775
Commentaires anciens et modernes
778
Pentecôte
106
Collectif
Suppl. au n° 124. Le récit de la Pentecôte (Ac 2,1-13)
Théologie
 
Approfondir
 
Le récit de la Pentecôte est fondateur de la mission chrétienne universelle.
 

Quelle est la raison ou la signification du miracle des langues ? Réfléchissant sur le don de la Torah au Sinaï, la tradition juive affirmait déjà que l'inépuisable parole du Dieu Un se diversifie en plusieurs versions en fonction de ceux qui la reçoivent : c'est d'elle que procède l'infinie diversité des interprétations.

Ainsi le récit de la Pentecôte est fondateur de la mission chrétienne universelle et le «miracle des langues» y joue un rôle essentiel : dès l'origine, il installe la parole chrétienne dans une situation de traduction. La voix divine est destinée à être entendue de tous, proches et lointains, chacun dans sa propre langue. Et selon Augustin, chacun des croyants présents au cénacle parlait toutes les langues, signe de l'universalité de l'Eglise. Le don des langues est désormais inutile puisque ce qu'il symbolisait s'est réalisé : l'Église, une, parle désormais toutes les langues.

La tradition musulmane, en revanche, est aux antipodes, quand elle critique le fait que chacun des apôtres parlait dans la langue du peuple auquel il était destiné ; ce serait source de division...

Le présent Supplément collecte aussi nombre de textes sur l'Esprit. Quel lien et quelle différence entre l'événement d'Ac 2 et les autres manifestations de l'Esprit au long de l'histoire du salut, se demandent les Pères ? Pour eux et leurs héritiers, le don de la Loi ancienne au Sinaï trouve son accomplissement avec le don de l'Esprit lors de la Pentecôte, avec la Loi Nouvelle.

Le dossier, consacré par Pierre Lenhardt au récit d'Ac 2 lu à la lumière de la tradition juive, aborde aussi ce que présuppose la prophétie de Joël citée par Pierre : le thème de l'Esprit éteint et de la Chekhinah (Présence divine) absente. Il manifeste qu'en judaïsme, Esprit saint et Chekhinah sont inséparables, mais ne se confondent pas et propose, dans une conclusion neuve, de voir en Jésus la Chekhinah.

Les pages de François Boesflug sur ce que le récit de Pentecôte a inspiré aux artistes suffisent à faire sentir le prix d'une réflexion théologique sur la tradition iconographique.

Auteurs : François BOESPFLUG, Hugues COUSIN, Gilbert DAHAN, Gilles EMERY, Pierre LENHARDT, Lucile VILLEY. Avec la collaboration de Michel BERDER, Elian CUVILIER, Jean-Louis DECLAIS, François LAPLANCHE, Christian SEYTRE

Le récit de Pentecôte (Actes 2,1-13)
Supplément au Cahier Évangile n° 124,
114 pages, SBEV / Éd. du Cerf, 2003.



SOMMAIRE
5 Exégèse du récit de Pentecôte (par Hugues Cousin)
> > > Extrait à lire
8 Encadré : Une liste de la diaspora juive
10 Encadré : Jubilés : l'Alliance avec Noé
12 Encadré : Philon : feu et langage articulé
15 Encadré : Texte occidental et texte alexandrin
18 Encadré : François Martin : de la langue maternelle à la langue discursive

21 À la lumière de la tradition d'Israël sur l'Esprit saint et la Chekhinah (par Pierre Lenhardt)  > > > Extrait à lire

39 Lectures des Pères (par Lucile Villey) > > > Extrait à lire

65 La mission musulmane et le miracle des langues (par Jean-Louis Déclais)

69 Le lectures d'Ac 2,1-13 au Moyen Âge
69 Dans la prédication aux XIIe et XIIIe siècle (par Gilbert Dahan)
78 Dans la prédication du Moyen Âge (par Gilles Emery)

85 Luther et Calvin sur Ac 2,1-13 (Elian Cuvilier)
90 Encadré : Le don des langues vu par dom Calmet (François Laplanche)

93 Théophanie et "ecclésiophanie". La Pentecôte dans l'art (François Boespflug) > > > Extrait à lire

103 Encadré : Le miracle des langues selon Renan (François Laplanche) > > > à lire
105 Encadré : Le récit de la Pentecôte et la musique (Michel Berder)

107 Le Pentecôtisme (par Christian Seytre)

 
Ac 2,1-13
1Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
2Tout à coup il y eut un bruit qui venait du ciel comme le souffle d'un violent coup de vent : la maison où ils se tenaient en fut toute remplie ;
3alors leur apparurent comme des langues de feu qui se partageaient et il s'en posa sur chacun d'eux.
4Ils furent tous remplis d'Esprit Saint et se mirent à parler d'autres langues, comme l'Esprit leur donnait de s'exprimer.
5Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.
6A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue.
7Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens  ?
8Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
9Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l'Asie,
10de la Phrygie et de la Pamphylie, de l'Egypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici,
11tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
12Ils étaient tous déconcertés, et dans leur perplexité ils se disaient les uns aux autres : « Qu'est-ce que cela veut dire ? »
13D'autres s'esclaffaient : « Ils sont pleins de vin doux. »
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org