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Péché originel
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Billon Gérard
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Gruson Philippe
Le péché "originel"
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C'est saint Augustin qui, à partir du récit symbolique de Genèse 3, a, le premier, parlé de "péché originel"...
 

Le récit symbolique de Gn 3 montre comment, depuis les origines, l’homme et la femme font usage de leur liberté et se méfient de Dieu ; ils cherchent à l’évincer en substituant leur propre loi à la sienne. Cette attitude est le modèle de tout « péché », même si le terme n’y figure pas. Gn 4–11 rapporte trois autres « péchés d’origine » : la jalousie meurtrière de Caïn (Gn 4,7-8), la corruption et la violence d’avant le déluge (Gn 6,5-12) et l’orgueil des constructeurs de la tour de Babel (Gn 11,1-9). Dès Gn 12, Dieu appelle Abram pour qu’en lui « soient bénies toutes les familles de la terre ». De livre en livre, la Bible rapporte les initiatives de Dieu pour rétablir la relation rompue initialement et sans cesse détériorée par le péché des générations successives.

Dans la lettre aux Romains, saint Paul considère le Christ comme un « nouvel Adam » parce qu’en lui une humanité renouvelée commence. Si le Christ sauve tous les hommes, c’est qu’ils sont tous pécheurs, les juifs comme les païens, depuis Adam : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20). La tradition chrétienne, depuis saint Augustin, a durci cette réflexion sur l’universalité du mal en parlant du « péché originel », et en oubliant trop souvent l’universalité du salut qui est première : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire à tous miséricorde » (Rm 11,32), « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4).

G. Billon, P. Gruson, Pour lire l’Ancien Testament. Le Premier Testament par les textes, Éd. Du Cerf, Paris, 2007, p. 39.

 
Monastère Ste Catherine, Sinaï.
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org