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"Vous aussi, tenez-vous prêts"
 

• 1ère lecture : Sagesse 18, 6-9
Le sage qui s’exprime ici est un juif d’Alexandrie. Descendant d’immigré, il a acquis une double culture : hellénistique et hébraïque. Il connaît Homère, Platon, la science et la manière de raisonner propres aux Grecs, mais aussi l’écriture et les traditions qui s’y rattachent.
Mais même enraciné en terre égyptienne, il regarde l’histoire du point de vue de ses pères : les Égyptiens restent des ennemis défaits. Son point de repère essentiel est la célébration de la Pâque qui le rattache à sa lignée véritable. De ce point de vue, il ressemble à pas mal de nos contemporains qui ont leurs racines ailleurs que dans le lieu qu’ont quitté leurs ascendants proches ou lointains.
En tant que croyants en Christ, nous avons à assumer, nous aussi, notre histoire, ecclésiale et citoyenne, sans en effacer les tragédies dans un irénisme illusoire et à envisager avec courage les conséquences, à plus ou moins long terme, des décisions dont nous sommes partie prenante.

• Psaume 32,1.12.18-20.22
Chantons la louange sans réserve, en gardant simplement à l’esprit que le fait de se revendiquer comme la nation choisie par Dieu n’est pas anodin. Une telle conviction peut servir à justifier bien des dérives politiques ou religieuses. Attention à certaines de nos attitudes collectives qui donneraient à penser que nous sommes seuls habilités à tenir un discours définitif sur certains sujets. Le psaume, lui, nous appelle à nous en remettre à Dieu et à attendre tout de lui, pour que naisse l’espérance.

• Évangile : Luc 12, 32-48
La parabole des serviteurs, vigilants ou non, va dans le même sens : nous sommes appelés à nous tenir toujours prêts, dans le même esprit que les Hébreux, juste avant leur départ d’Égypte : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main (Ex 12, 11), dans une attitude pascale.
La Pâque du Seigneur nous introduit dans une vigilance obligée, celle du père qui, parce qu’il n’avait de cesse que de veiller, a aperçu le petit comme il était encore loin (Lc 15, 20), celle de Marie qui perçoit l’étrange salutation de l’ange.
Le laisser-aller dans l’insouciance et l’arbitraire nous entraînerait non en terre étrangère (Hb 11, 9), mais en un terrain conquis où il n’y a plus d’attente, plus d’avenir ouvert à l’inconnu, plus de vide pour laisser place à ce qui s’offre à l’improviste.
Jésus, nous enjoignant la vigilance, nous appelle à le rejoindre non pas dans un ailleurs fantasmé, mais en nous-même où se fait sentir l’appel du désir, où le trésor n’est pas accumulation mais disponibilité à être. C’est au bout de notre chemin d’humanité que le Christ, nous fera mettre à table. C’est ce que nous pressentons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir quand nous partageons le pain et le vin, en attendant le jour du face à face nous connaîtrons parfaitement, comme nous avons été connus (1Co 13, 12).



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 11,1...19) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org