29 mars: 5° dimanche de Carême A
 
 
"Je suis la résurrection et la vie"
 

• Première lecture : Ezéchiel 37, 12-14 :
Alors que le peuple est dispersé en exil, le prophète Ézéchiel, lui aussi déporté à Babylone, sait que son Dieu ne laissera pas son peuple dans cette situation. Les visions qu’il reçoit de son Seigneur en sont le gage et le signe. Celle des ossements desséchés n’est pas la moins célèbre. Dieu rassemblera son peuple et pour cela il déploiera une puissance comparable à une résurrection.
L’œuvre de Dieu est ainsi résumée à l’ouverture d’un tombeau !
Les tombeaux sont de toutes sortes et la foi d’Ézéchiel nous incite à passer de la métaphore à la réalité et réciproquement. Il y a les tombeaux du mensonge et du péché ; il y a ceux dans lesquels nous avons respectueusement déposé nos proches. Dieu ouvrira les uns et les autres. La victoire de la résurrection va donner vie à tous sans que le péché n’ait aucune prise sur quiconque.

Psaume 129 (130), 1-8 :
Puisque pardon et résurrection sont intimement liés, c’est en demandant le pardon que l’on demande la résurrection. Tel est le sens de ce psaume dans cette liturgie.
Ce psaume fait partie d’une série que l’on appelle les Psaumes des Montés. Il servait de guide pour un pèlerinage à Jérusalem, une sorte de livret de prières qui permettait au pèlerin de vivre les étapes de son périple. Dans toutes les démarches de ce genre, il est nécessaire à un moment de demander pardon à Dieu. Ce cheminement n’est pas nécessaire à Dieu : il n’a pas besoin de cela pour nous pardonner, mais il est indispensable au pécheur. Par cette attitude que le psaume lui permet d’épouser, il prend ainsi conscience que « près du Seigneur abonde le rachat ».
La vocation d’Israël en prière, rendant le culte qui convient à Dieu dans le Temple, est d’attendre l’aurore de la grâce et du pardon, cette aurore a pour nom Résurrection.

• Jean 11, 1-45 :
Jésus a pris son temps pour venir auprès de son ami Lazare. La situation est risquée, mais il se décide quand même, enfin ! Thomas, qui n’a peur de rien, montre son enthousiasme. S’il savait !
Est-ce pour se mettre en avant ? Certes, beaucoup vont croire en Jésus suite à la résurrection de Lazare. Mais plus loin, le récit va nous dire que c’est pour avoir accompli un tel geste que Jésus sera condamné à mort. Et même les autorités projetteront de faire mourir Lazare pour qu’il n’y ait pas de signe attestant l’œuvre de Jésus.
Aussi Jésus n’attend-il pas la mort de Lazare pour faire un coup d’éclat, mais pour donner le signe selon lequel il est la résurrection et la vie. Et cela ne peut être qu’en donnant la vie. Son arrestation et sa condamnation seront le signe que la vie et la résurrection sont données gratuitement.
Ce texte nous offre de beaux témoignages de foi : celle de Marthe, femme vigoureuse et dynamique ; celle de Marie plus réservée. Si Jésus avait été là… Mais justement, il est là ! Il est bien celui qui vient accomplir la promesse du Père.  Quand il est là, les tombeaux s’ouvrent. Et pour nous permettre de le croire, il va laisser le sien vide et la pierre roulée…



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains  8,8-11) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org