10 octobre: 28° dimanche ordinaire
 
 
« Vends ce que tu as et suis-moi »
 

• Première lecture : Sagesse 7, 7-11

Quand les sages en Israël parlent de la Sagesse de Dieu, ils contemplent le savoir-faire de Dieu qui sait conduire sa créature jusqu’en sa présence pour le rendre saint comme lui seul est saint. Le Livre de la Sagesse est fictivement attribuée au roi Salomon : en effet, la sagesse est une prérogative royale, elle rend souverainement libre ; mais une telle faculté est offerte à tous ceux qui se lèvent de bon matin pour partir à sa recherche.
Dans le passage de ce jour, la Sagesse compte plus que richesse, santé et beauté parce qu’elle est lumineuse : être habité par cette sagesse de Dieu permet de découvrir que la vie nous est donnée et de savoir à notre tour comment se conduire pour grandir en sainteté. Celui qui aime la Sagesse aime Dieu et la vie, simultanément.

• Psaume 89, 12-13, 14-15, 16-17 

Ce psaume prolonge la prière de la première lecture de ce dimanche : avec ce texte, nous demandons à Dieu que nos cœurs soient pénétrés de la sagesse de Dieu. Cette dernière est caractérisée parce que notre Dieu revient vers nous.
Les prophètes invitent le peuple à revenir : revenir à l’écoute de la parole, à la pratique de la justice, revenir à l’alliance et à Dieu lui-même. Ici, c’est le Seigneur qui revient vers nous, alors que nous nous sommes détournés de lui. La Sagesse de Dieu est de faire le premier pas…

• Évangile : Marc 10, 17-30 

Voilà une personne qui se présente devant Jésus et semble disposée à apprendre de lui la sagesse qui permet d’obtenir la vie éternelle. L’homme est sincère lorsqu’il dit avoir pratiqué les commandements depuis sa jeunesse, et Jésus le reconnaît. Mais la vie éternelle n’est jamais acquise, jour après jour elle se reçoit. C’est pourquoi Jésus propose à cet homme de faire un pas de plus : si l’on n’avance pas vers la vie éternelle, on y échappe…
Parce que nous avons l’habitude de lire l’Évangile, nous sommes familiers des appels que Jésus nous adresse pour vivre une certaine pauvreté. Là où est ton trésor, là aussi est ton cœur… (Mt 6, 21).
Pour les contemporains de Jésus, de tels propos sont proprement inconcevables : la bénédiction de Dieu se manifeste également par une vie matérielle bonne et heureuse. Aussi, la proposition faite à cet homme qui depuis sa jeunesse s’efforce de vivre les commandements et de s’exposer ainsi à la bénédiction divine, une telle invitation ne peut que le déconcerter.
Pour Jésus, les richesses sont un obstacle à la vie éternelle, parce que nous finissons toujours par devenir ce que nous possédons. Par nos biens matériels, nous nous fabriquons nous-mêmes, ce qui est une forme d’idolâtrie. Peut-être pouvons-nous faire notre la remarque de Pierre : Et nous ? Nous avons tout quitté… Il y aurait une autre idolâtrie à penser que, par l’abandon de nos biens, nous ferions de nous ce qui correspond au cœur de Dieu. La vie éternelle ne peut se recevoir que de Dieu et s’il est possible d’en vivre dès ici-bas, il n’est pas possible de l’obtenir par notre vie d’aujourd’hui.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 4,12-13) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org