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"Il louera la vigne à d'autres vignerons"
 

• Première lecture : Isaïe 5, 1-7 

Généralement les paraboles se terminent par une question ; c’est bien le cas ici : qu’auriez-vous fait d’une telle vigne ? Ne l’auriez-vous pas arrachée ?
Mais pourquoi Dieu est-il déçu de la vigne ? Parce qu’elle ne porte pas de beaux fruits : fruits de justice et de paix, fruit d’action de grâces et de louange. Le seul cri parvenant à ses oreilles, c’est le cri des malheureux.
L’interrogation de fin de la parabole permet au lecteur d’entre dans le jugement que Dieu prononce. Ainsi, la parabole donne aux habitants de Jérusalem de comprendre les critères par lesquels Dieu juge son peuple. Elle permet une prise de conscience et rend la conversion possible.
Ce poème invite également à se mettre à l’écoute des cris des malheureux. En effet, la suite du chapitre propose d’entendre ces lamentations : suivent six oracles commençant par Malheur qui permettent au lecteur d’entendre et de voir ce que Dieu perçoit de son peuple.

• Psaume 79 (80), 9.12, 13-14, 15-16a, 19-20 

Le texte d’Isaïe eût une grande postérité dans la conscience que le peuple d’Israël eût de lui-même. Ce psaume en est un signe : le peuple de l’Alliance est la vigne que le Seigneur prit à l’Égypte et qu’il replantant en chassant les nations du pays de Canaan.
La vigne est le symbole d’Israël parce que la vigne est un symbole d’Alliance. Pour porter du fruit, elle exige d’abord la bénédiction sans laquelle rien ne pousse ni ne fructifie. Elle requiert tout autant la sagesse du vigneron qui la taille et l’émonde afin que la sève se concentre et qu’ainsi la liane devienne un cep, le cep porte des sarments, et que les sarments offrent leurs fruits. Cette alliance de la bénédiction de Dieu et de la sagesse humaine est une image de l’Alliance entre Dieu et son peuple, une image d’Israël lui-même.

• Évangile : Matthieu 21, 33-43 

Dans cette parabole fort connue, Jésus reprend cette métaphore qui identifie Israël à une vigne. Mais ici, il n’est nullement question d’arracher la vigne mais de la confier à d’autres ouvriers ! En effet, si la vigne ne rapporte pas de fruits ce n’est pas qu’elle est improductive mais que les ouvriers en détournent le produit, et avec violence !
Les auditeurs de Jésus acquiescent à ce jugement : Ces misérables, il les fera périr misérablement… Et ils comprennent bien que c’est d’eux dont leur parle Jésus.
C’est bien eux que Jésus a mis en cause en chassant les marchands du Temple… Mais Jésus ne se content pas de dénoncer l’incurie des responsables religieux du peuple, il annonce la merveille de Dieu qui sera capable d’aller, malgré tout, au bout de son entreprise.
À bien relire cette parabole, elle nous raconte également l’histoire de Jésus : n’est-il pas le Fils, venu après les prophètes, ces serviteurs maltraités et martyrisés ? En effet, pour réaliser la merveille du Père, Jésus est mis à mort, en dehors de la ville. Il permet ainsi à la parole des prophètes d’être accomplie et de porter le fruit que le Père attend et espère quand il installa son peuple Israël au milieu des nations païennes.
Cette histoire est pareillement notre histoire : chacun de nous porte cette violence, qui peut aller jusqu’à être homicide et qui nous pousse à ne pas rendre à Dieu la justice, l’unité et la paix que Dieu espère voir caractériser les relations humaines. La mort et la résurrection de Jésus accomplissent la merveille d’une humanité renouvelée, enfin advenue. Mais le mystère pascal présente simultanément le portrait de l’humanité défigurée par la désobéissance à la parole, par le péché.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Philippiens 4,6-9) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org