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"Vous êtes la lumière du monde"
 

• Première lecture : Isaïe 58, 7-10
Après le moment d’enthousiasme qui suivit le retour d’exil, les Judéens connurent un passage à vide. Ils avaient renoué les fils de leur histoire grâce aux pratiques héritées de leurs pères, qui étaient sensées exprimer leur alliance avec Dieu. Dans les versets qui précèdent ceux d’aujourd’hui, le prophète exprime leur désarroi mettant dans la bouche de Dieu en quoi leurs comportements étaient incohérents au regard de ce qu’ils étaient devenus. Il leur fallait, pour se tourner vers lui, faire aux autres ce à quoi ils avaient le plus aspiré dans leur dénuement à Babylone : combler le manque de nourriture, de vêtements, mais aussi de liberté, de bienveillance, soulager les peines et réconforter. C’est à ce prix que leur vie prendra un sens véritablement nouveau, un sens selon Dieu. Alors la lumière brillera dans leur regard et, autour d’eux, sa clarté sera contagieuse. Une espérance nouvelle resplendira, qui les fera vivre comme jamais.

• Psaume 111, 4-5, 6-7, 8a.9
Le psaume dit exactement la même chose que le prophète : la miséricorde et la justice font naître la paix du cœur. Pour ouvrir les mains avec justesse, il faut avoir lâché l’abri de ses peurs et de ses craintes. C’est à ce prix que, quels que soient les événements qui atteignent l’homme de bien, le Seigneur se révèle un appui indéfectible. De ce point de vue, on peut se souvenir de mère Teresa, comme de Thérèse de Lisieux. Elles sont l’illustration du regard bienveillant et de l’oubli de soi. C’est en se livrant aux autres, proches ou lointains, qu’elles ont accompli ce à quoi Dieu les appelait.

 • Évangile : Matthieu 5, 13-16
Après les béatitudes, l’adresse de Jésus à ceux qui l’accompagnent sur la montagne se poursuit comme un constat mais aussi comme un avertissement : parce qu’ils le suivent, les disciples sont à la fois sel et lumière. Deux métaphores que tout oppose, mais qui forment la synthèse de la vie chrétienne. Le sel en effet ne joue son rôle que s’il est dosé correctement, ceci devrait être un avertissement pour tout prédicateur. La discrétion, l’intelligence du cœur s’imposent à qui veut annoncer l’Évangile. Plus encore, pour révéler les goûts de la nourriture, le sel doit se fondre dans la masse et disparaître, sinon il reste inutile. Une fois répandue, la parole annoncée doit infuser et ceux qui en ont été porteurs sont appelés à se retirer. La lumière en revanche, pour éclairer, demande à ne pas être mise en contact direct avec quoi que ce soit qui pourrait la masquer ou l’éteindre. Sa mise à part, en hauteur pour être vue de tous est la condition indispensable pour ne pas laisser les ténèbres triompher. Telle est aussi notre mission : porter haut la bonne nouvelle et la laisser retomber sur ceux qu’elles éclairent. C’est elle qui transformera les cœurs par sa seule puissance qui leur donnera du goût. Ajoutons la métaphore du grain : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit(Jn 12, 20). C’est de là que naît l’espérance. Nous devons ne pas avoir peur ni de disparaître ni d’être exposés, à l’image de Jésus.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 2,1-5) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année A/ 2019-2020). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org