24 mars: 3°dimanche de Carême C
 
 
"Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même"
 

• Première lecture : Exode 3, 1-8a.13-15
Après le récit de l’alliance conclue avec Abraham, voici celui de la vocation de Moïse chargé d’affronter Pharaon qui n’a pas de nom. Par sa fonction il symbolise toutes les formes de toute-puissance qui s’opposent au Dieu de tendresse et de pitié (psaume) qui, à cette occasion va, lui, révéler son nom à Moïse. Cet envoyé de Dieu doit obtenir la libération des fils d’Israël et les conduire vers le pays promis à la descendance d’Abraham.
Le Dieu d’Abraham et de ses fils interpelle Moïse en manifestant d’abord sa volonté de voir le peuple victorieux de l’épreuve qu’il traverse : le buisson qui illumine sans se consumer atteste que le peuple demeurera vivant. Ce Dieu très saint est aussi le très proche : J'ai vu la misère… j'ai entendu… je connais, et il prend les initiatives nécessaires au salut des hommes. Mais Celui qui voit ainsi ne peut rien si Moïse ne voit lui aussi : Le Seigneur vit qu'il avait fait un détour pour voir. Dieu peut alors envoyer Moïse avec mission de libérer le peuple de son esclavage.
Le Dieu des pères révèle alors son propre nom exprimant la plénitude de l’être : Je suis, étais, serai… vous verrez bien qui je suis…. Intraduisible en mots, il se dira en actes. Dans la pensée hébraïque le nom d’une personne révèle la plénitude de son être, il dit sa vocation. Or il est impossible de prétendre connaître parfaitement Dieu et donc de prétendre à lui donner un nom totalement ajusté. On le découvre constamment Autre en l’accueillant et en se laissant surprendre. Empruntant au livre de l’Apocalypse la doxologie chrétienne chante le Dieu qui est, qui était et qui vient !

• Psaume 102,1-4.6-8.11
Le psalmiste contemple le Seigneur et le bénit, s’invitant lui-même à n'oublier aucun de ses bienfaits.  Sa propre expérience ainsi que ce qu’il retient de l’histoire de son peuple lui fait donner à Dieu un nom qui correspond bien au projet révélé à Moïse dans la 1ère lecture : Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour. Un peu plus avant dans l’avancée vers la Terre promise, Dieu se nommera lui-même ainsi à Moïse (Ex 34,6).

• Évangile : Luc 13, 1-9
Jésus récuse toute intervention directe de Dieu dans les malheurs qui peuvent s’abattre sur les hommes, que ceux-ci soient des pécheurs ou des justes. Mais comme Paul après lui, il nous indique que ces situations doivent nous faire réfléchir à l’orientation de notre vie tournée vers le royaume.  Ils nous incitent à la conversion, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Notre baptême et notre participation à l’eucharistie ne nous assurent pas automatiquement le salut. Ce ne sont pas des rites magiques. Dieu fait grand cas de notre liberté et requiert notre adhésion active à la vie divine. La mort peut survenir à l’improviste, alors, si nous ne voulons pas être trouvés loin du Seigneur, ne différons pas de nous convertir.
Si nous nous estimons encore très loin, ne sombrons pas cependant dans la désespérance. La parabole du figuier dont les fruits se font attendre témoigne de l’infinie patience du Seigneur. Pour lui mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas à venir… il nous espère avec une infinie patience, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion (2 P 3, 9).



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 10,1-6.10-12) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org