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"Aimez vos ennemis!"
 

• Première lecture : Lévitique 19, 1-2.17-18
Le livre des Lévites est ouvert seulement deux fois dans la liturgie dominicale. Il est vrai qu’il expose des règles relatives au culte du Temple de Jérusalem dans la période qui suit l’exil à Babylone. L’institution royale ayant définitivement disparu, c’est la classe sacerdotale qui va assumer la responsabilité de la vie d’Israël. Son influence se fera sentir en accentuant son particularisme pour signifier aux non-juifs le caractère privilégié de son élection. Les règles de pureté rituelle et morale se multiplient au point de devenir l’expression de la sainteté. Le peuple d’Israël se vit comme mis à part, consacré, pour entrer en contact avec Dieu et faire sa volonté. Jésus, par son enseignement et par ses actes, va heurter car le commandement d’aimer le prochain sera entendu dans un sens universel, et non plus ethnocentré. On comprend la question du scribe : Qui est mon prochain ? (Lc 10, 29).

• Psaume 102, 1-2, 3-4, 8.10, 12-13
Ce psaume est le chant d’un être pacifié, de quelqu’un qui a été suffisamment profond pour que tout en lui et autour de lui exprime l’action de grâce et la tendresse de Dieu. C’est le chant de quelqu’un qui a compris qu’en allant vers Dieu, « il faut prendre tout ce qu’on est, les grandeurs et les faiblesses, le passé de péché, les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes, tout… » (Y. Raguin) et les laisser chanter. 

 

• Évangile : Matthieu 5, 38-48
Les versets de ce jour sont la suite du texte entendu dimanche dernier. Jésus est toujours dans la même logique : il n’annule pas la tradition, il la porte plus haut. Le maître-mot ici est le pardon et le pardon sans condition. Ni oublinisoumission, il est une démarche volontaire et responsable. Pour pardonner, comme pour aimer, encore faut-il exister, être capables de rester soi-même et ne pas nous aliéner dans une attitude qui justifierait la loi du plus fort. Quand Jésus demande, non seulement une acceptation de la violence reçue, mais un surcroit de pardon, de générosité et d’abnégation, cela ne peut être accordé par faiblesse. Il faudrait le refuser. Si, en revanche, nous sommes bien situés ennous-mêmes,dans un sain rapport aux autres, ce qu’il dit peut-être entendu comme une expression achevée de l’amour. C’est peut-être même la marque propre de ses disciples : aller au-delà de ce qui s’impose à tout homme, jusqu’à regarder celui qui nous hait dans les yeux et reconnaître en lui un frère :« Et toi aussi, l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux ce MERCI, et cet "À-DIEU" envisagé de toi. Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux » (Christian de Chergé, Testament spirituel).
Voilà la perfection que le Christ attend de nous car c’est une perfection d’humanité. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (Jn 15, 13).



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 3,16-23) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org