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"Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'argent"
 

• Première lecture : Amos 8,4-7 
Amos, éleveur de petit bétail de la région de Bethléem, est devenu prophète dans le Royaume du Nord, hors de sa terre natale. C’est donc en étranger qu’il exerce son ministère dans un Israël qui connaît alors une période de prospérité et de paix remarquable.
La prospérité économique amène avec elle la soif d’avoir toujours plus. Elle engendre des inégalités criantes : tandis qu’une minorité accapare la plus grande part des richesses, les autres subissent. Le message du prophète est toujours d’actualité.
Nous avons tous à nous interroger sur notre rapport à l’avoir, certainement pas pour pointer du doigt le voisin, pas plus pour nous culpabiliser, mais pour regarder avec lucidité comment nous gérons le pouvoir que nous donne ce que nous gagnons, individuellement et collectivement.
Quand l’argent se couple avec le pouvoir religieux, il est alors toujours urgent de se mettre en alerte et de rester vigilants. Comment notre Eglise gère-t-elle concrètement ce qu’elle a ? Respecte-t-elle toujours les règles de l’équité quand elle embauche, par exemple, ou trouve-t-elle des arrangements accommodants avec le siècle pour garder ce qu’elle a ? 

• Psaume 112,1-2.5-8 
La louange exprimée dans les premiers versets est enthousiasmante, joignons-y nos voix. Attention cependant à la suite qui peut nous conduire à une naïveté coupable sur les changements sensés arriver par la seule action de Dieu. On peut penser effectivement qu’après « avoir fait notre pâque », comme on dit par euphémisme, les injustices seront d’elles-mêmes réparées.
En attendant, ne nous contentons pas de chanter, mais adoptons le regard de Jésus et préoccupons-nous, à notre niveau et sans illusion, des injustices dont nous sommes témoins ou peut-être victimes. C’est notre devoir de baptisés et de citoyens. Alors notre louange sera vraie.

• Évangile :Luc 16,1-13 
La parabole du gérant « débrouillard » est difficilement admissible, voire pas du tout. Falsifier les comptes pour sauver sa carrière ou sa peau ne peut être considéré comme digne d’exemple à suivre. Quant à se faire des amis avec l'argent malhonnête, qui peut l’approuver ? Problème. Le service du l’Evangile ne doit pas nous conduire à une naïveté irresponsable. S’il nous impose de chercher, par tous les moyens, à nous faire entendre de tous, même des filous, c’est pour provoquer un changement d’attitude et non pour accepter des compromissions.
Heureusement, il y a la dernière phrase. Si elle peut sembler d’emblée recevable, à y réfléchir, est-elle vraiment réaliste ? Àmoins de renoncer à tout ou de vivre en parasite, quelquefois les deux, il faut bien se préoccuper d’avoir de quoi vivre dans une sécurité suffisante. Luc semble très préoccupé par cette question et sa position est radicale. Paul est, de ce point de vue, beaucoup plus réaliste : à côté de la prédication, il travaille de ses mains. Moins idéaliste, plus pragmatique. Le tout est de savoir où nous plaçons nos priorités.


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Timothée 2,1-8) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org