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Parole de Dieu
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Pastorale
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Matand Bulembat Jean Bosco
La Bible, un livre performatif : éléments fondamentaux de la relation Parole de Dieu et actions pastorales
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Comment intensifier “la pastorale biblique” comme "animation biblique de toute la pastorale"...
 
Par Jean Bosco Matand Bulembat, professeur de Nouveau Testament et ancien Secrétaire Général de l’Association Panafricaine des Exégètes Catholiques. Membre de la Commission biblique pontificale, il a été Recteur de l’Université Catholique du Congo à Kinshasa.

Cette intervention est extraite de « Animatio biblica totius actionis pastoralis » (Verbum Domini n°73) : Actes de la 8e Assemblée plénière, Kachebere, Malawi, 17-23 septembre 2013/Biblical Centre for Africa and Madagascar (BICAM). (Accra: BICAM Publications, 2014). Parue dans le bulletin Dei Verbum de la Fédération biblique catholique (BDV digital 2014 1-4, p. 11-20, voir http://www.c-b-f.org/cbf-activities/publications/bdv-list)

 

1. Je remercie les organisateurs de cette Assemblée Plénière du Centre Biblique pour l’Afrique et Madagascar, dont le thème est Biblica animatio totius actionis pastoralis, de m’y avoir invité et, surtout, de m’avoir demandé d’apporter une contribution sur La Bible, un livre performatif. Éléments fondamentaux de la relation Parole de Dieu et actions pastorales. C’est en tant que Secrétaire général de l’Association Panafricaine des Exégètes Catholiques (APECA) que j’ai été invité[1]. J’y suis venu volontiers, même si depuis la semaine dernière, l’APECA a désigné un autre Secrétaire général en la personne du Père Moïse Adekambi qui a été pendant neuf ans Directeur du CEBAM[2].

Si j’ai bien compris ce qui m’attend, il s’agit d’indiquer aux animateurs de l’Apostolat biblique en Afrique, lesquels constituent la présente assemblée, les voies et moyens pour mettre en application la directive pastorale indiquée par le Pape émérite Benoît XVI au n. 73 de son exhortation post-synodale Verbum Domini, à savoir : « d’intensifier “la pastorale biblique” non en la juxtaposant à d’autres formes de la pastorale, mais comme animation biblique de toute la pastorale ». Et comme le sujet que je dois développer s’y prête bien, je vais passer par trois étapes pour satisfaire à cette attente : d’abord, parler de la Bible en tant que livre, en montrant ses caractéristiques littéraires ; puis mettre en lumière les éléments de la dimension performative de la Bible, en indiquant en quoi celle-ci est Parole de Dieu dont l’écoute et la mise en application conduisent à la vie éternelle avec Dieu ; enfin, indiquer les éléments de base du lien qui doit exister entre la Bible, entendue comme Parole de Dieu, et les actions qu’entreprennent les pasteurs du troupeau de Dieu pour conduire celui-ci sur des prés d’herbes fraiches en vue de la sainteté.

La Bible comme livre

2. Que la Bible soit un livre, personne ne peut en douter. Il s’agit d’un gros volume qui, en réalité, comprend plusieurs textes anciens, distants du point de vue temporel et spatial, déjà entre certains d’entre eux, mais surtout par rapport à notre époque et à notre culture africaine. Au moins vingt siècles (jusqu’à trois millénaires) séparent notre monde d’aujourd’hui d’avec celui de la Bible. En outre, c’est pendant au moins huit siècles que les textes bibliques ont été écrits. Les livres que l’on trouve dans cette « bibliothèque » ont, en principe, été bien composés par des auteurs précis, selon une disposition précise et conformément aux règles ou techniques d’écriture en vigueur à leur époque et dans leurs milieux, même si aujourd’hui, à cause de la position de tiercepersonne que le lecteur contemporain occupe, pareille composition n’est pas toujours évidente. La Bible contient ainsi des textes pour lesquels les questions relatives à leurs auteurs, leurs destinataires, leurs lieux et dates de composition deviennent pertinentes en vue de leur compréhension équilibrée.

De fait, il est évident que la Bible (particulièrement l’Ancien Testament) est par endroit une collection de plusieurs couches littéraires qui ont été progressivement mises en forme. Il est même pratiquement impossible de parler d’un auteur de tel ou tel document de l’Ancien Testament, d’autant plus qu’on ne sait même pas qui a effectivement écrit ce document-là. Ce qui est sûr, c’est le fait que la plupart des textes sont le fruit d’une croissance dans un espace plus ou moins grand de temps, avec une contribution probable de plusieurs personnes dans leur forme finale. D’où la diversité de matériels dans tel ou tel livre, qui rend impossible son attribution à tel ou tel auteur. D’où aussi des changements en contenu et orientation théologiques ou des différences dans des situations historiques présupposées.

3. Les petites ou grandes unités littéraires de ces textes ont été rédigées selon les genres littéraires en usage dans les milieux de vie où ont vécu leurs auteurs. En certaines unités, les genres littéraires s’enchevêtrent tellement qu’il faut de l’intelligence pour découvrir celui qui est le plus englobant. Dans la Bible, en effet, il existe plusieurs genres littéraires par lesquels le message divin a été communiqué à l’humanité. Prendre connaissance de chaque genre littéraire permet de voir  comment et dans quelle mesure les différents auteurs ont dit la même vérité de Dieu et de l’homme. Si tel livre est écrit sous forme de fable ou de conte, tel autre répond au modèle mythique. Si telle macro-unité est exprimée sous forme de modèle narratif, telle autre est une vraie argumentation du genre de la rhétorique ancienne ; telle partie est un genre apocalyptique, telle autre un midrash rabbinique. L’Evangile prend tantôt la forme d’un récit de miracle, tantôt celle de la parabole ; ici le genre d’une annonciation, là celui de la controverse, ou de l’homilétique, etc. Quoi qu’il en soit, en tant que textes écrits, les évangiles constituent dans le Nouveau Testament un genre littéraire spécifique, différent des lettres pauliniennes ou johanniques ou catholiques, différent des textes apocalyptiques ou prophétiques ou sapientiaux, différent de tout autre récit profane ou hagiographe.

Le Concile Vatican II l’a affirmé avec autorité : « Pour découvrir l’intention des hagiographes, on doit, entre autres choses, considérer aussi les “genres littéraires”. Car c’est de façon bien différente que la vérité se propose et s’exprime en des textes diversement historiques, en des textes, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d’autres genres d’expression. Il faut, en conséquence, que l’interprète cherche le sens que l’hagiographe, en des circonstances déterminées, dans les conditions de son temps et l’état de sa culture, employant les genres littéraires alors en usage, entendait exprimer et a, de fait, exprimé. En effet, pour vraiment découvrir ce que l’auteur sacré a voulu affirmer par écrit, on doit tenir un compte exact soit des manières natives de sentir, de parler ou de raconter courantes au temps de l’hagiographe, soit de celles qu’on utilisait ça et là à cette époque dans les rapports humains » (Dei Verbum n°12). Il importe donc chaque fois de voir le schéma de chacune de ces formes de langage, mais surtout la fonction théologique de chacune d’elle dans le processus de la communication de la Parole de Dieu.

C’est ainsi que l’on peut facilement comprendre les variations qui peuvent faire surface à l’intérieur d’un même récit reporté dans deux, trois ou quatre évangiles (exemple, la multiplication des pains dans Mt 14,13-20 ; 15,29-39 ; Mc 6,34-44 ; 8,1-10 ; Lc 9,10-17 ; Jn 6,1-15). Ces variations qui concernent soit le contenu, soit la disposition, soit l’emplacement du matériel dans le document, sont justement des résultats de la situation vitale des différentes communautés ecclésiales primitives. A cela il faut ajouter une autre situation vitale, celle de l’auteur ou du compilateur. Dans bien des cas, la situation vitale de ce dernier est différente de celle où le récit a été dit, raconté pour la première fois. Ainsi, même si la Bible n’est pas un livre d’histoire, elle contient du matériel qui renvoie à des événements historiques, sans compter le fait qu’une bonne partie d’elle est présentée sous forme de récits historiques. Il faudrait donc situer chaque écrit à son époque et même épingler les différentes traditions successives dans lesquelles chaque texte fut écrit. Une attention historique est donc exigée de la part du lecteur.

4. Un autre élément littéraire des textes bibliques à mettre en évidence est celui de la langue. Aucun texte de la Bible n’a été composé dans une langue moderne. L’Ancien Testament fut écrit en Hébreu, quelques parties en Araméen et quelques autres en Grec. Le Nouveau Testament est un ensemble de textes rédigés dans la langue grecque populaire de l’époque hellénistique (la koinè), conformément aux règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la société et dans le respect du sens des mots et des expressions compréhensibles auprès des destinataires premiers, malgré la capacité créative de chaque auteur. Même ceux qui, aujourd’hui, parlent l’Hébreu moderne ou le Grec moderne ne comprennent pas ces langues anciennes, à moins qu’ils les étudient spécialement. La barrière linguistique est un vrai obstacle à une compréhension correcte de la Bible.

Et que dire des traductions ? Au moins trois choses : 1° C’est déjà très tôt que la Bible a été traduite en d’autres langues, comme le Grec (la LXX), le Syriaque, le Latin, le Copte. L’Ancien Testamentfut traduit déjà en Grec, en Araméen et en Samaritain avant la naissance de Jésus-Christ et la traduction grecque (la LXX) fut utilisée par les tout premiers chrétiens. 2° Ces versions anciennes portent, comme toutes les traductions du monde, à leur tour les marques de la compétence des traducteurs, celles des attentes des lecteurs du texte traduit et celles des milieux de vie dans lesquels les traductions ont été produites[3]. 3° Cet engouement pour les traductions anticipe déjà sur le deuxième point de notre exposé. C’est parce qu’une valeur performative fut très tôt reconnue à ces textes par les communautés de foi (juives ou chrétiennes) qu’il fallait absolument les transmettre de communauté en communauté et de génération en génération. Nous y reviendrons au moment opportun. Il reste que cette transmission conduisit à la multiplicité des copies soit des originaux, soit des traductions. Et dans ce processus de transmission, la conservation des textes bibliques a malheureusement connu beaucoup de corruptions pour des raisons soit indépendantes de la volonté des copistes, soit voulues par ces derniers. Les textes bibliques nous sont ainsi parvenus grâce à des manuscrits qui témoignent de plusieurs variantes. Les plus vieux manuscrits de l’Ancien et du Nouveau Testament que nous possédons sont tous des copies, établies bien longtemps après que les documents originaux étaient écrits. Aucun n’est semblable aux autres. Il se pose ainsi un problème textuel: quel est le manuscrit qui nous communique la formulation textuelle qui soit la plus proche de l’original ?

5. En conclusion à ce point, disons que la lecture des textes bibliques aujourd’hui exige un minimum d’information, voire de formation, quant à la nature littéraire de la Bible et aux exigences à respecter si l’on veut parvenir à une interprétation qui soit conforme et cohérente à cette nature. On comprend dès lors pourquoi la Bible a toujours été objet d’études exégétiques et herméneutiques. Mais ces études manqueraient de pertinence si elles ne se limitaient qu’aux aspects littéraires des textes bibliques et à sa dimension historique et ne mettraient pas en lumière le deuxième aspect de la nature de ces textes, à savoir le message de foi qu’ils communiquent. C’est ce qu’a souligné Benoît XVI lors de son intervention au Synode de 2008 et qu’a de manière heureuse bien réaffirmé Verbum Domini (cf. nn. 35-36). Je fais ressortir cet aspect – d’ailleurs le plus fondamental – dans le deuxième point de mon exposé.

La dimension performative de la Bible

6. Commençons ce point par dire ce que l’on peut entendre par performatif. C’est chez Benoît XVI, dans l’encyclique Spe salvi que je trouve ce que veut dire performatif, quand il dit ceci au n. 2 : « … le christianisme n’était pas seulement une ‘bonne nouvelle’ – la communication d'un contenu jusqu’à présent ignoré. Dans notre langage, nous dirions: le message chrétien n’était pas seulement ‘informatif’, mais ‘performatif’. Cela signifie que l'Évangile n'est pas uniquement une communication d'éléments que l'on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie »[4]. Au n°4, bien que formulant cela sous forme de question, il soutient en fait que la rencontre avec le Dieu qui, dans le Christ, nous a montré son Visage et qui a ouvert son Cœur peut être aussi pour nous non seulement de type ‘informatif’, mais aussi ‘performatif’, quand « elle peut transformer notre vie de manière que nous nous sentions rachetés par l'espérance que cette rencontre exprime » (ibidem). La dimension performative de la Bible provient ainsi du fait qu’elle propose une rencontre avec le Dieu qui donne vie et qu’elle assure d’une espérance pour une vie de communion éternelle avec Dieu dans le Christ.

7. Ce qui est fondamental pour la Bible, c’est le fait que nous, les croyants, nous recevons ses textes et les lisons comme Parole de Dieu. La Bible n’est pas n’importe quel texte ; elle n’est pas à lire et comprendre comme une lettre d’un ami, un article d’un magazine de notre temps, un récit d’un journal sur un événement donné, ou un roman moderne. Elle rentre dans la catégorie d’Écriture sacrée pour les communautés de foi qui l’ont reçue (Israël et Église) comme ensemble de textes inspirés par Dieu lui-même pour le salut de ceux qui Un concept clé pour accueillir le texte sacré, en tant que Parole de Dieu faite paroles croient en lui. Dans Verbum Domini, Benoît XVI l’exprime en recourant à une analogie : «humaines, est indubitablement celui de l’inspiration. Ici aussi, nous pouvons suggérer une analogie : comme le Verbe de Dieu s’est fait chair par l’action de l’Esprit Saint dans le sein de la Vierge Marie, de même l’Écriture Sainte naît du sein de l’Église par l’action du même Esprit. L’Écriture Sainte est ‘Parole de Dieu en tant que, sous le souffle de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit’. On reconnaît de cette manière toute l’importance de l’auteur humain qui a écrit les textes inspirés et, en même temps, de Dieu reconnu comme son auteur véritable » (Verbum Domini, n°19).

Pour le Nouveau Testament en particulier, chaque écrivain sacré, mieux chaque rédacteur final, a dû tenir compte des exigences de foi de la communauté à laquelle il s’adressait et a ainsi choisi de dire la vérité de l’évangile tel qu’il l’a fait et en se conformant, même si pas de manière servile, au moule que lui imposait la forme de langage qu’il avait choisi. L’étude de la situation vitale de l’auteur doit ainsi prendre en compte non seulement sa situation historique, géographique et sociale, mais aussi et surtout ses intérêts théologiques et ses finalités pastorales.

8. Certes, le Nouveau Testament est un ensemble de textes à propos d’un Jésus, mais ce n’est pas n’importe lequel ; c’est seulement celui qui a été reconnu comme le Christ. Certes, certains textes néotestamentaires ont connu une préhistoire au cours de laquelle on peut distinguer diverses étapes, partant de l’oralité au texte final en passant par de petits écrits bien structurés ; mais tout cela a été chaque fois fait pour des raisons de catéchèse, celles de transmettre des récits bien ordonnés en vue de solidifier ce que les auditeurs avaient déjà entendu dans la proclamation de la messianité du Jésus de Nazareth. Certes, dans cette préhistoire textuelle du NT des textes de l’AT ont joué un grand rôle, qu’ils soient explicitement cités ou qu’on y fasse seulement quelque allusion ; mais chaque mise par écrit intermédiaire ou définitive – et même chaque citation (manière de citer un texte) de l’AT – a été conforme aux perspectives théologiques suscitées par les préoccupations pastorales qui marquaient la communauté qui croyait en Jésus Christ et à laquelle le texte était destiné. Chacun des textes sur Jésus Christ et ses disciples, malgré son éventuelle préhistoire et la dimension de réception qui a caractérisé cette dernière, a été rédigé par un auteur précis qui avait la foi et adressait son écrit à une communauté de foi précise, à un moment historique (espace et temps) précis et pour des finalités catéchétiques et pastorales précises. Et quand je dis un auteur précis, je parle d’un être humain qui a historiquement existé, c’est-à-dire a vécu à une époque déterminée et dans un milieu précis, a été éduqué et instruit selon les exigences scolaires de son époque, et qui s’est laissé influencer ou motiver par les soucis pastoraux de la communauté à laquelle il s’adressait. Qu’il soit connu ou non, qu’il soit vrai ou faux, cet auteur a laissé des empruntes décelables dans son oeuvre (style, vocabulaire, orientation théologique particuliers)[5].

Bref, le NT est un ensemble de textes qui racontent la vie et les gestes (paroles et actes) de la personne de Jésus de Nazareth, mort et ressuscité, ainsi que des événements qui se sont passés concernant les personnes et les communautés qui ont vécu en cette période-là et qui ont cru en lui. Ces textes racontent ces faits selon la perspective précise des hommes de foi qui, motivés par de raisons pastorales, sont restés marqués par les contextes historiques de leur acte d’écrire.

9. On doit donc se rendre compte de la foi et de la vie de l’Église reflétées dans les écrits du NT, mutatis mutandis de la foi et de la vie du peuple d’Israël reflétées dans les écrits de l’AT. Le NT apparaît aujourd’hui comme un recueil de productions littéraires, dans lesquelles le lecteur peut entendre les premiers chrétiens célébrant un culte, priant et chantant, prêchant, enseignant, confessant et défendant leur foi. En l’analysant du point de vue de la critique des formes, on considère les écrits narratifs comme des formes typiques d’expression de la foi plutôt que comme des récits ou des reportages sur un événement dans la vie de Jésus et on cherche à voir comment ces récits ont été utilisés dans la vie de l’Église et façonnés pour ses propres buts. Les genres littéraires utilisés sont, certes, ceux de l’époque et du milieu des écrivains, mais dans la Bible, ce sont des genres littéraires qui interpellent sur l’authenticité de notre relation avec le vrai Dieu et le prochain. Ces textes sont réellement nés du sein de l’Église par l’action du Saint Esprit. Dommage pour celui qui remet cette conviction en cause ; il ne pigera alors rien de la Bible.

Ayant été inspirés, les membres de la communauté de foi les reçoivent comme norma normans de leur vie en ce monde[6]. Il va sans dire que ceci ne vaut que pour un homme de foi. Car, c’est seulement pour ce dernier que la Bible est in fine la Parole par laquelle Dieu appelle les hommes à une vie de communion avec lui ; qu’elle est l’acte d’engagement par lequel Dieu a signé de nous montrer la voie qui conduit à la vie éternelle. C’est dans ce contexte que la lecture de la Parole de Dieu au sein de l’Église est circonscrite par la Tradition et les interprétations traditionnelles de toutes sortes. C’est dans ce contexte également que le Magisterium a le droit d’agir comme instance interprétative des textes fondateurs de l’Église et de se prononcer sur l’interprétation ‘correcte’ de ces textes.

10. Voilà pourquoi, en conclusion aussi à ce point, disons que la lecture des textes bibliques aujourd’hui exige un minimum d’information, voire de formation, quant à la nature divine de la Bible et aux exigences à respecter si on veut parvenir à une interprétation qui soit conforme et cohérente à cette nature. On comprend dès lors pourquoi la Bible a toujours été objet d’études théologiques, spirituelles, pastorales. Ceci me permet de passer au troisième point de mon propos.

Eléments fondamentaux de la relation Parole de Dieu et actions pastorales

11. Il aurait été intéressant de commencer ce point par situer le n° 73 dans l’ensemble de l’œuvre, numéro qui constitue le thème de notre assemblée plénière, mais les limites de cet exposé ne nous l’autorisent pas. Pourtant cela permettrait de découvrir que le n° 73 est inséré dans la partie centrale de l’exhortation, qu’il se situe dans l’épine dorsale de l’ossature de ce chef d’œuvre. C’est dans cette partie en effet que Benoît XVI souligne que « le Synode des Evêques a réaffirmé plusieurs fois l’importance de la pastorale dans les communautés chrétiennes comme cadre dans lequel parcourir un itinéraire personnel et communautaire par rapport à la Parole de Dieu, de sorte que celle-ci soit vraiment au fondement de la vie spirituelle. Avec les Pères du Synode, j’exprime le vif désir que fleurisse ‘une nouvelle saison de plus grand amour pour la Sainte Écriture, de la part de tous les membres du Peuple de Dieu, afin que la lecture orante et fidèle dans le temps leur permette d’approfondir leur relation avec la personne même de Jésus’ » (Verbum Domini n° 72).

12. En fait, Benoît XVI définit aussi ici et en très peu de mots en quoi consiste la Pastorale au sein de l’Église comprise comme « la maison de la Parole de Dieu ». Elle consiste dans le fait de préparer l’écoute et la célébration de la Parole de Dieu dans le cœur des fidèles et faire de sorte qu’elle soit surtout approfondie et assimilée par eux. Car, « la vie chrétienne est caractérisée essentiellement par la rencontre avec Jésus-Christ qui nous appelle à le suivre » (Verbum Domini n° 72, suite). Si nous reprenons ceci dans les termes du sujet que nous sommes en train de développer, nous dirions que tous les acteurs de la pastorale, ceux qui planifient et exécutent les actions pastorales, qu’ils soient Pasteurs ou fidèles, doivent être habités par le vif désir de voir fleurir « une nouvelle saison de plus grand amour pour la Sainte Écriture, de la part de tous les membres du Peuple de Dieu ». Voilà déjà un élément fondamental que nous cherchons : avoir à cœur la rencontre personnelle avec le Christ qui se communique à nous dans sa Parole.

13. Cet élément est clarifié par le pape lui-même : « Il ne s’agit donc pas d’ajouter quelques rencontres dans la paroisse ou dans le diocèse, mais de s’assurer que, dans les activités habituelles des communautés chrétiennes, dans les paroisses, dans les associations et dans les mouvements, on ait vraiment à cœur la rencontre personnelle avec le Christ qui se communique à nous dans sa Parole » (Verbum Domini n° 73, souligné par nous). En quelque sorte, il construit une haie autour de cette expression. En fait, il ne s’agit pas de devenir activiste ; il y aurait risque de superficialité. Il est question d’aller à l’essentiel, à la racine même de la vie chrétienne que l’on sème, cultive, arrose et sarcle grâce à la rencontre personnelle avec le Christ, grâce à la vraie connaissance de ce qu’il est dans sa Parole. C’est pourquoi, citant Saint Jérôme, il affirme : « Ainsi, si ‘l’ignorance des Écritures est ignorance du Christ’, l’animation biblique de toute la pastorale ordinaire et extraordinaire conduira à une plus grande connaissance de la personne du Christ, Révélateur du Père et plénitude de la Révélation divine » (Verbum Domini n°73, suite).

14. Il est vrai que le Pape exhorte à la fois les Pasteurs et les fidèles ; mais il est très clair qu’il souligne ici la responsabilité des Pasteurs, car il n’y a pas de pastorale sans Pasteur. Dans cette perspective, je peux affirmer sans me tromper que, pour Verbum Domini, toute action entreprise par un pasteur en vue de guider les frères et les sœurs du Christ vers la rencontre éternelle avec leur frère aîné doit être animée par la Parole de Dieu elle-même. La pastorale consiste dans le fait d’animer la vie des fidèles pour les conduire à la sainteté, faire de sorte qu’ils deviennent saints par ce qu’ils font et dans ce qu’ils font, actis et verbis. Le pasteur se préoccupe pour que les fidèles confiés à ses soins croissent chaque jour dans le Christ jusqu’à atteindre la plénitude de l’homme parfait. Pour cela, il faut qu’ils écoutent chaque jour la Parole de Dieu. Celle-ci encourage, console, soutient, fortifie. Elle fait entrer dans la pensée de Dieu, contempler sa volonté, méditer sur son plan pour l’humanité. Elle transforme les coeurs en y répandant l’Esprit de Dieu[7]. On comprend pourquoi au n. 48 de Verbum Domini, le Pape parle des Saints comme des  personnes qui ont « véritablement vécu la Parole de Dieu », des hommes et femmes « qui se sont laissés modeler par la Parole de Dieu, à travers l’écoute, la lecture et la méditation assidue ». Un pasteur pourra entreprendre beaucoup d’actions, mais si elles ne sont pas guidées et nourries par l’écoute de la Parole de Dieu, elles courent le risque d’être comme toutes les autres actions accomplies par des entrepreneurs, des politiciens, des hommes de métiers, etc., comme toutes les actions de bienfaisance accomplies même par ceux qui n’ont pas la foi ni l’espérance pour la vie éternelle. Dans cette perspective, il me semble que la relation entre Parole de Dieu et les actions pastorales dépend de la façon dont le baptisé vit sa relation avec la Parole de Dieu. C’est cette relation qui est déterminante pour que les actions pastorales portent leur marque distinctive, la marque chrétienne, celle des disciples du Christ.

15. Prenons en exemple les œuvres de charité, qui dans l’Église relèvent aussi du munus gobernandi des pasteurs, des évêques. C’est par notre écoute de la Parole de Dieu et notre connaissance approfondie du Christ que les actes de développement qu’accomplissent et doivent accomplir les chrétiens seront différents des autres. Dans Caritas in veritate, Benoît XVI le dit avec d’autres mots : « Le développement a besoin de chrétiens qui aient les mains tendues vers Dieu dans un geste de prière, conscients du fait que l’amour riche de vérité, caritas in veritate, d’où procède l’authentique développement, n’est pas produit par nous, mais nous est donné. (…). Le développement suppose une attention à la vie spirituelle, une sérieuse considération des expériences de confiance en Dieu, de fraternité spirituelle dans le Christ, de remise de soi à la Providence et à la Miséricorde divine, d’amour et de pardon, de renoncement à soi-même, d’accueil du prochain, de justice et de paix. Tout cela est indispensable pour transformer les ‘ cœurs de pierre ‘ en ‘ cœurs de chair ‘ (Ez 36,26), au point de rendre la vie sur terre ‘ divine ‘ et, par conséquent, plus digne de l’homme » (n° 79). D’où mon commentaire et ma conviction : tout cela n’est possible que quand notre vie est alimentée chaque jour grâce à l’écoute de la Parole de Dieu, grâce à la lecture orante de la Sainte Écriture et la lectio divina dont il est question dans les n° 86-87 de Verbum Domini.

16. Mais tout ceci exige d’être fondé sur d’autres bases. Pour mieux connaître le Christ dans les Écritures, il faut en effet être une personne de foi au Christ et de prière. Il ne s’agit pas d’afficher seulement des attitudes religieuses, car même les païens sont religieux. Ils sont religieux, sauf qu’ils croient à des faux dieux. Une vie de foi suppose une ouverture à Dieu, à son Esprit et à l’éclairage de celui-ci. C’est cette dimension pneumatologique de notre engagement à la suite du Christ qui nous dispose à mieux comprendre les Écritures inspirées par l’Esprit lui-même et, donc, à ressembler à Marie. « Bienheureuse celle qui a cru à l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur » (Lc 1,45). Quand je manque de foi alors que je suis pasteur du troupeau, les fidèles le voient sans doute ; je peux être même un très bon prédicateur, un savant, voire très pieux dans les célébrations liturgiques ; mais mon comportement dans la vie quotidienne ne cachera pas mon manque de foi et de conversion au Christ. Verbum Domini rappelle en particulier à nous prêtres – et insiste sur le fait – qu’à la source de notre engagement pastoral il y a – et il doit y avoir – la conscience d’être appelé à participer au munus docendi, au rôle prophétique du ministère ordonné. Pour cela, le prêtre doit être conscient de la nécessité de demeurer uni au Christ, le Verbe éternel du Père ; il doit demeurer dans la Parole de Dieu, y être immergé. D’où la nécessité pour nous de nous appliquer à la lecture orante, au-delà d’une étude approfondie, de la Parole de Dieu, d’être des hommes de la lectio divina et qui sont jaloux de la Liturgie des Heures, des amis dociles de la célébration eucharistique. Quoi qu’il en soit, personne ne peut connaître Dieu, si celui-ci ne se révèle pas lui-même à lui. Personne ne peut se dire être connaisseur de la Bible en tant que Parole de Dieu, s’il n’est pas d’abord instruit, formé, voire transformé et converti par Dieu lui-même.

17. Pour ce qui est des fidèles, une initiation à la connaissance de la réalité littéraire de la Bible est importante, car la distance culturelle est remarquable entre le lecteur moderne et le destinataire originaire des textes bibliques. Pareille initiation leur indiquera bien sûr le grand défi de contextualisation de la Parole de Dieu entendue, mais surtout les interpellera sur l’incontournable tâche de la re-contextualisa-tion, de l’appropriation, de la reprise de la Parole de Dieu dans leur contexte d’auditeurs modernes. Car, pour que le texte soit performatif, son lecteur ne doit jamais échapper à la question suivante : que dit cette Parole pour moi aujourd’hui ? Mais cette indispensable formation-initiation exige que celui qui aide à la compréhension de la nature divino-humaine de la Bible ait le sens de l’Église.

Certes, l’exégèse scientifique est importante et nécessaire pour mieux parvenir aujourd’hui à la compréhension des textes d’il y a des millénaires ; mais elle n’a de sens que si elle, aussi, est vécue comme une diaconie ecclésiale au service de l’Église. Au sein de l’APECA, il existe un mot d’ordre pour les adhérents : faire de l’exégèse scientifique in Ecclesia, cum Ecclesia et pro Ecclesia. D’ailleurs, la lecture scientifique n’est pas l’unique méthode de lecture de la Bible qui soit valable, même si toutes les méthodes ne s’équivalent. Il y a des lectures qui sont authentiques et celles qui sont erronées. De toutes les façons, qu’elle soit individuelle ou communautaire, celle d’un lecteur ordinaire ou d’un scientifique, elle ne sera authentique que quand elle prend en compte la nature divino-humaine des textes sacrés qui sont nés du sein de l’Église[8]. Que cette formation soit de type populaire (commun/popular readers) ou qu’elle soit scientifique et cultivée (trained readers), ce qui compte est qu’elle doit être « selon la foi de l’Église ». Prendre seulement une seule dimension conduit à des erreurs fatales et catastrophiques pour les fidèles, notamment la déformation, l’instrumentalisation ou l’annihilation de la Sainte Écriture, comme c’est le cas e.a. avec une certaine lecture féministe, avec la lecture de la théologie de la prospérité. C’est pourquoi Verbum Domini a entièrement raison de dire que l’animation biblique de toute la vie chrétienne aidera à faire face à certains problèmes pastoraux comme « la prolifération des sectes qui répandent une lecture déformée et instrumentalisée de la Sainte Écriture » (ibidem).

18. Un autre élément fondamental que l’animateur de toute la pastorale par la Bible découvrira pour faire de la Bible un livre performatif est celui d’avoir le vrai sens de l’homme et de sa vocation au salut. En effet, si – pour dire autrement ce qu’a dit Saint Jérôme –, la connaissance des Écritures, c’est la connaissance du Christ, lui qui est le Rédempteur de l’homme, venu en ce monde pour que les hommes aient la vie et l’aient en plénitude, alors toutes les explications qui aident à une bonne lecture de la Bible doivent servir à la libération de l’homme de l’esclavage du péché et de tout ce qui l’avilit, le défigure de sa filiation divine.

La Bible est réellement un livre d’actions qui transforment la vie de l’humanité, car elle interpelle sur la dignité d’enfant de Dieu de tout être humain : les esclaves, les déportés, les réfugiés, les migrants, les étrangers, les femmes, les enfants, les orphelins, les veuves, les pauvres, les marginalisés. Elle interpelle sur les conditions de vie de l’homme et de la femme en ce monde : l’idolâtrie, l’écologie, la polygamie, l’homosexualité, etc. Ce ne sont pas des textes qui vantent l’égoïsme, le vol, le meurtre, etc. ; mais qui les dénoncent pour annoncer l’Evangile, la bonne nouvelle de la vraie libération du péché et de la soumission à Satan et aux idoles. Quand une interprétation biblique conduit à la discrimination, à la division, à l’exploitation de l’homme par l’homme, elle devient mortifère et pas du tout vivifiante ; elle devient diabolique et pas du tout performative. L’accès à la vérité des textes bibliques doit plutôt procurer la lumière et l’énergie de la Parole de Dieu pour transformer nos propres cœurs et nous mettre au service de l’Église et de l’humanité. La formation souhaitée ne doit donc pas être à titre informatif, mais performatif. Bref, la Bible est un livre d’actions, mais à entreprendre comme réponse à l’appel que Dieu nous adresse en écoutant sa parole de vie, à entreprendre donc dans la perspective de Dieu.

19. Au vu de tout ce qui précède, relevons enfin – et même insistons sur – le fait que la lecture de la Parole de Dieu exige que les fidèles y aient accès dans les langues qu’ils comprennent « naturellement ». C’est ici que l’on voit l’importance de traduire la Bible dans toutes les langues de nos communautés, comme l’y encourage Verbum Domini, n. 115 (cf. déjà n. 46). Il est vrai que traduire n’est pas une tâche facile ; mais si nous voulons que la Parole de Dieu parle réellement à tous, il nous faut assumer la responsabilité des traductions des textes bibliques dans les langues parlées par et que comprennent réellement les fidèles confiés à nos soins. Ceci est une tâche incontournable pour que chacun et chaque peuple entende Dieu lui parler dans sa propre langue. Avec la mort et la résurrection du Verbe incarné de Dieu, il n’y a plus de langues qui soient supérieures à d’autres parlers ni de dialectes qui soient inférieurs à d’autres idiomes. Devant Dieu, cela n’a en fait jamais été le cas. Il a racheté les hommes de toutes tribus, langues, peuples et nations.

Conclusion

20. Comme je l’ai dit plus haut, il est impossible d’être exhaustif quand on traite du sujet comme celui qui m’a été demandé de parler devant cette auguste assemblée. La lecture de la Parole de Dieu qui nous est parvenue, par condescendance divine, par écrit dans les Saintes Écritures, est exigeante à cause de la finalité de ces dernières, à savoir : faire connaître et aimer le Christ pour avoir part à la vie éternelle avec lui devant Dieu. Voilà pourquoi, quelle que soit la lecture (populaire ou scientifique, personnelle ou communautaire), la Bible doit être lue avec méthode et intelligence; mais vu les finalités catéchétiques et pastorales qui sont à l’origine de sa mise par écrit, elle doit être d’abord désirée et aimée comme Parole de Dieu, lumière sur nos pas, et être lue dans un esprit d’écoute et d’obéissance filiales. Et la lumière de l’Évangile ne peut nous éclairer et faire croître les fruits de l’Esprit dans toutes nos actions, en particulier les actions pastorales, que si nous sommes des personnes, hommes et femmes, de foi au Christ, ayant le sens de l’Église et le vrai sens de l’homme et de son appel au salut. Si toutes les autres actions pastorales sont accomplies grâce à cette animation biblique, elles porteront les fruits que Dieu en attend. La Bible restera à jamais ce qu’elle est dans sa nature même : un livre performatif. Verbum Domini manet in aeternum (La Parole de Dieu reste toujours).


Jean Bosco Matand Bulembat
(BIB n° 87)

 


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[1]
Cette association a été créée le 20 juillet 1987 à Yaoundé (Cameroun) par des biblistes africains pour continuer les objectifs poursuivis par les Journées Bibliques Africaines organisées en 1978 à Kinshasa (alors Zaïre ; aujourd’hui République Démocratique du Congo). Elle fut créée avec deux objectifs distincts, mais inséparables : d’une part « promouvoir les recherches bibliques de haut niveau scientifique dans une perspective africaine » et, de l’autre, « être au service de l’apostolat biblique en Afrique ». Voir « Femmes bibliques vus d’Afrique », Cahiers Évangile n°176 (2016), p. 59-60.

[2] Avec lui, les liens qui existent entre les objectifs poursuivis par les deux institutions au service de la Bible en Afrique vont être renforcés au bénéfice de l’appropriation et de l’inculturation de la Parole de Dieu en Afrique.

[3] Cf. Claude Mondésert (éd.), Le monde grec ancien et la Bible (Bible de tous les temps 1; Paris 1984) ; Jean Fontaine – Charles Pietri (éds), Le monde latin antique et la Bible (Bible de tous les temps 2; Paris 1985).

[4] Cf. Lettre encyclique Spe Salvi du Souverain Pontife Benoît XVI aux Evêques, aux Prêtres et aux Diacres, aux Personnes consacrées et à tous les fidèles laïcs sur l’espérance chrétienne, n° 2.

[5] Il y a des textes bibliques qui indiquent clairement d’eux-mêmes que l’état final – et actuel – des œuvres où ils font partie est un résultat d’une évolution littéraire. D’autres montrent explicitement que leur auteur a recouru à plus d’une source d’information (orale ou déjà écrite) pour composer son texte selon un ordre déterminé et avec une finalité précise. C’est le cas notamment de 2 M 2,9-32 ; 15,37-39 ; Lc 1,1-4 ; 1 Co 11,23-29. Mais tous sont des écrits pour confesser la foi.

[6] Cf. J.-B. Matand Bulembat, “ The ‘World in Front of the Text’ and the Use of the Bible as Norma Normans in Ethics ” dans P. C. Chummar (éd.), Natural Law… In Search of a Common Denominator… Proceedings of the 1st International Symposium, Catholic University of Eastern Africa (Paulines Publications Africa, Nairobi 2010), pp. 110-122.

[7] « La lecture de la Parole de Dieu nous soutient dans notre itinéraire de pénitence et de conversion, nous permet d’approfondir le sens de notre appartenance ecclésiale et nous soutient dans une familiarité plus grande avec Dieu. Comme l’affirmait saint Ambroise: lorsque nous prenons en main avec foi les Écritures Saintes et les lisons avec l’Église, l’homme revient se promener avec Dieu dans le paradis », Verbum Domini, n° 88.

[8] Cf. Paul Decock, « The Bible in the Life of the Church in the South African Context » in Sagesse humaine et sagesse divine dans la Bible. Lectures bibliques dans le contexte de l’Église comme Famille de Dieu en Afrique. Mélanges S.E. Mgr Laurent Monsengwo Pasinya. Actes du 12è congrès de l’Association Panafricaine des Exégètes Catholiques, tenu à Kinshasa, du 04 au 10 septembre 2005 (Nairobi 2007), pp. 27-37.

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org