7 avril: 5° dimanche de Carême C
 
 
"Celui d'entre-vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à jeter une pierre"
 

• Première lecture : Isaïe 43, 16-21
Le passage de la Mer Rouge est la victoire sur les cavaliers de Pharaon, symboles de la puissance du mal, de l’orgueil, du péché : les voilà tous couchés pour ne plus se relever. C’est exactement l’inverse de ce qui adviendra au Christ, premier-né d’entre les morts, relevé du tombeau où il avait été couché… La sortie d’égypte est programmatique : elle manifeste déjà que nous sommes destinés au salut, à la vie divine.
La sortie d’Égypte est l’évènement fondateur du peuple d’Israël. La Loi ordonne d’en garder la mémoire et de la raconter chaque année aux enfants lors de la Pâque. Les exilés doivent-ils donc réellement l’oublier ? Il s’agit plutôt de ne pas se figer sur ce passé en l’imaginant à jamais insurpassable : voici que je fais une chose nouvelle.
Entre Babylone et Jérusalem se trouve l’immense désert d’Arabie. Il était infranchissable jusqu’à ce qu’on puisse transporter l’eau nécessaire. Les caravanes empruntaient donc les routes du croissant fertile au Nord. C’est pourtant par le désert que Dieu annonce vouloir faire passer les rescapés… Il fera couler de l'eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer son peuple !
Les exilés croient-ils - et nous-mêmes, dans tous nos exils, croyons-nous - que le Dieu qui fit un chemin dans la mer est source d’eau jaillissante (cf. Jn 4, 14) ? Dans les situations bloquées, perdues à vue humaine, dans la fragilité de l’église, savons-nous discerner les signes, même ténus, de la nouveauté qui germe déjà ? Regardez-les champs, ils sont blancs pour la moisson (Jn 4, 35).

 • Psaume 125,1-6
Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Tu veux nous combler, Seigneur, bien au-delà de ce que nous pourrions demander et même espérer. Ouvre-nous au changement. Accorde-nous d’oser la confiance sans mettre frein ni à ton pardon, ni à ta générosité.

 • Évangile : Jean 8, 1-11
Dieu est toujours à l’œuvre. Inlassablement, il suscite la vie et renouvelle le monde car il est par essence créateur. Que passé ou présent soient pour nous source d’émerveillement ou de douleur ; que nous souhaitions qu’ils perdurent ou qu’ils cessent ; que scribes et pharisiens, comme dans ce passage, aient perverti la Loi, chemin de vie, en instrument de condamnation et de mort… rien n’y fait. Chaque instant peut engendrer de la nouveauté. Alors que la Loi était gravée de manière indélébile dans la pierre, Jésus écrit sur la terre, de manière éphémère. Rien n’est figé, l’avenir est toujours ouvert.
Comment la femme adultère aurait-elle pu espérer échapper à la lapidation ? Par deux fois il nous est indiqué qu’elle a été mise au milieu ce qui sera bientôt le cas de Jésus crucifié au milieu de deux autres (Jn 19, 18). Anticipant sur sa mort et sa résurrection prochaines sources de notre salut, le Christ, par deux fois, s’abaisse et se redresse et libère la femme de tout désordre, de toute idolâtrie, de toute entrave. Une voie nouvelle et inouïe qu’il offre à chacun. En Jésus, Dieu s’abaisse pour nous relever.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Philippiens 3,8-14) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
Jérusalem: l'esplanade des mosquées
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org