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"Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit"
 

• Première lecture : Isaïe 62,1-5
Malgré le retour d’exil, la désolation demeure : conflits entre ceux qui n’ont pas quitté la terre d’Israël et ceux qui rentrent, travaux de reconstruction qui traînent, etc. Pourquoi Dieu tarde-t-il à faire justice ? C’est le découragement : nous attendions la lumière, et voici les ténèbres… nombreux sont nos crimes contre toi… la vérité a disparu. Si les divisions et l’injustice rendaient le salut donné illisible ? (Is 59, 9-15) Mais, chez le prophète, quel amour de Jérusalem, quelle confiance dans la mission que Dieu lui donne d’attirer tous les peuples ! Du début à la fin du livre, des noms nouveaux sont donnés à la ville, signes de sa vocation sans cesse renouvelée en vue d’une intimité de plus en plus grande avec le Seigneur.
Quel plus beau nom que celui d’Épousée ? Quelle plus intense communion que celle qui unit les époux ? Comment mieux dire la réalité de l’Alliance dont la fécondité va se déployer ? Jérusalem, à qui l’exil avait pris ses fils, en accueillera une multitude venant de toutes parts. Jusqu’à ce que les noces de Dieu avec l’humanité tout entière soient définitivement consommées en Jésus-Christ : je vous ai fiancés à un époux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ (2 Co 11, 2). Soyons dans l'allégresse et dans la joie, … car voici les noces de l'Agneau, et son épouse s'est faite belle…  L'Esprit et l'épouse disent : "Viens !" (Ap 19, 7 ; 22, 17).

 • Psaume 95,1-3.7-10
En l’associant à la reconstruction du temple au retour d’exil, le titre de la version grecque de ce psaume le situe dans le même contexte que l’oracle prophétique que nous venons d’entendre. Comme Isaïe, il exalte la vocation universelle de Jérusalem. Le salut de Dieu est destiné à tous les peuples qui, tous, sont appelés à lui rendre gloire, c’est-à-dire à le reconnaître à sa juste valeur : il est le roi qui maintient le monde et à qui on peut se fier.

• Évangile : Jean 2,1-12
Ne parle-t-on pas de l’épiphanie de Cana ? La portée de ce récit johannique va, en effet, bien au-delà du fait singulier qu’il évoque et dont la mariée est curieusement absente : ne serait-elle pas la communauté lectrice ? Au cœur de la séquence se trouvent Jésus à qui tout est référé et les serviteurs qui savent d’où vient l’eau changée en vin. Ils sont les modèles de ceux qui marchent vers la vérité en se laissant guider vers Jésus.
C’est le premier des signes que Jésus accomplit. Six autres suivent. Ils accompagnent notre cheminement avec Jésus, nous éveillent à discerner dans nos vies les traces de sa gloire et nous entraînent à croire en lui, comme il est souligné des disciples.
Cadre dans lequel Jésus inaugure son ministère, les noces de Cana annoncent tout son programme : accomplir, achever en lui, en son sang versé, les noces de Dieu avec son peuple et toute l’humanité. Noces promises et attendues de longue date comme nous le rappelait Isaïe et que nous célébrons dans l’Eucharistie.
On peut donc vivement regretter que la mention du troisième jour qui figure au début du récit ait disparu du texte liturgique. Jointe à celle de l’Heure, elles nous en indiquent le caractère pascal, d’autant que, si on relit ce qui précède, on s’aperçoit que ce troisième jour est aussi le septième d’une semaine inaugurale. Or qui dit septième jour dit achèvement, perfection, couronnement. C’est l’apothéose de la création qui nous est ainsi annoncée.
La vacuité des six jarres servant aux ablutions rituelles juives manifestent bien que l’on est au seuil d’un renouvellement décisif de l’Alliance. Bientôt, par sa mort sur la croix, Jésus se révèlera comme la septième jarre qui remplit toutes les attentes de vin nouveau.
En suscitant la manifestation de Jésus et en indiquant aux serviteurs : Tout ce qu'il vous dira, faites-le, Marie accomplit déjà la mission de mère de l’Église et de l’humanité qu’elle recevra au pied de la croix (Jn 19,25-27). Chez Jean, elle n’apparaît que dans ces deux scènes extrêmes où elle est désignée comme la mère de Jésus et interpellée par Jésus : Femme. Une adresse qui, loin d’être méprisante, lui confère un statut d’excellence et la désigne comme la nouvelle ève.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 12,4-11) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales (Année C/ 2018-2019). Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre et des pistes pour l'homélie.
 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org