22 mars: 4° dimanche de Carême A
 
 
"Il s'en alla et se lava; quand il revint, il voyait."
 

• Première lecture : 1 Samuel 16, 1b.6-7.10-13a :
Le premier livre de Samuel raconte comment la royauté s’implanta dans le peuple d’Israël. Pour cela, il nous narre le destin croisé de David et Saül. Le nom de ce dernier signifie le Réclamé ; il finit rejeté. Quant à David, son nom signifie le Bien-aimé ; c’est lui l’élu. Les noms sont à eux seuls un programme. Le texte de l’onction de David est le carrefour de ces deux destins. L’élection de David ne se fait pas selon les critères humains : Dieu ne choisit pas un roi grand et fort pour faire la guerre. Il ne choisit pas selon les yeux humains, mais selon les yeux de Dieu. Car « Dieu choisit ce qui est faible dans le monde pour confondre ce qui est fort » (1 Co1, 27).Et celui que Dieu choisit est… beau à voir !

• Psaume 22 (23), 1-6 :
Ce psaume est bien connu, il revient souvent dans la liturgie. Il exprime la simple confiance en Dieu de celui qui se sait aimé et choisi du Père. David était berger quand il fut appelé, il sait donc quel soin cette profession apporte aux troupeaux qu’on lui confie. Il sait que Dieu prend soin de lui comme lui-même le faisait aux troupeaux de son père.
La confiance en Dieu est aussi simple que cela !

• Évangile : Jean 9, 1-41 :
Comme la semaine dernière, la liturgie nous offre un des grands récits qui constituent l’Évangile selon saint Jean. Pour montrer qu’il est bien la lumière venue nous illuminer, Jésus guérit un aveugle de naissance. De la même façon, après la multiplication des pains, il se présente comme Pain de Vie donné pour la vie du monde. Et avant de ressusciter Lazare, il annonce être la résurrection et la vie.
Le corps de Jésus est le signe que Dieu nous donne et dans lequel il nous faut apprendre à lire la fidélité du Père à ses promesses, notamment la première d’entre elles, la vie. Cette promesse, il la tiendra jusqu’à nous conduire à la vie éternelle.
Pour cheminer jusque-là, nous avons besoin d’une lumière qui nous guide, nous rassure et nous éclaire. Jésus est la lumière venue dans le monde.
Cette affirmation répond à la question du mal qui déclenche le récit de cet évangile. Quelle faute la peine de cet homme punit-elle ? La sienne ? Celle de ses parents ? À bien lire le texte, Jésus ne répond pas à cette question. Comme toujours, il ne s’intéresse pas de savoir comment les personnes qui l’entourent sont arrivées là. Son regard éclaire toujours notre avenir. Grâce à Jésus, cet homme aveugle va montrer quelle est la vraie lumière.
Le fait-il à son issu ? N’est-il qu’un simple faire-valoir ? Le long chemin qu’il doit parcourir ensuite, témoignant de celui qu’il n’a pas encore vu, fait appel à sa liberté. Il accepte par son témoignage d’être un signe parmi d’autres de l’œuvre de Jésus et de la fidélité du Père.
Les aveugles n’avaient pas le droit d’entrer au Temple ; peu importe ici pourquoi. Le fait est que, guéri, il entre donc au Temple pour la première fois ; Jésus le voit, mais lui ne peut le reconnaître, ne l’ayant jamais vu.Non seulement le miracle lui permet de voir, mais avant de se manifester à lui, Jésus sut lui proposer un itinéraire de liberté pour que sa guérison soit une illumination : un regard sur le monde que seule la lumière de Jésus peut donner.
Ainsi Jésus répond-il à la question de ses disciples : ni lui ni ses parents n’ont péché ; la vie est donnée. Et si elle est obscurcie, c’est dans la gratuité de l’intervention divine qu’elle recouvre sa lumière.




On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Éphésiens 5,8-14) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org