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Apocalypse
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Espérance
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Service Biblique catholique Évangile et Vie
Qu'est-ce que l'apocalyptique ?
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Si le prophète essaie de découvrir le sens du présent en se souvenant du passé, l'auteur d'apocalypse, lui, se souvient de l 'avenir.
 

Les auteurs d'apocalypse sont les successeurs des prophètes. Ceux-ci avaient pour rôle essentiel d'interpréter le présent pour y faire découvrir le projet de Dieu.

Dans des périodes difficiles, comme celle de la persécution déclenchée par Antiochus IV Épiphane (2e siècle av. J.-C.), on a besoin, pour soutenir l'espérance, de montrer que c'est Dieu et Dieu seul qui est le maître de l'avenir. On pourrait dire que si le prophète essaie de découvrir le sens du présent en se souvenant du passé, l'auteur d'apocalypse, lui, selon le mot de Léon Bloy, se souvient de l 'avenir. Cet avenir, support de l'espérance d'aujourd'hui, comment le connaît-il ?

La technique du saut en longueur
La technique de l'auteur d'apocalypse s'apparente un peu à celle du sauteur en longueur. Celui-ci veut, à partir d'un point donné, la planche d'appel, sauter le plus loin possible en avant. Pour cela, il commence par partir... en arrière : il prend 30 ou 40 mètres de recul, parcourt le plus vite possible cette distance et, arrivé à la planche d'appel, il saute en avant emporté par son élan. Ainsi fait l'auteur d'apocalypse : il ne connaît pas plus que nous l'avenir ; il sait seulement que Dieu est fidèle, qu'il n'agira donc pas dans l'avenir autrement qu'il a agi dans le passé. Cet auteur vit à une époque donnée (vers 165 av. J-C. pour l'auteur du livre de Daniel) mais il fait semblant d'écrire plusieurs siècles plus tôt. L'auteur de Daniel feint de vivre en exil à Babylone entre 587 et 538; il parcourt à toute vitesse les 4 siècles qui le séparent de son époque, puis, arrivé à son temps, il saute en avant : il projette dans l 'avenir ce qu'il a découvert.

Tant qu'il parcourt l'histoire, il peut faire allusion à des faits précis (encore qu'il ne se préoccupe généralement pas d'exactitude historique); quand il envisage l'avenir, il ne peut parler qu'en images. Et souvent, il choisit les plus extraordinaires pour évoquer, dans une grande fresque aux couleurs vives, la réalisation du projet de Dieu.

Certaines de ces images obéissent à un certain code symbolique; les chiffres, par exemple, ont parfois une valeur symbolique et non pas numérique : 7 est le chiffre de la perfection et sa moitié, 3½, celui de l'imperfection, de la souffrance ou de la persécution ; ce dernier chiffre peut apparaître sous différentes formes, mais la valeur est la même : 3½ ou ''1 période + 2 périodes + 1/2 période'' ou ''3 ans et demi'' n'ont pas plus de durée que ''3 jours et demi'' ou ''1260 jours''.

Lumière sur la route
Dans notre vocabulaire, ''apocalypse'' est devenu synonyme de catastrophique, incompréhensible et donc de quelque chose de désespérant.

Or l'apocalypse est avant tout lumière, message d'espérance. Ce nom est le décalque du mot grec ''apo-calupsis'' qui signifie dé-voilement (''re-velatio'' en latin, d'où notre mot ''révélation''). On imagine l'histoire comme un cheminement dont le terme est caché par un voile; pour l'auteur d'apocalypse, Dieu est sensé écarter un peu ce voile laissant entrevoir quelque chose du terme qu'il cachait. C'est donc avant tout un peu de la lumière de la fin qui nous est accordée par avance pour nous éclairer sur notre route et, quand cette route est sombre ou tragique, cette lumière vient nous porter l'espérance.

© Service Biblique Evangile et Vie

Complément : REF:281 L'Apocalypse, une ''littérature subversive''
Un beau texte à lire : REF:240 La femme et le dragon

À lire :
''Intertestament'', Cahiers Évangile n° 14 (1975), p. 48-67
''Le livre de Daniel'', Cahiers Évangile n° 79 (1992)

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org