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Paraboles
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Delorme Jean
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Thériault Jean-Yves
Pour lire les paraboles
2-204-09925-7
Pour lire les paraboles
Recension
 
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Par Jean Delorme et Jean-Yves Thériault
 

Jean Delorme, Jean-Yves Thériault
Pour lire les paraboles
« Lectio divina » 254, Éd. du Cerf, Paris, 2012, 280 p., 23 €

Jean Delorme (J.D.) nous a beaucoup appris et nous a offert des contributions de qualité, à partir de ses recherches en analyse sémiotique, dans le cadre du CADIR à Lyon, ou dans celui de la revue Sémiotique et Bible. Sa démarche précise et méthodique nous a révélé un maître de la lecture pour les textes bibliques, tout autant qu’elle nous a introduits à une écoute nourrissante et profondément humaine de ce qui s’y donne à entendre. C’est le cas avec cet ouvrage sur les paraboles évangéliques, dont Jean-Yves Thériaut, du Québec, fondateur du groupe Atelier de sémiotique du texte religieux (ASTER), a assuré la rédaction finale, après la disparition de J.D.

Cette introduction à la lecture des paraboles est très pédagogique, comme il convient à une série de rencontres animées en 2002-2003 sur ces textes et dans ce but. Pédagogique, en ce sens que l’auteur nous aide à nous approprier les manières de faire de la méthode sémiotique en les mettant en pratique sur quelques paraboles. L’entrée dans le vocabulaire technique est ainsi assuré tout en douceur, et sans rien d’inutile.

On commence par deux exemples du parler en paraboles en Mc 2, et deux paraboles de Mt 13, ce qui permet de réfléchir sur la démarche entreprise par la lecture. Puis, on lit la parabole des ouvriers de la onzième heure en Mt 20, qui ouvre à la fois à quelques réflexions sur justice, équité, gratuité et sur la manière dont la parabole met en langage l’histoire, comme par un acte créateur. En Lc 16, la parabole du gérant malhonnête (v. 1-8a) fait l’objet d’un commentaire de Jésus (v. 9-13) ; le supplément à ce chapitre compare deux approches du texte. Pour, ensuite, entrer dans le jeu symbolique que les paraboles mettent en mouvement, on revient sur les sentences de Lc 16,8b-18. Avec la parabole du riche et de Lazare, en Lc 16 toujours, le retournement de situations permet à la seconde d’éclairer la première ; le réel apparaît, tant imaginaire que symbolique, entre la parole et le désir. Une parabole est racontée à la fois par Luc (19) et par Matthieu (25) : celle des « mines », ou des « talents » ; la comparaison de leur « fonctionnement » ouvre à la distinction importante entre parabole et allégorie. Enfin, deux chapitres étudient la parabole des vignerons meurtriers (en Lc 20), et celle juge qui se fait harceler (en Lc 18).

On le voit, le parcours est plutôt lucanien, et il offre ainsi une perspective d’ensemble sur les paraboles dans l’écriture lucanienne. Mais le plus intéressant, en fait, est de se laisser conduire par la maîtrise et l’expérience de J.D., à savoir mieux être rigoureux dans la lecture sémiotique, à vérifier ainsi à ses fruits la pertinence de la méthode ; et surtout, enfin, par là à accéder à une intelligence et à un goût pour cette manière dont Jésus utilisait la parabole pour parler aux gens de ce qui les concerne au plus profond. (Jean-Marie Carrière)
Niveau de difficulté : aisé

 
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org