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"Je suis doux et humble de coeur"
 

• Première lecture : Zacharie 9, 9-10
En 333 avant Jésus-Christ, Alexandre le Grand traversa la terre d’Israël de part en part comme on prend possession de son jardin, se rendant en Egypte pour y fonder la ville qui porte depuis son nom : Alexandrie. Avec force de faste et de puissance, il manifestait ainsi ses prétentions dominatrices.
Dans ce contexte, le prophète Zacharie écrit pour que le peuple de Dieu reste convaincu de la seigneurie du Très Haut, contrairement aux apparences. La force de Dieu consiste à briser toutes puissances humaines en révélant leur inanité. Aussi choisit-il de se manifester par les humbles symboles du pouvoir du roi David : non pas les chars et les chevaux, non pas les palanquins et les parades, mais un messie monté sur âne.
Les évangélistes nous présentent cet oracle accompli par l’entrée de Jésus à Jérusalem, mais les paroles de Zacharie portent encore en elles leur lot de surprise pour la venue inattendue du Messie qui défera toutes nos défenses.

• Psaume 144
Un psaume pour acclamer le règne de Dieu, son empire, son emprise, sur le monde. Ce psaume de victoire n’est pas en contradiction avec la première lecture. Il nous oblige à entrer plus avant dans le paradoxe de la souveraineté divine qui se manifeste sous d’humbles signes ; plus ceux-ci sont ténus, plus la puissance de Dieu n'en est que plus éclatante.
Pour vous en convaincre, invoquez le Seigneur et vous éprouverez sa douce présence dans la seule certitude qu’il vous écoute.

• Évangile : Matthieu 11, 25-30
Dans ce chapitre onzième de l’Évangile selon saint Mathieu, nous sont présentées différentes réactions suscitées par la présence et le message de Jésus : celle de Jean-Baptiste, celle des pharisiens. Dans ces courts versets fort connus, Jésus dit comme il aspire à être connu et compris.
Le premier élément essentiel est de comprendre la relation qu’il vit avec le Père. C’est un fait historique que Jésus de Nazareth comprenait son existence comme celle d’un Fils du Père éternel. Nul n’est obligé de le croire sur ce point, mais on ne peut nier que Jésus vécut ainsi. La foi en la résurrection est, entre autres choses, l’accueil de l’attestation du Père qui nous dit : Celui est mon Fils bien-aimé, aujourd’hui je l’ai engendré.
Le second élément pour entrer dans la connaissance de Jésus c’est la simplicité et la quête du repos. Pour le dire il choisit une image connue dans le langage rabbinique où le joug est l’interprétation de la Loi : celui de Jésus est léger et facile à porter. Pour comprendre Jésus, il faut accepter la simplicité de son enseignement qui, même s’il s’avère exigeant, ne demande aucune complication en tout genre.
Ces deux éléments sont liés, car voir en Jésus quelqu’un qui agirait selon son propre gré sans obéir à la volonté de son Père reviendrait à en faire un maître tyrannique au joug encombrant. C’est par l’humble obéissance à la volonté du Père que Jésus allège notre fardeau et nous porte jusqu’en son règne.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 8,9...13) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org