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"Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance"
 

• Première lecture : Amos 6,1a.4-7 
Dans un contexte de prospérité, comme celui où se trouvait Amos, les lanceurs d’alerte ne sont pas les bienvenus. Ils génèrent une angoisse qu’on estime vaine puisque tout va bien. Il faut alors beaucoup de courage pour tenter de réveiller les consciences anesthésiées dans le confort. Evidemment, Amos parlait dans le vide puisque ce qu’il annonçait se produirait une bonne vingtaine d’années plus tard : la prise de Samarie par Sargon II, la déportation d’une bonne partie de sa population à Ninive et la disparition du royaume du Nord. Contre toute évidence, il avait raison, mais c’est difficile à entendre quand il n’y a pas d’urgence. C’est après qu’on se dit : « Si on avait su … »

• Psaume 145,5-10 
Au-delà des catastrophes annoncées et subies, il reste l’espoir. Ce psaume l’exprime, contre toute évidence. À moins de prendre le psalmiste pour un indécrottable niais, il nous convoque à agir, car tout ce qu’il rapporte à Dieu, c’est à nous de le faire. C’est ainsi que l’espérance peut faire sens et que le règne de Dieu peut vouloir dire quelque chose. Pas de grands exploits, mais des soulagements au quotidien. Chacune de ces actions, aussi discrète soit-elle, prend place dans un immense tout d’amour : celui de Dieu qui embrasse l’humanité.

• Évangile : Luc 16,19-31 
Extraordinaire parabole qui met en scène non pas un « mauvais riche », comme on l’entend souvent, mais quelqu’un qui ne s’aperçoit de rien. Il vit dans son monde et cela suffit. Il n’est pas particulièrement méchant ou âpre au gain, il ne s’aperçoit de rien. Il n’est pas coupable, pas responsable : il ne sait pas ; sinon il serait certainement désolé, pour reprendre un adjectif qui sert souvent à se dédouaner à bon compte.
Il n’a pas vu Lazare, celui que « Dieu aidait ». Tellement en piteux état, espèce de Job réincarné, il est vrai qu’il fallait un regard affuté par la prière et l’ascèse pour considérer ce mendiant avec les yeux de Dieu. Et puis, à force d’habitude, arrive un moment où l’occasion est manquée. Lazare est ailleurs.
C’est, pour nous, un avertissement : nous croisons tous les jours des abîmés de vie. Nous savons que le chemin pour les rejoindre n’est pas évident. Bien sûr, nous pouvons leur donner argent ou nourriture, mais il y a don et don. Tout est dans la qualité ou la délicatesse que nous y mettons. L’attention, la vigilance doivent nous faire agir dans l’immédiat certes, mais aussi à plus long terme et c’est tout autre chose.
La méditation de l’Ecriture, la contemplation de Jésus dessilleront nos yeux et ouvriront nos mains, s’ils ne sont pas trop bien fermés. C’est cela la communion des saints.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Timothée 6,11-16) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org