11 octobre: 28° dimanche ordinaire
 
 
"Tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce"
 

• Première lecture : Isaïe 25, 6-10a 

Déjà au temps où fut rédigé le livre du prophète Isaïe, au IV° siècle probablement, l’espérance d’Israël s’exprime en termes de banquet et de repas festif et succulent. Cette image se trouve reprise en plusieurs endroits dans la Bible et se célèbre humblement par chacun de nos eucharisties.
Ce festin est le signe d’une vie pleine ; deux phrases imagées le disent clairement : Il fera disparaître le voile de deuil… Il fera disparaître la mort pour toujours. Cette plénitude de vie est un engloutissement de la mort.
L’œuvre de Dieu ira jusque-là… Ce que nous appelons la résurrection et qu’Isaïe ne nomme pas encore ainsi, n’est pas seulement une autre existence par-delà mort. C’est une vie sur laquelle la mort n’aura plus jamais prise ; cette dernière n’envahira plus nos pensées. Ainsi, elle ne pourra plus nous faire peur ni nous détourner de la joie de goûter la vie comme un don de Dieu.

• Psaume 22 (23) 

Ce psaume fort connu, parfois appeler psaume du berger, reprend la même image que le livre d’Isaïe : Tu prépares la table pour moi… Ce poème insiste davantage sur l’accompagnement de Dieu, qui guide, réconforte et rassure afin que son peuple puisse rejoindre cette table apprêtée. Et même si pour y parvenir il faut traverser les ravins de la mort, ou plus littéralement les ombres de la mort, nous savons que nous n’avons rien à craindre : Dieu a déjà tant fait qu’il ne peut pas ne pas faire bien davantage !

• Évangile : Mt 22, 1-14 

Comme dans la première lecture, il est question d’un banquet mais cette fois-ci d’un banquet de noces. Pour une telle occasion, le souverain qui célèbre les noces de son fils veut que tous y participent. En tant pis pour ceux qui refusent de venir ! La violence surprend l’auditeur de Jésus. Elle le prépare un étonnement plus grand, par effet de contraste, dans la deuxième partie de l’histoire : pourquoi cet homme est-il chassé du banquet de noces ?
Il n’a pas de vêtement : sûrement dans l’univers symbolique de Matthieu, s’agit-il du vêtement de la justice dont il est fait mention en Is 61, texte si important dans la prédication de Jésus. À la gratuité de l’invitation au banquet doit correspondre un engagement pour la justice ; cette dernière n’est autre l’accomplissement de la volonté du Père, exprimée dans la Loi et les prophètes, pour que tous puissent vivre de cette invitation.
Le plus étonnant réside peut-être dans le silence de cet homme. Devant le roi qui l’invite aux noces de son fils, il n’a rien à dire. Pas même pardon, ou mieux merci, ce qui eût été la moindre justice.
Cette histoire est l’histoire de Jésus le Fils que le Père veut voir épouser notre humanité pour qu’en retour nous épousions sa condition filiale.
Cette histoire est notre histoire : nous avons été appelés à participer à ce banquet de vie éternelle (cf. première lecture) qu’en est-il de notre réponse ? De notre enthousiasme ? De notre désir de transmettre à d’autres une telle invitation ?
Ne nous arrive-t-il pas de penser que la gratuité d’une telle proposition nous dispense de toute exigence ? De toute reconnaissance ?
Après la parabole des vignerons homicides que nous avons entendue la semaine dernière, nous pourrions nous contenter de commenter en nous réjouissant que Jésus ait encore une fois pris le dessus sur ses opposants. Une telle lecture nous laisserait à l’extérieur du récit. La parabole de ce dimanche, nous implique dans l’accueil des gestes et des paroles de Jésus. Rien ne sert de reconnaître l’autorité de Jésus si l’on ne s’engage soi-même par la justice.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Philippiens 4,12...20) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org