3 octobre: 27° dimanche ordinaire
 
 
« Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »
 

• Première lecture : Genèse 2, 18-24 

Après avoir interdit à Adam de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal (Gn 2, 17), Dieu prononce des paroles qui construisent sa créature dans son humanité :
•       Il n’est pas bon que l’homme soit seul.
•       L’homme quittera son père et sa mère…

Ainsi, par ces trois paroles, l’être humain est invité à ne pas tout manger, à ne pas être seul et à ne pas être seul avec lui- même. C’est donc dans l’altérité confiante qu’Adam accède à l’humanité. L’aide que Dieu envisage de lui donner doit être comprise en ce sens : ce n’est pas une auxiliaire de vie ! Cette aide est la personne qui va lui faire vis-à-vis et qui, dans ce face-à-face, offrira les conditions nécessaires pour que tous deux accèdent à plus d’humanité, à la parole par exemple ; n’est-ce pas face à la femme qu’Adam parle pour la première fois ?
L’altérité dont il est ici question n’est pas une religion en soi comme on la considère parfois ; elle est l’humble chemin, côte à côte, de ceux qui s’émerveillent de la présence de l’autre et rejettent la tentation de l’accaparer.

• Psaume 127, 1-2, 3, 4-6 

Certes, les images de ce psaume peuvent évoquer des situations humaines qui nous sont maintenant éloignées ! Elles disent le simple bonheur de la vie familiale, de la vie conjugale, dans le repas que l’on prend autour de la table et au cours duquel on se fait du pain les uns pour les autres.

• Évangile : Marc 10, 2-16 

À l’époque de Jésus, comme à la nôtre mais différemment, on débattait de la question du droit au divorce. L’évangéliste précise que la question posée par les pharisiens est une mise à l’épreuve pour Jésus : on ne cherche pas tant à savoir ce qu’il pense qu’à le prendre au piège. En effet, le lecteur de l’Évangile sait que, pour cette question, Jean le Baptiste avait pris position contre le roi Hérode qui avait lui-même répudié sa femme pour se marier avec celle de son frère Philippe (cf. Mc 6, 17-29) : ce fut le motif de son arrestation et une fois en prison, il se trouva le jouet des intrigues de cour qui conduisirent à sa décapitation.
Ainsi, en répondant à cette question, Jésus risque sa vie…
Alors à son tour, il réplique : il invite ses interlocuteurs à mettre leurs propres questions à l’épreuve de la Torah : que lisez-vous ? Qu’a écrit Moïse ?
Une simple lecture du texte du Deutéronome (Dt 24, 1-4) montre que l’interprétation qui en est faite devant Jésus est au moins inattentive, voire de mauvaise foi ! Moïse n’est pas en train d’autoriser la répudiation, il donne des indications simples : il faut rédiger un acte de répudiation, pour que cette pratique ne se fasse pas au détriment de la femme répudiée. Moïse ne permet pas de renvoyer sa femme, il invite à le faire le moins mal possible. La dureté du cœur en conclut que c’est donc permis…
Sur cette question, le regard de Jésus, comme souvent, nous invite à accueillir le commencement et ainsi à vivre le présent comme le commencement du Règne. Quelle humanité Dieu envisage-t-il ? Et quand les êtres humains n’arrivent pas à épouser le projet divin, quel regard porte-t-il sur eux ? Si le commencement c’est aujourd’hui, le Père regarde toujours ses enfants comme au premier jour, envisageant leur bonheur, sans dénombrer leurs faux pas, sans les dévisager de haut.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 2,9-11) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org