8 mars: 2° dimanche de Carême A
 
 
"Son visage devint brillant comme le soleil"
 

• Première lecture : Genèse 12, 1-4a
Ce récit d’origine sacerdotale de l’appel d’Abraham fait de sa vocation une bénédiction. Le Seigneur choisit de s’adresser à Abram, qui plus tard recevra le nom d’Abraham sous lequel il est connu. Cet homme est aux prises avec les drames de la vie humaine : sa femme est stérile, son père a vu mourir son frère alors que celui-ci était encore jeune, son neveu Lot est donc orphelin. Finalement Abram et sa famille représentent l’humanité en mal de bénédiction. Si bénir signifie dire du bien, oudire bien, force est de constater qu’il y a des jours où la vie est mal faite, mal dite…
Alors Dieu intervient. Etonnamment, il ne choisit pas de bénir l’humanité tout entière, mais de prendre un être humain, un seul, et de le bénir, de rendre sa vie meilleure et plus belle. En procédant ainsi par choix, par élection, Dieu ne met en place aucune exclusivité : la descendance d’Abram sera bénie, et ceux qui béniront Abram également, c’est-à-dire ceux qui aimeront la bénédiction donnée à Abram.
Ce point de départ de l’Alliance nous apprend que la bénédiction ne se donne pas de manière générique, mais toujours dans un face-à-face.

• Psaume 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22 
Ce psaume est une hymne à la Parole de Dieu : Il parla et ce qu’il dit exista(Ps32 (33), 9). La Parole de Dieu est droite, c’est-à-dire qu’elle est juste. Ce que Dieu nous dit maintenant établit la justice entre nous, si nous l’appliquons, et la justice entre lui et nous. La justice est la condition nécessaire pour que l’humanité chemine de la situation présente à la réalisation de ce que Dieu nous promet. La Parole du Seigneur est droite ; elle réalise et demande ce qui est juste, parce que le Seigneur aime le bon droit et la justice. Cette médiation doit pouvoir donner courage et force à ceux qui se sont engagés, particulièrement en ce temps de Carême, à une assidue lecture de la Bible.

• Évangile: Matthieu 17, 1-9 
Pierre, Jacques et Jean, sur une haute montagne, voient Jésus « différent ». Ce dernier vient d’annoncer sa mort et sa résurrection et, pour Pierre et les autres, cela s’avère difficile à entendre, comme pour nous d’ailleurs : pourquoi cela est-il nécessaire (cf. Mt16, 21) ? Aussi le Père donne-t-il de la voix pour que nous écoutions ce que nous dit son Fils. Il faut qu’il en soit ainsi, plus tard nous comprendrons. Mais pour entrer dans cette intelligence, il est nécessaire d’être préparé : ce que fait Jésus avec Pierre, Jacques et Jean ; avec nous également en ce dimanche de carême.
Ainsi ces trois apôtres ont la grâce de voir Jésus transfiguré avant sa mort, de voir Jésus revêtu d’un corps de lumière et de gloire dès avant sa mort. S’il est permis de le dire ainsi, ils le voient ressuscité avant qu’il ne soit mort. Ils sont donc les témoins privilégiés de la liberté de Jésus qui n’a pas besoin de mourir pour ressusciter, pour être ainsi revêtu de gloire et de lumière. S’il accepte la croix dans l’obéissance à son Père, c’est pour nous rejoindre dans nos morts humaines, mieux se saisir de nous et nous ressusciter avec lui.
Pierre, Jacques et Jean, souvent pris à part avec Jésus, sont toujours les témoins de la liberté de Jésus. Après Pâques, ils pourront témoigner. Il faut trois témoins concordants pour que leur parole soit recevable devant un tribunal : ils peuvent alors proclamer. Ce n’est nullement pour être ressuscité que Jésus accepta la mort sur la croix, mais pour que nous vivions pleinement, éternellement avec lui.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (2 Timothée 1,8b-10) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org