15 août: Assomption de la Vierge Marie
 
 
"Heureuse la mère qui t'a portée en elle!"
 

• 1ère lecture : Apocalypse de saint Jean 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab
L’Apocalypse nous emmène dans un univers onirique où l’on ne saisit pas toujours exactement comment les différents éléments des visions se lient les uns aux autres. La femme semble sortir du sanctuaire et se confondre avec l’arche d’alliance, comme pour en former une nouvelle avec l’enfant dont elle va accoucher au milieu d’un combat grandiose qui rappelle le chaos des origines. Elle est une figure primordiale dont les attributs cosmiques nous ramènent eux aussi à la création, quand le soleil et la lune commençaient à marquer la succession des jours et des nuits (Gn 1, 14).
Au centre d’un incroyable tumulte, elle affronte le mal, sans concession. La malédiction du serpent s’accomplit : Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon (Gn 3, 15). Nouvelle ève, elle donne la vie non dans un paradis illusoire, exempt de toute souffrance, mais dans les contraintes de sa corporéité (Gn 3, 16). Une fois le fils parti, il ne reste qu’un vide, à la dimension de ce qu’elle est en train de vivre. Plus rien ne la retient.
Si, entendant ce récit, nous nous rapportons à l’évangile de Jean, nous voyons Marie au pied de la croix. Elle y vit la tragédie d’une mère, dans l’humiliation extrême d’une condamnation incompréhensible. Dans sa douleur, c’est le sort et le sens du monde qui se jouent. Dans ce moment dépouillé de toute fantasmagorie s’ouvre le sanctuaire de Dieu. C’est de là que vient le salut.

• Psaume 44,11-16
Le psaume apporte l’apaisement. Il commence dans un souffle, le murmure d’une brise légère (1R 19, 12) qui met en route vers l’inconnaissable. Peu à peu se dessine, par touches discrètes, la fiancée, qui s’est laissée séduire et qui peut faire siennes la parole du prophète : Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit. (Jr 20, 7). La liesse et la richesse dont sa suite l’entoure et la pare ne semblent pas l’atteindre. Silencieuse, elle est ailleurs, déjà au rendez-vous.

• Évangile : Luc 1, 39-56
La Visitation, en dépit des apparences, n’est pas le récit d’une scène familiale mais celui, théologique, de la rencontre de deux Alliances : la première, en Elisabeth et la nouvelle qui s’inaugure en Marie par son acquiescement à ce que lui dit l’ange.
Luc, pour le signifier pose en arrière-plan de son récit celui du transfert mouvementé du vieux coffre donné par Moïse à Jérusalem. Au commencement, David s’écrie : Comment l’arche du Seigneur pourrait-elle entrer chez moi ? (2S 6, 9) De même Elisabeth :  D'où m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? 
Puis le texte mentionne : « L’arche du Seigneur resta pendant trois mois dans la maison d’Obed-Édom, le Guittite, et le Seigneur bénit Obed-Édom ainsi que toute sa maison (2 Samuel 9, 11).  Marie resta avec Élisabeth environ trois mois… pendant lesquels Le Puissant fit pour moi des merveilles et « fit grâce » à Zacharie et élisabeth en leur fils Yohannan, Jean.
Dans la grossesse de Marie, c’est le salut qui nous est révélé et donné.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 15,20-27) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org