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"Rabbouni, que je retrouve la vue!"
 

Première lecture : Jérémie 31, 7-9 

À la fin du VII° siècle, alors que Jérémie était un jeune prophète, le roi Josias,profitant de la faiblesse des royaumes d’Égypte et d’Assyrie, réussit à conquérir militairement les territoires qui avaient été perdus un siècle plutôt lors la chute de Samarie, en -722. Ce qui pouvait n’être interprété que comme un événement ayant une portée militaire et politique est présenté par le prophète Jérémie comme un renouvellement de l’alliance avec les populations qui habitent sur la terre d’Israël.
La motivation théologique est simple : Dieu est un père pour Israël et il considère Éphraïm, autre nom que l’on donne à l’ancien royaume du Nord, comme son fils. Un tel renouvellement de l’alliance n’est possible que par un renouvellement du peuple : les guérisons de l’aveugle et du boiteux seront le signe de cette possibilité offerte afin de pouvoir prendre la route et d’habiter à nouveau la terre que Dieu promet.

• Psaume 125 (126), 1-5ab, 2cd-3, 4-5, 6 

Ce très beau poème chante la fidélité de Dieu qui a su faire revenir son peuple de captivité. Ainsi, rassembléà Sion, cet autre nom de Jérusalem, le peuple de Dieu peut chanter la joie d’être revenu de l’exil et d’avoir vécu ainsi un nouvel exode.
Et maintenant ? Les patients allers-retours du semeur et du moissonneur sont une image de l’expérience quotidienne de la fidélité de Dieu qui transforme nos exils en exodes.

• Évangile : Marc 10, 46b-52 

Dans cette histoire, Bartimée recouvre la vue, mais la conséquence, le fruit réel du miracle, c’est qu’il puisse marcher à la suite de Jésus.
Lors de cette rencontre, le Seigneur Jésus se présente tel un serviteur, comme il le fit aux fils de Zébédée dans l’Évangile proclamé la semaine dernière. À nouveau, il demande : Que veux-tu que je fasse pour toi ?
Comment cette rencontre a-t-elle pu avoir lieu : grâce à la foule et malgré la foule. Bartimée est aveugle, aussi il ne peut voir Jésus, seulement entendre la foule qui l’acclame : c’est grâce à la foule que l’aveugle connaît la présence de Jésus et qu’il peut l’appeler. Par la suite, la foule fait obstacle et lui demande de se taire. C’est alors Jésus qui donne l’ordre de faire venir cet homme jusqu’à lui.
Ainsi en est-il du rôle de l’Église dans notre vie : sans elle nous n’aurions jamais pu entendre parler de Jésus : c’est par l’Église que depuis deux mille ans, le nom de Jésus est proclamé par toute la terre et qu’il put ainsi parvenir à nos oreilles. Mais parfois, les disciples de Jésus ont porté contre- témoignage à celui qu’ils annoncent ; ils ont fait obstacle, ils nous ont empêchés de crier vers celui qui peut nous sauver.
Si aujourd’hui nous pouvons être face au Christ et qu’il peut nous dire à chacun : que veux-tu que je fasse pour toi ? c’est parce qu’il en a donné l’ordre à son Église et que celle-ci, par-delà ses fidélités et ses infidélités, a su nous faire entendre : courage, lève-toi, il t’appelle.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 5,1-6) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org