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"Quiconque s'élève sera abaissé, qui s'abaisse sera élevé"
 

• 1ère lecture : Si 3,17-18.20.28-29
L’auteur, Jésus fils de Sira (50, 27), est un de ces sages dont les dits abondants ont été conservés et transmis comme un héritage de la sagesse d’Israël, bien que son livre n’ait pas été retenu dans le canon hébraïque des Ecritures. Il n’a pas son pareil pour commenter le quotidien avec beaucoup de bon sens, même si certains de ses propos ne sont plus vraiment recevables aujourd’hui.
Pour lui, le principe fondamental de l’éducation, dont il a grand souci, est l’humilité. Rappelons que ce mot a la même étymologie que le terme « humanité » : humus. Autrement dit l’humble et l’humain sont tous deux tirés de la boue avec laquelle le premier adam a été façonné (Gn 2, 7).
L’humilité est ce qui nous relie à la terre-mère, ce qui en nous est le plus humain, ce qui échappe à notre contrôle, ce qui reste caché, ce qui ne peut être exposé et qui pourtant nous fait être nous-même sous le masque présentable que nous livrons aux autres. C’est la part que Dieu seul connaît, celle qui est vraiment à son image, car c’est là que nous sommes en vérité. Quand nous nous y tenons, c’est alors que nous pouvons entendre la Parole de Dieu et lui rendre la grâce qu’il nous donne.

• Psaume 67,4-7.10-11
Dans ce chant, nous sommes en quelque sorte transportés dans le regard de celui qui a su voir Dieu à l’œuvre dans le monde. Ce qu’il a perçu n’est pas ce qui se donne immédiatement à appréhender concernant les gens ou les situations. Un orphelin, une veuve, un prisonnier, un isolé restent ce qu’ils sont.
Ce n’est que si nous améliorons leur situation, dans la mesure de nos moyens, que, comme le psalmiste, nous serons en mesure d’apercevoir un terme autre à leur histoire : un temps où les puissants n’occuperont plus tout l’espace : Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles (Lc 1, 52). En attendant, nous ne pouvons que pressentir un peu du règne de Dieu et la joie nous habite.

• Évangile : Luc 14,1a.7-14
Dans la lignée du Siracide, Jésus enseigne à partir de ce qu’il voit autour de la table où il est invité. Sous une forme parabolique, il dénonce ceux qui se satisfont de la reconnaissance sociale qu’ils ont acquise. Au-delà de la polémique mordante, la forme du propos permet de l’entendre comme un dit de sagesse.
Son aspect caricatural a quelque chose de réjouissant, même si nous savons combien il est important que nous soyons reconnus dans l’espace social, au risque, sinon, d’être isolés ou rejetés.
Jésus, en recommandant de prendre la dernière place, ne préconise pas de se prêter à un jeu qui serait, somme toute, assez pervers car, feinte, l’humilité est la marque de son contraire. Il nous invite simplement à trouver la place juste ; c’est avant tout en nous-même que cela se passe. Nous habitons-nous suffisamment pour que le regard des autres ne soit pas ce qui nous fait exister, mais un appel à les laisser passer devant sans arrière-pensée ? Toute place devient la bonne quand elle est consentie.
Quand le pape François nous invite à sortir du confort de nos églises, à nous ouvrir aux marges et à nous aventurer aux frontières, c’est à cela qu’il nous convie à la suite de son Christ.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 12,18...24) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org