncé, ce que le peuple a espéré, dans sa liturgie et plus particulièrement ses psaumes, s’accomplit maintenant. Les cieux ne sont plus fermés. Dieu communique avec l'humanité.

Prier

Cette troisième étape de la "lecture sainte" ne peut que jaillir du cœur de la méditation, avec nos propres mots. Peut-être seront-ils proches du Psaume 2 : Le Seigneur m’a dit : "Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré…" ? Ou encore de ce chant liturgique : "Heureux le bâtisseur de la paix : on l'appellera Fils de Dieu " ? (texte Didier Rimaud, musique Jacques Berthier).


© SBEV. Joseph Stricher.

 
Lc 3,21-22
21Or comme tout le peuple était baptisé, Jésus, baptisé lui aussi, priait  ; alors le ciel s'ouvrit ;
22l'Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe, et une voix vint du ciel : «  Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. »
Lc 3,21-22
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org