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Qohélet
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Pinçon Bertrand
Qohélet ou les sept clefs du bonheur
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Qohélet ou les sept clefs du bonheur
Recension
 
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Recension du livre de Bertrand Pinçon : "Qohélet ou les sept clefs du bonheur", par Christophe Pichon.
 

Bertrand Pinçon
Qohélet ou les sept clefs du bonheur
« Au fil des Écritures », Éd. Olivétan, 136 p., 2014, 15 €

Bertrand Pinçon (B.P.), doyen de la Faculté de théologie de Lyon, met à disposition sa connaissance du livre de Qohélet, acquise à l’occasion de son doctorat en théologie, par ailleurs publié aux éditions Brill (Supplement Vetus Testamentum, 119). Cette familiarité avec le texte commenté affleure : « Comme à son habitude, le sage opère en deux temps », écrit par exemple B.P. (p. 49).

 On lui sait gré de guider la lecture pour des non-initiés de ce livre de sagesse dont la structure peine à être dégagée ; d’autant plus que le lectionnaire catholique lui laisse peu de place. Pourtant, des formules bien connues, citées ou inspirées du livre, font partie du fonds commun culturel (« Il y a un temps pour tout » ; « Vanité des vanités, tout est vanité »).

 Au fil de pages, la réflexion de Qohélet, qui se présente comme « fils de David, roi à Jérusalem » (1,1), gagne en densité. Après avoir parlé d’expérience, il en vient à se faire maître de sagesse dans la seconde partie du livre.

 D’emblée est formulée pour son commentateur une question programmatique : « Quel profit y-a-t-il pour l’homme dans toute la peine qu’il peine sous le soleil ? » (Qo 1,3). « Quel profit ? », la question résonne plusieurs fois (p. 70). En dialogue, voire en débat avec la tradition d’Israël (jusqu’à citer d’autres que lui-même avec la difficulté de distinguer parfois le texte de Qohélet d’avec les citations pp. 73-74), le sage dit ce qu’il a vu, c’est-à-dire non seulement percevoir mais plus résolument faire une expérience. Il dit aussi ce qu’il sait, jusqu’à admettre qu’il ne sait pas, qu’il ne peut pas connaître l’intégralité des plans divins, ni « ce qui arrive » (Qo 8,7). Car, progressivement, s’affine une réflexion sur la relation de l’homme à Dieu. Ce n’est pas le moindre des déplacements opérés par la lecture « décapante » de Qohélet qui ignore le nom propre du Dieu d’Israël.

 B.P., par petites notes, plaide pour que la précompréhension communément admise sur le livre soit progressivement modifiée. « Le tableau dressé par le sage de Jérusalem n’est pas aussi noir qu’on pourrait le penser » (p. 25), « Qohélet n’est pas aussi pessimiste qu’on pourrait le croire » (p. 26). Qohélet plaide pour une sagesse qui ne soit pas simple répétition de discours mais intègre le questionnement critique et le passage par l’expérience.

 Les douze chapitres du livre permettent une lecture de Qohélet étape par étape. Ils aboutissent à une conclusion intitulée : « Les sept clés du bonheur ». L’auteur y débat de la place à donner à la question du bien et du bonheur. Quelle importance donner aux sept refrains de bonheur ? Pour B.P., ils sont bien de Qohélet et non d’un écrivain postérieur. Qohélet exprime pour lui « un franc parti pris pour la vie » (p. 124).

Précis, sans être technique, le propos sera utile à celles et ceux qui voudront se familiariser avec un texte né en contexte hellénistique, probablement vers 250av. J.-C. Des encadrés jalonnent le propos. De larges extraits du livre sont cités puis commentés, rendant la lecture facile.

                                                                                       Christophe Pichon
Niveau de lecture : Très abordable

Recension parue dans le Cahier Évangile n° 173.

 

 
 
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La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org