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"Tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup"
 

• Première lecture : Proverbes 31, 10-13. 19-20. 30-31 

Voilà un texte qui peut, qui doit (?), choquer les oreilles contemporaines. Il semble sortir tout droit d’une emprise patriarcale sur les femmes. De fait, ce texte est marqué par la culture qui le produisit ; mais il ne peut se limiter à cela.
Dans le livre des Proverbes, la figure féminine occupe une grande place. En effet, la Sagesse de Dieu, sans laquelle aucun humain ne peut savoir vivre, cette sagesse est décrite sous des traits féminins (Pr 8, 21-32). Ainsi tout le prologue de ce livre met-il le lecteur devant une alternative : choisir la voie de la sagesse ou celle de dame folie.
Entre ces deux figures, il y a la réalité concrète ; aussi à la toute fin du livre, dans le passage qui nous est donné ce jour, il ne s’agit d’aucune figure idéalisée mais d’une personne concrète, assumant les responsabilités qui sont les siennes. La sagesse n’est pas spéculation ; elle est art de vivre, l’art de s’immerger dans l’histoire pour servir la croissance de l’humanité.

• Psaume 127, 1-2, 3, 4-5 

Ce psaume chante la bénédiction de la vie familiale et de la table commune. Dans la droite ligne du texte précédent, avec les mêmes décalages culturels, la sagesse de vivre est ici dépeinte comme l’art de dresser la table et d’y rassembler les siens.

• Évangile : Matthieu 25, 14-30 

Cette parabole des talents est la deuxième des trois paraboles par laquelle Jésus conclue son enseignement. La première, entendue la semaine dernière, interrogeait notre espérance, celle-ci interroge notre foi.
De nombreuses choses surprennent, principalement la sévérité du jugement qui tombe sur le troisième serviteur qui n’a pourtant rien de fait de mal. Un premier élément de réponse vient en observant qu’il est jugé non pas sur ce qu’il a fait ou pas fait, mais sur ce qu’il a dit de son maître. Force est de constater l’incohérence de ce troisième serviteur : il aurait dû, selon ses dires, mettre l’argent à la banque et non l’enterrer.
Ainsi, dans cette parabole, Jésus nous questionne effectivement sur ce que nous avons fait de nos talents, mais ceux-ci n’ont pour lui rien à voir avec une quelconque compétence artistique ou sociale. La compétence que nous avons est d’entendre la parole de Dieu et par elle de pouvoir connaître Dieu.
Par cette parabole, Jésus redit que nous sommes doués pour Dieu, que nous avons du talent pour l’Alliance et que nous serons jugés sur ce que nous aurons fait d’un tel talent, d’une telle possibilité ainsi offerte.
Pour Mathieu le maître parti en voyage et qui revient n’est autre que le Christ lui-même dont nous attendons le retour (cf. deuxième lecture). Les talents qu’il nous laisse pour vivre l’Alliance redoublent dans la fidélité avec laquelle nous les recevons. Ils permettent de faire grandir et fructifier en nous la connaissance de Dieu qui nous est donnée de découvrir grâce à Jésus. Grâce à ces talents, le temps de l’absence n’est pas un temps d’abandon mais un temps durant lequel est offerte la possibilité d’éprouver le désir de la rencontre avec le Seigneur Jésus.Ce qui, la semaine dernière, nous était dit avec la parabole dans laquelle l’huile de l’espérance ne pouvait être communiquée au moment ultime est maintenant rééquilibré par les talents de la foi que nous pouvons faire fructifier et échanger pour nous préparer à la rencontre et la désirer.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Thessaloniciens 5,1-6) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org