6 juin: Fête du Saint-Sacrement
 
 
"Ceci est mon corps, ceci est mon sang"
 

• Première lecture : Exode 24, 3-8 

Après avoir reçu le décalogue, ce pacte qui donne le contenu de l’alliance que Dieu offre à son peuple Israël, cette même alliance est maintenant scellée par un sacrifice. Le sang versé pour moitié sur l’autel et pour moitié sur le peuple, est un signe ambivalent. Il est d’abord une menace : les animaux immolés constituent un présage selon laquelle la vie est menacée si le peuple ne s’engage pas dans l’alliance et n’obéit pas aux commandements. Mais le sang est aussi une promesse : versé conjointement sur l’autel et sur le peuple, il signifie la communion établie entre Dieu et Israël.
Israël, par cette alliance, peut s’engager envers Dieu en lui disant : « nous ferons et nous écouterons » (littéralement). La mise en pratique des commandements ouvrira progressivement à l’intelligence de ce que Dieu demande à son peuple pour qu'il soit toujours disposé à accueillir la bénédiction promise.

• Psaume 115 

Comment dire merci au Seigneur pour la grâce de vivre l’alliance qu’il offre à son peuple ? Par un geste simple : prendre une coupe et rendre grâce. Prendre une coupe avec le vin mélangé de la joie et de l’amertume, le vin de nos existences quotidiennes que nous célébrons en famille ou entre amis. Par l’action de grâces, Dieu est invité à notre célébration ; aussi est-il possible de faire mémoire des bienfaits par lequel il réalise les promesses auxquelles il s’engagea par son alliance.

• Évangile : Marc 14, 12-16 ; 22-26 

Au dernier soir de sa vie, Jésus posa des gestes et prononça des paroles fondatrices pour la vie de ses disciples. Pourtant, cette fraction du pain et cette bénédiction de la coupe ne sont pas des gestes venus de nulle part. Il était ordinaire, au premier siècle, pour un Juif pieux de commencer le repas par cette fraction du pain accompagnée d’une bénédiction, pour le fruit de la terre et du travail des hommes. C’est celui qui préside le repas qui procède ainsi, donnant à chacun sa part et sa place autour de la table. Pour les jours de fête et veille de Sabbat, il procède de même avec une coupe de vin.
Tous les jours de sa vie, Jésus vécu cela. Comme on lui avait appris, ses gestes contribuent à faire du repas une liturgie dans l’attente du royaume de Dieu dans lequel, définitivement, chacun aura sa part et sa place. Cette annonce du royaume par les gestes les plus ordinaires qui soient est aussi une dénonciation de l’injustice des hommes qui ne sont pas capables de partager aujourd'hui et qui écartent l’étranger.
Au dernier soir de sa vie, ce qui est extraordinaire, ce ne sont pas tant les gestes de Jésus, cette fraction du pain et cette bénédiction de la coupe, ce sont les paroles qui les accompagnent. Comme dans le psaume que nous chantions la semaine dernière, il dit et cela est. Il accompagne les gestes de paroles qui se réalisent : il est tout entier donné dans le geste qu’il a accompli, ces paroles l’attestent.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 9, 11-15) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org