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"Il a été dit aux Anciens. Eh bien moi, je vous dis...!"
 

• Première lecture : Ben Sira le Sage 15, 15-20
Que la volonté soit déterminante, c’est souvent vrai, mais cela ne suffit pas toujours. Encore faut-il avoir les moyens et la force de vouloir. Craintes, inhibitions, interdits souvent nous retiennent. La plupart de nos choix sont complexes et c’est dans le long terme que ce dont ils étaient porteurs se révèle, positif ou non. Ce que vise Ben Sira, comme le Deutéronome l’avait fait avant lui (Dt 30, 15), est à comprendre dans cette perspective. C’est au bout du chemin que l’on se rendra compte de ce vers quoi il nous a conduit. Observer les commandements ne se réduit pas à la seule volonté. Ils peuvent être d’authentiques chemins de libération, dans la mesure où, en les mettant en pratique, nous nous affranchissons de nos replis sur nous-mêmes. Ils peuvent être aussi des freins salutaires quand ils nous signifient qu’au-delà de certaines limites, il y a danger de nous perdre ; mais ils peuvent aussi être des carcans, source d’amertume, de culpabilité, a fortiori quand ils nous sont présentés comme venant de Dieu. Le test ultime, c’est l’amour dont ils sont ou non générateurs.

• Psaume 118, 1-2, 4-5, 17-18, 33-34
Ce psaume prolonge la réflexion du sage et nous laisse le temps d’évaluer nos choix. C’est une longue rumination de 22 sections dans laquelle le psalmiste revient sans cesse sur la Loi et les commandements pour en chanter la grandeur et célébrer leur puissance de vie. La méditation prolongée de la parole rend le regard transparent, la vie y prend un sens insoupçonné : les choix que nous posons en toute liberté expriment la volonté de Dieu sur nous. Même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit(Ps 138, 10). 

• Évangile : Matthieu 5, 17-37
Matthieu s’adresse à des chrétiens qui, non seulement, connaissent l’Écriture, mais les traditions rabbiniques qui se sont largement diffusées dans les milieux pharisiens. La mise en scène de ce très long enseignement, reconstruit à partir d’éléments épars, n’est pas sans rappeler les récits qui entourent la conclusion de l’alliance au Sinaï. Derrière la figure de Jésus se dessine non seulement celle d’un rabbi qui prêche avec autorité (cf. Mc 1, 27), mais, en filigrane, celle de Moïse. Jésus prend soin de dire qu’il ne vient pas remplacer, mais porter ce qui a été enseigné à son plus haut degré, d’où les exigences portées à l’absolu. Un oui qui en soit un, un non qui le soit aussi, nous renvoient à Ben Sira, mais aussi à l’insensé du « langage de la croix », tant certaines exigences sont hors de mesure. Ce sont nos nouveaux points de repères, ceux devant lesquels nous avons à prendre position, comme nous pouvons. Le respect de l’autre ne souffre pas d’accommodement. L’engagement ne peut être que tranché et tout ce qui nous emprisonne abandonné. À moins de verser dans l’illusion ou la duplicité, ces « moi, je vous dis » sont autant de chemins ouverts sur lesquels nous avons à avancer résolument vers Dieu et vers notre propre humanité enfin libérée de toutes ses étroitesses.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 2,6-10) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org