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« Le Fils de l'homme est venu donner sa vie en rançon pour la multitude »
 

• Première lecture : Isaïe 53, 10-11 

Avec ces quelques versets du livre d’Isaïe, nous avons la fin du fameux poème dit du Serviteur souffrant.
La question est de savoir qui est ce serviteur ? En effet, dans l’ensemble du livre d’Isaïe, très clairement, ce dernier est identifié à Israël, ce peuple que Dieu façonne et soutient (cf. Is 41, 8), ce peuple établi pour être la lumière de toutes les nations (cf. Is 42, 6). Selon cette interprétation, les souffrances qui broient le serviteur désignent l’expérience de l’exil, laquelle fut pour le peuple d’Israël comme une expérience de mort : il ne pouvait plus vivre l’alliance dans de telles conditions. Dans ce passage, le prophète appelle à comprendre cette expérience en la comparant, avec audace, à un sacrifice de réparation. Avec une telle comparaison, le prophète affirme que l’exil est un temps paradoxal qui conduira à ce que Dieu relève son peuple.
Jésus a lu ces lignes et il y entendit son Père l’appeler à faire de sa vie un sacrifice de réparation par lequel les multitudes obtiendront la justice (cf. l’Évangile de ce jour).

• Psaume 32 (33), 4-5, 18-19, 20. 22 

Si Jésus a pu répondre à l’appel qui lui fut adressé, c’est parce qu’il était également convaincu des affirmations de foi contenues dans ce psaume qu’il chanta et avec lequel il pria.
Il savait que la fidélité de son Père lui ferait traverser toutes les épreuves et qu’elle se déploierait dans sa vie comme dans sa mort avec autant de force que lui-même espérait en son Père.

• Évangile : Marc 10, 35-45

Il y a, en effet, quelque chose d’admirable dans la demande des fils de Zébédée. Ils affirment en effet sincèrement être prêts à mourir pour Jésus… Pourvu qu’ils aient la promesse d’être en sa présence dans la gloire de Dieu. Sans leur rien refuser explicitement, il n’est pas maître de cela, Jésus leur propose un autre chemin.
Jésus leur demande d’être prêts à mourir non pas pour lui, mais comme lui, c’est-à-dire en serviteur. Il est plus important de vive comme Jésus que de mourir pour lui. Pour Jésus, le don de soi ne peut être une stratégie afin d’obtenir une récompense. Le don de soi est un don ; y ajouter autre chose, c’est tricher.
Jésus fait de sa vie, de sa mort et de sa résurrection un service. Le serviteur est celui qui accepte d’être présent et qui demande : que veux-tu que je fasse pour toi ? C’est exactement par cette phrase que Jésus lui-même ouvre le dialogue avec Jacques et Jean. Il fera de même dans l’épisode suivant avec l’aveugle Bartimée.
Comment est-il possible de dire que la mort de Jésus puisse nous rendre service ? Si Jésus accepte qu’il puisse en être ainsi, c’est parce qu’il avait médité les prophètes à travers lesquels son Père lui parlait (cf. Première lecture). Pareillement, c’est en méditant ce texte d’Isaïe que les apôtres et la première communauté chrétienne purent comprendre que la mort de Jésus revêt une quelconque signification. Librement acceptée par Jésus lui-même, il est possible de dire, mais avec la prudence du respect, comme du bout des lèvres, qu’elle est un sacrifice de réparation et que par elle, il restaure l’humanité en la restituant à sa juste place. La mort de Jésus réduit à néant toutes les forces qui s’opposent à Dieu puisque, jusque dans la mort du Fils, le Père fut capable d’aller le chercher et de le relever, promesse d’un relèvement offert à tous.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 4,14-16) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org