20 octobre: 29° dimanche ordinaire C
 
 
"Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui"
 

• Première lecture : Exode 17,8-13 
Cet épisode fait allusion aux pérégrinations de groupes nomades qui, depuis le Sinaï, tentent de gagner le territoire de Canaan par le Néguev où ils se heurtent aux habitants, les Amalécites. Leur tentative victorieuse sera mise sous l’autorité de Moïse quand ces groupes se reconnaîtront dans ce qui formera, quelques siècles plus tard, Israël. Le récit met en scène un héros étrange dont les bras levés ont un effet magique. Curieuse façon d’envisager l’action de Dieu en la circonstance.
Ce récit a été repris dans la tradition chrétienne comme préfiguration de ce que seront les bras levés du Christ en croix. Non qu’ils soient d’un grand secours contre ceux qui le livrent à la mort, au contraire. C’est dans l’anéantissement que se révèle maintenant la toute-puissante de Dieu : il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté (Ph 2, 7-9).

• Psaume 120,1-8 
Ce psaume de pèlerinage respire la confiance en Dieu. Il semble être le chant d’un homme tout entier centré sur Dieu. Quel que soit ce qui lui arrive, il sait que Dieu veille sur lui sans trêve.  Son chemin vers Jérusalem est un chemin vers soi, vers son Dieu, vers la paix : « Il sait que Dieu est ici et qu’il fait bon se tenir en sa présence. Il sait que sa patrie s’appelle Jérusalem… Il le sait, il ne saurait l’expliquer. Il est venu et il sait » A.M. Besnard. 

• Évangile : Luc 18,1-8 
Très curieux ce propos sur la prière. Il semble en contradiction avec les recommandations de Jésus, selon Matthieu : Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé(Mt 6, 7-8).
La parabole, sous une apparente tonalité humoristique, indique un chemin de vie spirituelle. La prière est une affaire de longue haleine, une lente imprégnation qui fait que ce que nous répétons sans cesse, imperceptiblement nous change. Il peut y avoir du rabâchage, mais la répétition des mêmes formules, des mêmes demandes, peut engendrer en celui qui prie avec persévérance un vide de soi et de ses préoccupations immédiates, qui laisse place à un échange mystérieux, au-delà des mots. Rencontre où le temps est suspendu, où l’autre est, et cela suffit. D’elle, naît un cœur à cœur qui change tout et ouvre une espérance indestructible.
Le résultat de la prière ne doit rien à un agacement de Dieu, qui serait par trop humain. Il est l’aboutissement de sa justice amoureuse qui trace en celui qui prie un chemin de foi qui le fait avancer d’un pas assuré vers Lui. On peut comparer le travail de la prière à celui d’une goutte d’eau qui tombe toujours au même endroit. Son effet est imperceptible, mais à long terme, elle produit ce que personne n’avait attendu. La prière est capable de nous ouvrir à l’infini et purifie notre regard sur ceux que nous croisons.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (2 Timothée 3,14-4,2) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org