3 février: 4° dimanche ordinaire C
 
 
"Jésus, comme Élie et Élisée, n'est pas envoyé aux seuls Juifs."
 

• Première lecture : Jérémie 1, 4-5.17-19
Il est des êtres dont la vie semble une tourmente sans fin. Parfois, ils ont raison avant les autres. Ce sont des prophètes. Quand ils ont conscience d’un appel, ils partent et vont leur chemin quelles qu’en soient les conséquences. Jérémie se vivra comme tout entier saisi : la parole de Dieu sera sa passion et son tourment, un feu dévorant.
Vocation d’autant plus difficile qu’elle débute en un temps où ses paroles étaient perçues comme autant de provocations. Son ministère débute sous le règne de Josias, ou de son successeur, au moment où s’achevait une réforme religieuse qui faisait de Jérusalem l’unique sanctuaire d’Israël. à un moment qui semble béni, il est amené à proférer des oracles qui viennent contredire la tranquillité relative de ses compatriotes. Il doit affronter le pouvoir royal, le sacerdoce auquel il est apparenté et sa propre famille.
C’est encore vers lui que nous pouvons nous tourner pour réfléchir aux « signes des temps », selon l’expression chère au Bienheureux Paul VI. Il nous appelle à promouvoir, à notre tour, la justice et la paix, même quand la cause semble perdue.
Sa haute figure prophétique n’est pas sans évoquer Jésus qui sera, lui aussi, rejeté de sa ville, abandonné de tous, en butte aux autorités religieuses et civiles, mais qui ira au bout de son destin et nous invite à le suivre.

• Psaume 70,5-8.15.17.19
On croirait entendre la voix de Jérémie s’exprimant sur sa vocation précoce et redisant sa fidélité sans faille à ce qu’il a reçu de Dieu.
Au-delà des malheurs, des souffrances qui ne manquent pas dans une vie, c’est une voie d’espérance qui s’ouvre dans la prière et qui donne du sens, même à l’incompréhensible.
La proximité avec Dieu et l’annonce de ses œuvres conduit l’orant jusqu’à la sublime interrogation qui suit notre extrait. Elle devient exclamation et conduit au silence de la contemplation pure, dans un ‘être là’ avec celui qui se donne en communion.

• Évangile : Luc 4, 21-30
Jésus inaugure son ministère dans la synagogue de sa ville d’origine. Lettré, il est invité à enseigner et à faire ses preuves pendant le sabbat.
Il se comporte avec toute la révérence voulue pour honorer la communauté dont il est issu, mais l’accomplissement de l’Ecriture en lui, provoque incompréhension et rejet. Comme ses devanciers, il est contraint de partir.
À bien considérer les choses, il y a là une double annonce : l’épisode de Nazareth scelle tout le ministère de Jésus. Son chemin le conduira, en butte avec ceux qui détiennent la connaissance de Dieu, jusqu’à la croix dans une incompréhension croissante. La particularité géographique mentionnée par Luc, qui ne correspond pas du tout à la topographie de Nazareth, est une image de ce qui l’attend : un saut mortel. Jésus suivra sa route sans broncher, si ce n’est un instant à Gethsémani, et sans éviter la confrontation.
Cet épisode montre aussi le chemin qui sera celui de l’Evangile : l’échec de l’Annonce dans les synagogues conduira les apôtres, sous l’impulsion de Paul en particulier, à se tourner ailleurs, à partir au loin.




On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (
1 Corinthiens 12,31-13,13) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org