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Evangile de Luc
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de Villefranche Henry
Voir et servir. Des clés pour lire saint Luc
2-88918-996-1
Voir et servir. Des clés pour lire saint Luc
Recension
 
 
Recension du livre de Henry de Villefranche, "Voir et servir. Des clés pour lire saint Luc", par Paul Agneray
 

Henry de Villefranche
Voir et servir. Des clés pour lire saint Luc
Parole et Silence, 2017, 190 p., 14 €


Dans son introduction, l’auteur expose brillamment son propos, en situant l’œuvre de Luc (Lc et Ac) dans l’ensemble de l’Écriture et plus précisément au cœur du NT. Il s’appuie sur le prologue de Lc 1,1-4 et sur celui des Actes. Premièrement, si Luc écrit, c’est que d’autres ont écrit avant lui : son récit est donc une relecture, processus fort courant dans la Bible. Deuxièmement il écrit « avec soin » (akribôs), une remarque sur laquelle Henry de Villefranche (H.d.V.) reviendra plusieurs fois. Troisièmement son but est de montrer la solidité de ce que le lecteur sait déjà ; c’est une opération de « véridiction ».

Et sur quoi cette véridiction porte-t-elle ? Luc le précisera au début des Actes : sur ce que Jésus a fait et enseigné… Dans l’œuvre de Luc, comme dans les autres Evangiles, la question principale est christologique, double question : « Qui est Jésus ? Comment peut-on devenir son disciple ? »

Avant Luc, Marc et Matthieu s’étaient heurtés à la difficulté de répondre à ces questions (puisqu’il ne s’agit de rien d’autre que du mystère de l’incarnation). Mais, écrit H.d.V., « c’est alors que le récit se présente avec sa vertu propre, non pas statique, comme la littérature dogmatique, mais dynamique dans ses dispositions littéraires et ses ressources narratives ». Voilà qui définit la méthode de notre ouvrage : approche rhétorique, à la manière de R. Meynet et approche narrative à la manière de J.-N. Aletti. L’auteur se réfère aussi à l’œuvre magistrale de F. Bovon.

Comme l’annonce le titre de l’ouvrage, les principales clés de lecture sont « voir » et « servir ». Voir de nouveau Lc 1,1-4 : « témoins oculaires » et « serviteurs de la Parole ». Tout le texte du troisième Évangile est donc parcouru en repérant le passage d’un terme à l’autre, qui n’est pas autre chose qu’un passage du visible à l’invisible, ouverture au mystère. Un exemple particulièrement remarquable de cette démarche est le récit des disciples d’Emmaüs : Ils voient Jésus sans le voir ; ils entendent sa parole, à partir de toute l’Écriture et ne pressentent qu’un peu plus tard le mystère.

Pour chaque partie et chaque section H.d.V. repère rapidement les structures littéraires et surtout déploie une interprétation toujours intéressante et suggestive. Le contenu est dense, mais le style est alerte et élégant. Bref nous avons là un ouvrage très agréable à lire et qui fait réfléchir…

En conclusion, l’auteur présente la façon dont l’évangile selon saint Luc est distribué dans le lectionnaire romain. Signalons aussi quelques jolies gravures d’Isabelle Rougier qui font voir la Terre sainte.

▪ Paul Agneray

Niveau de lecture: aisé

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org