14 mars: 4° dimanche de Carême
 
 
"Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé"
 

• Première lecture : 2 Chroniques 36, 14-25 
Ce passage est le dernier texte de la Bible hébraïque. Ainsi, se termine-t-elle par un appel à monter à Jérusalem, pour y vivre dans l’Alliance et louer Dieu.
Ce texte contient également une réflexion sur le temps que dura l’exil : 70 ans environ soit, selon notre texte, le nombre des jours de sabbat qui n’ont pas été respectés depuis l’époque de Josué jusqu’à la chute de Jérusalem. Il ne sert à rien de faire le compte des années, des semaines et donc des sabbats pour vérifier cette correspondance. Il s’agit d’un nombre symbolique pour interpréter un commandement du sabbat et de l’année sabbatique : si vous ne vous donnez pas le temps du repos en Dieu, si vous ne donnez pas à la terre le temps de ce repos sabbatique, alors elle le réclamera (Lv 26, 33-34).
N’est-ce pas une piste pour relire le temps du confinement que nous avons vécu il y a un an maintenant ?

• Psaume 136 (137) 
Même en terre étrangère, la force du peuple d’Israël est et a toujours été de se souvenir de Jérusalem ; quoi qu’il en coûte. Cet attachement à la ville sainte fait que même résidant dans une ville de culture raffinée, Babylone, on préfère ne pas chanter, ne pas se réjouir si l’on ne peut se réjouir de la splendeur de Jérusalem.
Les esclaves noirs américains sur les bords du Mississippi, reconnurent dans ce psaume un chant d’espérance et de délivrance et nous apprirent à chanter en anglais : on the River of Babylon !

• Évangile : Jean 3, 14-21 
Une fois encore durant ce carême, la liturgie nous propose de proclamer un texte qui résume en quelques phrases ce qui est au cœur de notre foi : Dieu a envoyé son fils dans le monde non pas pour juger le monde mais que pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Croire revient donc à accueillir le salut qui nous est proposé. Ce salut est la possibilité de vivre la vie éternelle. Ainsi, la foi est-elle au service de la vie, du bonheur de vivre, de vivre la vie éternelle, dès maintenant.
Que veut donc dire : celui qui ne croit pas est déjà jugé ? Le texte ne peut nullement désigner ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus : au dernier jour, il se présentera, à eux comme à nous, pour introduire la multitude dans le royaume du Père.
Cette phrase, rude, prend en compte ceux qui auront refusé de croire ; qui n’auront pas accepté d’être aimé de la sorte, comme Jésus nous a aimés, livrant sa vie entre nos mains. Ceux-là sont déjà jugés parce qu’aujourd’hui ils ne peuvent pas vivre, par avance et par grâce, cet avant-goût de la vie éternelle qui caractérise la vie des baptisés.
Mais, quand le Seigneur reviendra qu’en sera-t-il ? C’est lui, Jésus-Christ, qui juge, nous n’avons pas le droit d’en décider, ni non plus de désespérer de son amour qui au dernier moment aura encore la force de l’emporter sur les peurs et les résistances, les nôtres comme celles de ceux qui l’auront jusque-là refusé.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Éphésiens 2,4-10 ) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org