1° mars: 1° dimanche de Carême A
 
 
"Jésus fut conduit au désert pour être tenté..."
 

• Première lecture : Genèse 2, 7-9 ; 3, 1-7a
Ce passage du livre de la Genèse renvoie à la création. Le peuple d’Israël offre à l’humanité le fruit de son expérience de la Parole de Dieu. Lui bénéficie du Décalogue et de toutes les paroles de l’Alliance ; il sait que ce que Dieu dit nous met à l’épreuve de l’obéissance. Or, nous sommes bien fragiles !
En effet, ce récit célèbre nous raconte que Dieu façonne l’être humain comme un potier pétrit son argile. Cette fragilité de la créature est le terreau dans lequel s’enracine sa désobéissance. En hébreu, rusé et nu sont synonymes ; aussi notre texte joue-t-il sur cette ambiguïté. La fragilité humaine, cette nudité, permet au serpent, le plus astucieux des animaux, de mettre l’être humain à l’épreuve. Quel est le sens du commandement donné ? Est-ce pour le bien de la créature ? Est-ce pour protéger Dieu lui-même ? Le serpent sait que Dieu cherche se protéger ! Mais de quoi auraient dû répondre Adam et sa femme ? La désobéissance de l’être humain commence dans le refus de croire que la Parole que Dieu lui adresse est une bénédiction, une parole qui prévient et ouvre l’avenir pour le bien de la création.

• Psaume 50 (51), 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17
La conviction de ce psaume de pénitence, déjà médité le mercredi des Cendres, est que la désobéissance de l’être humain n’est pas décisive pour interrompre la relation avec Dieu. Non pas que nous ayons un quelconque droit sur Dieu, mais Dieu nous autorise à revenir vers lui. La Bible, lelivre de la Parole de Dieu, nous dit que nous pouvons reprendre le chemin de la vie et de l’Alliance qu’il nous donne.
Prier ensemble ce psaume au début de notre carême, revient à faire de ces 40 jours le temps par lequel nous allons être lavés, créés de nouveau. Dieu va prendre soin de nous pour effacer les traces de notre désobéissance et nous restaurer dans la confiance en sa Parole : avec son Esprit, nous comprenons ce qu’il nous demande.
La désobéissance nous a mis dans une situation difficile à l’égard du monde, du prochain et de Dieu lui-même. La reconnaissance de la faute et le pardon empêchent la désobéissance d’avoir le dernier mot.

Évangile : Matthieu 4, 1-11
Jésus, un jour, rejoignit Jean le Baptiste au désert pour vivre comme d’autres un temps de retraite. Ce prophète proclamait que la justice était le chemin pour préparer la venue du Règne de Dieu. Au cours de ce temps, Jésus vécut le geste du baptême… Selon Matthieu, Jésus et la foule entendent la voix désigner ce Jésus comme Fils bien aimé de Dieu. Ainsi la relation privilégiée de Jésus à son Père, relation vécue tous les jours de sa vie, devient une mission : cette filiation est destinée à être élargie à tous. Comment faire ? Le temps de retraite se poursuit par ces 40 jours, un temps symbolique au cours duquel Jésus revit toute l’expérience de son peuple et en devient pleinement l’héritier.Ainsi la Parole de son Père va lui donner les repères nécessaires pour se manifester comme Fils. Le dialogue ainsi entamé avec le tentateur procède par étapes ; à chacune d’elles se pose la question de ce que Dieu veut : protéger son Fils par la main des anges. Mais il ne veut pas être mis à l’épreuve ! Finalement Jésus coupe court à l’échange : c’est dans l’adoration de son Père, dans ce lien intime et constant, qu’il trouvera jour après jour les réponses qu’il se pose légitimement sur sa mission et les chemins de son accomplissement.




On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 5,12-19) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org