10 janvier: Baptême du Christ
 
 
"Tu es mon Fils bien-aimé; en toi, je trouve ma joie!"
 

• Première lecture: Isaïe 55, 1-11 
Ce poème du livre d’Isaïe, fréquemment entendu dans nos liturgies dominicales, offre une image simple pour décrire l’efficacité de la parole de Dieu : celle de la pluie et de la neige tombant comme une bénédiction sur la terre et les semailles. C’est donc un mouvement descendant puis ascendant qui est ainsi évoqué, décrit. On voit bien ce que signifie que la parole de Dieu tombe du ciel, mais qu’est-ce à dire que la parole de Dieu puisse remonter vers le ciel ? Rien de plus que notre prière filiale laquelle puise dans la parole de Dieu pour y apprendre comment s’adresser à notre Père. Lorsque l’on récite la prière que le Seigneur nous enseignât alors la parole de Dieu a porté son fruit et remonte vers le Père.

• Psaume: Cantique d’Isaïe 12 
Il est grand au milieu de toi, le saint d’Israël ! Ce champ de louange, placé au cœur du livre d’Isaïe, vient nourrir notre prière en ce jour de la fête du baptême du Seigneur Jésus : le récit que nous entendons est une véritable manifestation de la sainteté de Dieu. En effet, la voix du Père révèle le Fils, et l’Esprit, sous forme de colombe, manifeste leur unité. Cette épiphanie trinitaire suscite la louange : il est grand au milieu de toi, le saint d’Israël !

• Évangile: Marc 1, 6-12 
Jésus est devenu un disciple de Jean-Baptiste. Il séjourne à ses côtés, écoute son message et côtoie ses disciples. On ne sait rien de ce qui le conduisit à prendre une telle décision, à fermer l’atelier familial, à embrasser sa mère et à partir rejoindre les bords du Jourdain.
Au cours de ce séjour, il répond à l’invitation de Jean à se laisser immerger dans le Jourdain, comme on entre en terre promise, s’engageant à y porter du fruit de justice.
Au moment où Jesus fait ce geste, les cieux se déchirent. À cette époque, on disait que les cieux étaient fermés. Expression négative pour dire, avec la même image que celle entendue dans la première lecture, que Dieu ne parle plus… Depuis le dernier des prophètes, Malachie, le seul moyen d’entendre la parole de Dieu est l’étude de la Torah. Les sages excellent pour l’interpréter et ainsi permettre au peuple d’Israël d’appliquer les commandements divins.
Quand Jésus est immergé au fond du Jourdain, alors que le Père révèle le Fils, les cieux se déchirent. Dieu nous parle à nouveau… Il nous fit quelque chose de définitif que l’évangéliste Marc propose de nous faire découvrir par l’ensemble de son récit !
Nous avons là comme une prophétie de toute la vie de Jésus. Chaque rencontre que fit Jésus de Nazareth sur les routes de Galilée ou dans les ruelles de Jérusalem peut être ainsi résumée : descendre au profond de l’humanité, au cœur de ses ténèbres, pour que par sa seule présence le ciel se déchire et qu’ainsi ceux qui sont autour de lui aient accès à cette parole du Père qui le fait vivre : tu es mon Fils, sur toi repose mon amour.
Un détail géographique est éloquent, même si Jean-Baptiste et ses contemporains n’en avaient nullement conscience. Lorsqu'il se jette dans la mer Morte, le Jourdain est à -400 m d’altitude. C’est le point le plus bas du monde. Quand Jésus est immergé il est l’homme le plus bas du monde, quand il sort de l’eau, prémices de sa résurrection, il porte par en dessous toute l’humanité, il la soulève et la conduit vers le Père.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Jean 5,1-9) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année B 2020-2021). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org