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"Il ne s'est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu !"
 

• Première lecture : 2 Rois 5,14-17 
Naaman fait partie des proches du roi de Damas. Bénéficiant d’une action diplomatique pour faciliter sa guérison, il voyage selon son rang avec escorte, cadeaux nombreux et de grande valeur. Tout commence mal cependant. Le roi de Samarie croit à une provocation, le prophète guérisseur refuse de le recevoir. On est à la limite de l’insulte. Tout ça pour ça ! Il doit accepter que sa puissance, sa richesse ne servent à rien et s’en remettre à la parole d’un étranger qui refuse de le rencontrer.
Même son merci se voit réduit à sa plus simple, mais à sa véritable, expression. Il témoigne de l’acceptation de ce qu’il est devenu : un homme dépendant d’une parole qui n’offre aucune garantie. Le héros victorieux n’est plus, il laisse place à quelqu’un qui est né d’un baptême qui le rend à la vie et à sa vérité. Il y trouve son identité d’enfant de Dieu.
Dans la vie spirituelle, nous consacrons parfois beaucoup d’énergie pour vouloir atteindre des sommets qui nous dépassent, jusqu’à ce que nous nous apercevions que notre chemin est juste devant nous, tout simple :« Tu étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors, et c’est dehors que je te cherchais »(Saint Augustin).

• Psaume 97,1-4a.6b 
Chanter, c’est habiter sa voix pour qu’elle exprime ce qu’elle dit. Elle est un formidable miroir de l’âme, une des plus hautes expressions de soi. Elle suppose de s’accorder avec soi-même et avec les autres pour faire chœur. C’est une parabole de ce vers quoi tend l’humanité.
Le chant, lui, traduit toujours une nouveauté. Je peux fredonner la même ritournelle, jamais je n’y mets la même émotion car jamais je ne suis le même. Les merveilles de Dieu dans ma vie, dans celle de mon Eglise, celles que je vois dans mes frères et sœurs en humanité, quand elles viennent au chant, sont des moments où se révèle une vérité qui dépasse tout. Chanter est un instant béni où les mots restent en suspens pour laisser pressentir une autre vérité.

• Évangile : Luc 17,11-19 
Sur la route vers Jérusalem, Luc superpose le récit du passé et la situation de l’Eglise qu’il connaît. La géographie nous emmène dans une région assez mal circonscrite où se croisent Juifs et non-Juifs. Les dix qui viennent à la rencontre de Jésus sont réputés frappés par Dieu, sous le coup d’une exclusion sociale sévère, sanctionnée par un prêtre (Cf. Lv 13, 44). Leur nombre rappelle discrètement Naaman parti avec sesdix lingots d’argent…(2 R 5, 5), mais aussi les plaies qui ont frappé l’Egypte avant la pâque des Hébreux (Ex 9-11). C’est comme si ces gens appartenaient déjà à la mort ou en étaient des vecteurs. Jésus leur enjoint simplement de respecter la loi, selon le Lévitique : On le conduira au prêtre(14, 2) qui reconnaîtra la guérison.
Le Samaritain, lui, ne peut pas aller au temple, c’est pourquoi, il se détourne de Jérusalem et, à l’instar de ce que feront les disciples se rendant à Emmaüs (Lc 24, 13-35), il revient à la rencontre du Christ. Comme les autres, il a reçu de Jésus l’annonce de l’Evangile, mais les 9 autres en sont restés à leur foi première. C’est celui qui n’est pas apte à observer l’ancienne loi qui fait eucharistie, image des communautés chrétiennes venues du paganisme. La relation qui s’instaure alors est basée non plus sur le respect des usages issus de la loi de Moïse, mais sur une adhésion de foi inconditionnelle en Jésus reconnu comme Christ de Dieu.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (2 Timothée 2,8-13) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org