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"Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple"
 

• 1ère lecture : Sagesse 9,13-18b
Les deux questions qui débutent cet extrait demandent une réflexion approfondie. Qui sommes-nous pour dire qu’un événement est l’expression de ce que Dieu veut ou laisse faire ? Nous manquons parfois de la plus élémentaire humanité, devant des situations incompréhensibles parce qu’insupportables : accidents, maladies ou catastrophes. Prétendre alors que « qui aime bien châtie bien » relève de l’imposture.
Seule une personne touchée par l’épreuve peut, au fil du temps, reconnaître dans ce qu’elle a traversé un chemin d’espérance où elle s’est reconstruite et apercevoir un horizon viable qui peut la ramener à Dieu. Nous ne pouvons qu’être là pour l’entendre, l’écouter. Rien de plus.
Ce n’est pas en restant à regarder le ciel que les apôtres ont trouvé leur chemin (cf. Ac 1, 11), mais en parcourant la terre avec charité. C’est ainsi qu’un jour peut-être nous verrons Dieu à l’œuvre.

• Psaume 89,3-6.12-14.17
Nous devrions prendre le temps de faire nôtre cette méditation. Elle nous rappelle notre condition d’homme, dans ce qu’elle a de provisoire. À nous de l’assumer et d’en apprécier le prix.
Sans cesse, demandons au Seigneur de se révéler à nous, même si ce qui nous est le plus sensible immédiatement, c’est son absence. C’est en elle et par elle qu’il nous est présent.
Dans l’acceptation de la distance entre lui et nous, il y a l’expérience de sa tendresse, de sa consolation ; et cela nous rend forts. 

• Évangile : Luc 14,25-33
Luc rapporte ici les conditions radicales de la suite du Christ : couper les ponts pour « être à Dieu seul »,selon l’expression de saint Benoît.
Ce qui est sûr, c’est qu’un jour ou l’autre, nous sommes partis. Il a fallu rompre des attaches. C’est inévitable, indispensable pour mener une vie adulte et responsable. Il nous faut encore laisser partir, quelquefois même obliger à une prise de distance pour inciter l’autre à exister par lui-même. Le disciple doit accepter quelque chose de cet ordre, même jusqu’à l’extrême si cela lui est demandé.
La croix, nous la portons inéluctablement : la vie s’en charge. Le tout est de la tenir jusqu’au bout. Cela suppose de ne pas vouloir affronter seul une difficulté trop dure ou emprunter un chemin qui outrepasse nos forces. Renoncer est parfois la solution, et c’est sagesse. Jésus nous demande tout, certes, mais à notre mesure. Ni plus, ni moins.




On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Philémon 9...17) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org