7 mars: 3° dimanche de Carême
 
 
"Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai"
 

• Première lecture : Exode 20 
Pour établir son peuple dans l’alliance, le Seigneur pose dix paroles qui donnent le cadre dans lequel la relation entre Dieu et son peuple pourra s’établir comme une bénédiction sur Israël. Dans le récit de la Genèse (Gn 1), à dix reprises, Dieu prend la parole et dit : « Que soit… ». Les dix paroles de l’alliance, le décalogue que nous entendons ce jour, sont la réplique dans l’histoire humaine des dix paroles créatrices qui fondent le ciel et la terre sous le regard de Dieu.
Au début de ce texte, le Seigneur se présente : « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ». Tout le reste dépend de cela ! Les commandements qui suivent cette présentation de Dieu à son peuple sont la conséquence de cette manifestation de Dieu dans la vie d’Israël. Ne pas tuer, ne pas voler, honorer son père et sa mère, respecter le sabbat, ne pas faire d’idoles, chacune de ces paroles correspond aux exigences qui permettent de cheminer avec le Seigneur qui fit sortir de la maison d’esclavage.

• Psaume 18B (19) 
Ce psaume est la réponse amoureuse du peuple de Dieu au don de la loi : celle-ci est parfaite, elle donne la vie, elle clarifie le regard…
Le terme que nous traduisons par loi est un mot connu : la Torah. Ce mot signifie plutôt l’enseignement que la loi. Dieu enseigne à son peuple comment il lui faut vivre pour rester dans l’alliance et accueillir ainsi la bénédiction.
Étymologiquement ce terme Torah vient du verbe instruire, donner la direction… Par ces dix petites paroles toutes simples, Dieu donne la direction à suivre pour marcher avec lui.

• Évangile : Jean 2, 13-25 
Comment comprendre les miracles de Jésus comme des signes, c’est-à-dire comme l’expression de ce qu’il est ? En effet, l’évangéliste Jean n’emploie jamais le mot miracle mais toujours celui de signe. Les gestes que posent Jésus expriment quelque chose, ils signifient quelque chose.
Le texte de ce jour nous montre ce que Jésus signifie par sa parole et par ses actes : rien d’autre que son corps. Ainsi, après la multiplication des pains, dans le discours qui suit, Jésus se présente comme le pain de vie (Jn 6). À l’occasion de la résurrection de Lazare, il déclare être la résurrection et la vie (Jn 10). Après avoir dit être la lumière du monde, il rend la vue à l’aveugle de naissance (Jn 9).
L’exemple des marchands chassés du Temple est une occasion saisie par Jean pour nous apprendre à faire ce passage qui va du geste de Jésus à ce qu’il est pour nous. Il explicite à deux reprises comment les disciples de Jésus firent eux-mêmes une telle démarche : après la résurrection, ils se souviennent des paroles de Jésus et des Écritures. Il y a donc là comme un trépied sur lequel s’appuyer pour avancer dans la connaissance de Jésus.
Le disciple qui veut mieux connaître le Fils que Dieu a envoyé doit tenir en son cœur ces trois éléments pour qu’ils produisent du sens par leur mise ensemble. Telle un promeneur en forêt qui cueille au passage des feuilles d’essences différentes et les frotte au creux de ses mains ; elles libèrent ainsi leurs parfums qui se mélangent les uns aux autres. Le croyant sur sa route tient en son cœur le souvenir des paroles de Jésus, remises en perspective avec les promesses de vie que le Père mit dans la bouche des prophètes, à la lumière de la résurrection de Jésus, gage absolu de sa venue pour la vie du monde. Avec ces trois éléments, tenus fermement ensemble, émane le parfum de la vie éternelle à laquelle chacun est promis.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 1,22-25 ) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org