7 novembre: 32° dimanche ordinaire
 
 
"Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres"
 

• Première lecture : 1 Rois 17, 10-16 

Sur la terre d’Israël, comme dans les pays avoisinants, c’est un temps de sécheresse et donc de famine. Le prophète Élie a annoncé que Dieu n’accepterait de faire pleuvoir que lorsque le peuple se sera détourné de ses idoles. Élie fait partie des premières victimes de cette famine : le torrent dans lequel il s’abreuve habituellement est maintenant à sec ; aussi, se doit-ilde fuir à l’étranger, dans la ville de Sarepta (actuel Liban), pour quémander un peu de pain.
Seule, une pauvre femme  vient au-devant du prophète ; seuls les pauvres savent accueillir les pauvres ; ensemble, ils ont le courage et la force d’espérer que la bénédiction de Dieu ne manquera pas à ceux qui se confient en lui. Et c’est ainsi que cela se produisit : la jarre de farine ne fut point épuisée, le vase d’huile ne se vida point.
Par son action, le prophète Élie dénonce l’idolâtrie et annonce la fidélité de Dieu. Ces deux éléments (dénoncer et annoncer) sont la double composante de toutesparoles qui sortent de la bouche de Dieu.

• Psaume 145 

Ce psaume est une hymne à la royauté divine, à son emprise sur le monde : cette dernière se manifeste tout particulièrement dans le souci que Dieu porte envers les plus pauvres. C’est pourquoi il fait de cette préoccupation une exigence pour son peuple, un impératif pour ceux qui croient en lui ; comment peut-on aimer Dieu qu’on ne voit pas et ne pas prendre soin de son frère que l’on voit ? (cf. 1 Jn4).

• Évangile : Marc 12, 38-44 

Après avoir échangé sur l’esplanade du Temple avec les pharisiens, avec les hérodiens ainsi qu’avec les sadducéens, Jésus pose son regard sur la foule. Il ne parle plus en réaction ou en réponse à des questions, il dit comment il voit ce peuple de Dieu qui s’approche de son Seigneur pour célébrer et vivre l’alliance.La démarchela plus noble, la plus emblématique de ce que Dieu attend est manifeste dans le geste de cette femme veuve et indigente.
L’offrande dont il s’agit est une offrande dite volontaire : sous le roi Joas (cf. 2 R12, 5), un tronc avait été mis en place afin que le peuple puisse donner librement l’argent nécessaire pour les réparations et l’entretien du sanctuaire. Un dispositif a été prévu afin que cet argent soit bien employé pour le temple et ne termine pas dans la poche des prêtres ! Ainsi, ce que donne cette veuve n’est pas une nécessité pour un sacrifice spécifique, mais un don gratuit pour qu’Israël perpétue la célébration de son Dieu.
Avec cet Évangile, la question est posée : quel est le signe de la gratuité du don ?  Et la réponse est simple : sa totalité. C’est en donnant toutque l’on donne gratuitement. Ce regard extrêmement exigeant que pose Jésus sur le peuple, et sur toute l’humanité,correspond à sa propre attitude : en mourant sur la croix, il donne tout ; en se donnant, on donne tout.
Comme le prophète Elie qui dénonce et qui annonce, Jésus, par l’invective sur les pharisiens qui précède cette rencontre avec la veuve indigente, nous met face à une alternative : soit l’on se donne soi-même, soit l’on dévore les plus pauvres.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 9,24-28) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org