14 juin: Solennité du Corps et Sang du Christ
 
 
"Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson"
 

• 1° lecture : Dt 8, 2-3.14b-16a :
Le livre du Deutéronome est écrit pour engager le peuple dans une réforme, dans une fidélité renouvelée à la loi et à l’alliance. C’est sous le roi Josias, au VII° siècle, que ce mouvement fut inauguré. Il est profondément optimiste : la fidélité envers Dieu nous expose à sa bénédiction.
Dans cette partie du livre, il s’agit de rappeler ce que fit le Seigneur pour son peuple Israël afin que ce dernier prenne conscience que l’alliance est une question de vie ou de mort. Sans l’œuvre de Dieu qui fait alliance avec Israël, Israël ne serait pas.
La route d’Israël à travers le désert, traversa le pays des serpents et des scorpions, pays donc où la vie se retourne contre elle-même. Ainsi, l’œuvre de Dieu consiste à ouvrir : ouvrir la route, ouvrir la marche, ouvrir l’avenir, pour que la vie soit ouverte sur l’Auteur de la vie et non plus sur la mort qui se replie sur elle-même, tel le serpent qui se mord la queue ou le scorpion qui se pique lui-même.

• Psaume 147 (147 B), 12-13, 14-15, 19-20 :
Dans ce psaume, comme dans la première lecture Dieu se présente à nous comme celui qui donne le pain. Ici, c’est la ville de Jérusalem, personnification du peuple, qui est rassasiée par ce pain blanc. Le Seigneur espère voir sa loi mise en pratique par ce peuple qu’il rassasie, pour qu’il ait la force d’obéir aux commandements.

• Évangile : Jean 6, 51-58 :
L’Évangile selon saint Jean ne nous rapporte pas les paroles de Jésus sur le pain et sur la coupe par lesquelles il instaura l’eucharistie lors de son dernier repas, juste avant son arrestation. Par contre, il nous offre un long discours de Jésus sur le pain de vie, prononcé juste après le miracle de la multiplication des pains.
Dans ce contexte, la chair du Christ est dite vraie nourriture, son sang est dit vraie boisson. Quelle est la portée de cet adjectif vrai ? En sens contraire, qu’est-ce qu’une nourriture ou une boisson qui ne seraient pas vraies ? Est-ce à dire que nos repas ordinaires ne nous nourrissent pas vraiment, pas réellement ?
Dans l’Évangile de Jean, la vérité est une notion extrêmement précise qui renvoie toujours à la personne de Jésus dans sa relation au Père : « qui me voit, voit le Père » (Jn 14, 9). Aussi, semble-t-il, il faut comprendre les expressions, vraie nourriture et vraie boisson comme signifiant que le corps et le sang du Seigneur établissent la vérité de nos existences, de nos vies. Principalement, manger le corps du Seigneur et boire son sang nous établit dans la vérité de la relation à Dieu : il est notre Père qui prend soin de nous et donc nous nourrit.
Ensuite, le corps et le sang de Jésus sont vraie nourriture et vraie boisson, parce qu'il nous pose dans la dimension eschatologique, ultime vérité de l’existence. Grâce à la fraction du pain et la bénédiction de la coupe, l’existence de chaque jour est à mesurer à cette rencontre ultime avec Celui que nous attendons et qui reviendra dans la gloire. À ce moment-là, après nous avoir lavé les pieds, il prendra le pain de nos vies, le rompra pour le donner en partage, il prendra le vin de nos existences, leurs joies et leurs amertumes, il le bénira, et alors il élèvera tout cela dans son éternelle offrande au Père.
Le partage quotidien du pain et de la coupe, qu’il s’agisse de repas ordinaires ou de repas de fête, est une initiation patiente que Dieu nous livre pour disposer nos vies dans la vérité à entrer dans la vie éternelle.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 10,16-17) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org