6 octobre: 27° dimanche ordinaire C
 
 
"Si vous aviez de la foi!"
 

• Première lecture : Habacuc 1,2-3 ; 2,2-4 
Habacuc est dans un profond désarroi. Il connaît les efforts d’Israël pour se réformer sous la conduite de Josias, pour proclamer fermement l’unicité de Dieu et de son temple. Néanmoins les Babyloniens sont aux portes de Jérusalem, la catastrophe n’est pas loin. Comme si tout avait été vain. Le prophète nous partage cet instant particulier d’angoisse : quand s’annoncent des événements graves, sans que nous les connaissions encore, mais que nous les pressentions. C’est une expérience qui peut être terrible.
Sa prière exprime sa révolte contre l’absurde avec la question lancinante du pourquoi, d’autant plus douloureuse qu’il sait, comme nous, que la réponse ne viendra pas immédiatement. Seul le temps fera progresser le suppliant, s’il ne l’anéantit pas. La seule issue est dans l’attente confiante, entée sur la fidélité de Dieu. La mort peut frapper, elle n’aura pas le dernier mot tant que demeurera le courage d’être et la foi.

• Psaume 94,1-2.6-9 
Le psaume prolonge la vision du prophète. Elle s’est transformée en cri de joie et de confiance. La métaphore du rocher exprime avec force la permanence de l’amour de Dieu, quand bien même les événements tendraient à la démentir si on se laissait submerger par le ressenti. Gardons en mémoire la route des exils, passés ou contemporains, quand nous reprenons ces mots du psalmiste : troupeau guidé par sa main. En les chantant, nous endossons la responsabilité du père qui a attendu le retour de son fils prodigue au bout de sa route et qui l’accueille à nouveau parmi les vivants.

• Évangile : Luc 17,5-10 
Curieuse la demande des apôtres. Qu’ils aient des difficultés à admettre ce que Jésus dit, soit, car c’est nouveau et radical, beaucoup se sont retirés sans bruit : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » […] À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner (Jn 6, 60, 66). Les derniers jours avec Jésus vont être une mise à l’épreuve de leur foi autrement difficile à affronter : on se souvient de Pierre et de la désertion des autres. La perspective d’événements insécurisants où se jouera, pour une bonne part, l’avenir nous fait comprendre la portée de leur demande. Ils sont dans un état d’esprit proche de celui d’Habacuc.
L’image de la graine fait mouche. Minuscule, elle renferme une force capable de donner naissance à de l’infiniment grand, au regard de ce qu’elle est. De là à déraciner les arbres ! On est passé de la métaphore à l’hyperbole : la foi nous ouvre un champ de possibles insoupçonnables. Ne nous y trompons pas cependant : au service de l’Evangile, si nous sommes utiles, nous ne sommes pas indispensables. Quand nous aurons été au bout du chemin, nous aurons accompli ce à quoi nous avions été appelés, ni plus ni moins, mais c’est Dieu qui donne la croissance (1 Co 3, 6). Ce propos est rugueux, mais libérateur : ce n’est pas nous qui sauvons le monde, c’est Lui.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (2 Timothée 1,6...14) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org