1° novembre: Solennité de la Toussaint
 
 
"Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux!"
 

• Première lecture : Apocalypse 7, 2-4. 9-14 

Ce que l’Esprit révèle à l’apôtre Jean conduit l’apôtre à voir la multitude de ceux qui sont sauvés. Dans ce texte, la question est posée de leur identité. Cette dernière est dévoilée à Jean dans un dialogue avec l’un des vingt-quatre anciens. Ceux-ci ont été présentés un peu en avant dans le texte (Ap 4) et leur identification laisse place à de nombreuses interprétations. Pour le passage de ce jour, il est juste utile de retenir que c’est l’un d’entre eux uniquement qui parle avec Jean, comme le ferait un aîné dans la foi.
En cette fête de la Toussaint, la liturgie nous propose d’interpréter cette figure comme un des saints que nous affectionnons, et nous avons le droit d’en aimer plusieurs. Seulement la liste varie pour chacun d’entre nous. Il est bon en effet, de savoir dans la lumière de Dieu nos frères aînés dont les paroles ou les actions nous permettent de nous sentir quelques affinités avec lui. Chacun à leur manière, ils nous apprennent que c’est par le sang versé de Jésus, l’Agneau de Dieu qui porte le péché du monde, que nous avons accès à la lumière et au règne de Dieu.

• Psaume 23 : 1-2, 3-4ab, 5-6 

La question de savoir qui peut tenir en présence de Dieu est ancienne. En Israël, elle était posée notamment dans ce Ps 23 dans lequel concrètement il s’agit de savoir ce qui est requis pour venir au Temple louer le Seigneur : cœur pur, mains innocentes, parole fiable. Un tour de main pour partager, un tour de cœur pour écouter, un tour de mot pour rendre grâces.

• Évangile : Matthieu 5, 1-12a 

Une des joies de la fête de la Toussaint est la proclamation de cet Évangile. Bonheur et sainteté ne sont pas étrangers l’un à l’autre comme on pourrait parfois l’estimer, mais au contraire ils sont bien mystérieusement associés.
Tel que Matthieu nous le présente, l’enseignement de Jésus commence par une proclamation du bonheur. Neuf fois, trois fois trois, Jésus déclare heureux les personnes qui sont présentes devant lui, les foules qui écoutent son enseignement, c’est-à-dire nous aussi aujourd’hui encore. Sous les yeux de Jésus, des personnes endeuillées, d’autres victimes d’injustice, d’autres dont l’existence est paisible peut-être jusqu’à l’ordinaire. Tout cela se voit au regard, aux poings serrés, au regard…

Et nous ? Quelle est la béatitude qu’il nous est bon d’entendre aujourd’hui ? Celle que Jésus nous adresse ?
Attention, il ne faut pas s’y méprendre ! Le bonheur que Jésus déclare n’est pas de pleurer ou d’être pauvre : le bonheur repose dans le fait que Dieu va s’occuper de nous ! Ainsi les béatitudes ne nous disent pas qu’il faut pleurer maintenant pour nous réjouir plus tard. Elles nous disent que même dans les larmes, nous pouvons nous mettre en marche vers le bonheur du règne, pour cette seule raison que Jésus aujourd’hui s’engage pour notre consolation.
En proclamant les béatitudes, Jésus se présente à nous comme consolateur. Il s’engage pour nous consoler ; il ira jusqu’à pleurer devant la tombe de Lazare, devant la ville qui ne l’accueille pas. C’est dans les larmes de Jésus que nous sommes aujourd’hui consolés.
Consoler. Quel mot étrange. Étymologiquement être seul avec… Ce qui n’est pas possible. Enfermés dans nos larmes, nous éprouvons la solitude. Pour nous mettre en marche vers la consolation définitive, Jésus commence par pleurer avec nous.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Jean 3,1-3) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org