1661
baiser
611
Judas
1659
trahison
1660
traître
23
Berder Michel
3
Billon Gérard
35
Burnet Régis
116
Dahan Gilbert
457
Déclais Jean-Louis
130
Noblesse-Rocher Annie
458
Wieger Madeleine
Suppl. au n° 184. Judas
Gros plan sur
 
Approfondir
 
Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme?
 
Alors que les évangiles le désignent (à une exception près) comme celui qui "livra" Jésus, Judas demeure, dans la tradition, le traître. N'a-t-on pas donné son nom à la petite ouverture qui permet d'observer à travers une porte sans être vu? Pourtant, que de mystères dans son action! RIen ne la prépare: pourquoi trahit-il? Alors que tout le monde connaît déjà Jésus à Jérusalem et sait où il est, que trahit-il? Et que devient-il après le fameux baiser: s'est-il pendu ou est-il mort au milieu d'un champ mal acquis? Une chose est sûre: en prenant tout à coup sa décision intempestive d'aller voir les grands prêtres, il brise le fragile équilibre dans lequel vivaient les autorités juives et ceux qui cherchaient à le faire mourir. Son geste met fin au statu quo et déclenche le drame de la Passion.
À partir du IVe siècle, les cris d'orfraie  s'élèvent, les clameurs de haine jaillissent: haro sur Judas qui trahit son maître! Et pendant quasiment seize siècles, chacun se complaît dans une rassurante chasse au traître, en confondant souvent Judas et les Juifs.
Cette belle unanimité permettait en effet d'accuser à bon compte ceux qu'on avait définis comme des ennemis - Judas est une figure essentielle dans la construction de l'anti-judaïsme chrétien -, mais aussi d'éviter des questions embarrassantes que la modernité se fait un plaisir de poser. Jésus aurait-il fait exprès de choisir celui qui allait le trahir, ou n'était-il pas assez perspicace pour apercevoir le caractère pernicieux de l'isacriote? Et surtout quelle est sa faute? Les trois annonces de la Passion (Mt 16,21; Mc 17,22; Lc 20,17-19) affirment dans les mêmes termes, qu'il fallait que le Fils de l'homme soit livré, qu'il soit mis à mort pour que le troisième jour, il ressuscite. La "traîtrise" serait-elle nécessaire au plande DIeu?


Suppl. au n° 184, Judas
136 pages, SBEV / Éd. du Cerf,  2018, 15 euros.
Régis Burnet, dir., avec la comllaboration de Michel Berder, Gérard Billon, Gilbert Dahan, Jean-Louis Déclais, Annie Noblesse-Rocher, Madeleine Wieger.  


p. 6 – Judas dans le Nouveau testament  (Régis Burnet)
   Encadré: Iscariote

p. 11 – Judas dans les premiers siècles (Régis Burnet)
Une première réception tardive et complexe
Judas au IVe siècle: Augustin et Jean Chrysostome
Vers la constitution d'une légende noire
   Encadré: Judas dans le récit musulman (Jean-Louis Déclais)

p. 34 — La figure du roi David  dans le Nouveau Testament  (Gilbert Dahan)  
L'approche exégétique
L'approche théologique
Les réécritures
La légende de Judas, parricide et incestueux
   Encadré : Dante et la damnation de Judas  (Régis Burnet)

p. 67 – Judas chez les réformateurs (Annie Noblesse-Rocher)

p. 73 – Du XVIIIe au XXIe siècle: l'avènement d'un judas humain (Régis Burnet) 
Un lent changement sur fond de conservatisme
   Encadré: Abraham a Sancta Clara et l'antijudaïsme chrétien
Comprendre Judas
Réhabiliter Judas
Figures anciennes
Fgures nouvelles

p. 103 – Judas et les artistes
Les arts visuels (Régis Burnet)
   Encadré: Figures cinématographiques de Judas (Gérard Billon)
Dans le répertoire musical (Michel Berder)

p. 118 – Judas sans la Dogmatique de Karl Barth (Madeleine Wieger)
Le réprouvé, celui qui a livré Jésus
L'apôtre malgré lui
   Encadré: Judas dans le discours catholique (Régis Burnet)

p. 129 – Bibliographie

p. 130 – Textes cités 

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org