28 février: 2° dimanche de Carême
 
 
"Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le!"
 

• Première lecture : Gn 22, 1… 18 
Ce texte est peut-être aussi connu que choquant ! Les nombreuses coupes faites pour la lecture de ce jour ne permettent pas d’en donner une explication précise. La tradition juive est cependant précieuse pour décaler notre regard sur cet épisode qu’ils appellent la ligature d’Isaac : si nous voyons d’abord l’obéissance d’Abraham dans le fait qu’il accepte de lever le couteau sur son fils, nos frères juifs considèrent que l’obéissance d’Abraham réside surtout dans le fait de l’avoir reposé !
Abraham agit comme un prophète parce que, dans cette épreuve, cet espace pour éprouver la fidélité, il accepte de ne pas comprendre ce que Dieu lui demande et il laisse la parole divine élucider le sens de tout cela. Ainsi, Isaac n’est pas le fils qu’il doit offrir à Dieu mais celui qu’il reçoit de Dieu ; c’est pourquoi Abraham est invité à sacrifier sa propre paternité représentée sous la forme symbolique du bélier.

• Psaume 115 
Qu’est-ce que Dieu attend de nous ? Que nous le remercions… Ou selon le langage du psalmiste : que nous offrions le sacrifice d’action de grâces. Si parfois nous doutons de nous-mêmes et de notre capacité à être vrai devant Dieu (cf. Tout homme n’est que mensonge !), le simple Merci qui caractérise l’action de grâces établit la vérité de la relation entre nous et Dieu. Notre Dieu est le Dieu qui donne avec surabondance.

• Évangile : Marc 9, 2-10 
Voir Dieu ! Voir Dieu dans sa splendeur ! Cela serait si simple ! C’est l’expérience que firent Pierre, Jacques et Jean sur une haute montagne. Ils n’ont pas vu le Christ seul mais accompagné de Moïse et Élie, puis ils furent recouverts de la nuée, avant d’entendre la voix du Père. En nous racontant leur expérience, les évangélistes nous offrent, entre autres choses, une leçon de spiritualité : comment nous est-il possible d’être en communion avec Dieu ? La leçon tient en trois temps :
1.   Avoir les yeux fixés sur la personne de Jésus. Quel que soit le moyen que nous prenons, ce qui fait que notre prière est chrétienne c’est justement cette attention accordée à la personne du Seigneur Jésus.
2.   Accueillir les Écritures qui tout entières nous parlent du Fils. Elles nous sont indispensables pour avoir les yeux fixés sur Jésus parce qu’elles furent lues par Jésus lui-même, parce qu’il apprit de Moïse et d’Elie que la volonté de son père consiste à ce qu’il livre sa vie aux mains des hommes, jusqu’à la mort et que le troisième jour il sera relevé. La lecture de la Bible nous fait entrer dans ce secret, le secret de Jésus. Comme le dit Saint Jérôme : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ ».
3.   Laisser venir la nuée ; elle est une image de l’Esprit Saint. Regarder Jésus tel qu’il est, dans l’obéissance à son Père, permet de recevoir l’Esprit qui l’unit à son Père et le relève d’entre les morts.

Si le temps du carême comporte l’exigence d’essayer d’en faire un peu plus (prière, jeûne, partage), il est aussi, et peut-être surtout, l’occasion de vérifier comment nous nous appuyions sur la prière du Christ. Comment lui faisons-nous confiance pour être lavés de tout soupçon, de toute accusation (cf. la deuxième lecture) pour avoir le droit, la grâce, d’être avec lui sous le regard du Père ?




On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 8, 31-34) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org